Touches qui Éveillent
Par Tonkix

**Touches qui Éveillent**
Le studio de Lara était un refuge sculpté dans le chaos de la ville. Situé au dixième étage d’un immeuble ancien du centre, ses murs épais étouffaient les bruits de la circulation et des klaxons, les remplaçant par le murmure doux d’une fontaine en marbre noir, placée dans un coin de la pièce. La lumière naturelle, filtrée par des rideaux de lin écru, dessinait des motifs dorés sur le parquet massif, tandis que l’arôme de santal et de bergamote se mêlait à la chaleur des bougies en cire d’abeille, disposées sur des chandeliers en fer forgé. C’était un espace où le temps semblait ralentir, où chaque détail—de la texture du tapis persan sous les pieds nus à l’éclat ambré des flacons d’huile alignés sur l’étagère—avait été choisi pour apaiser et séduire.
Lara se déplaçait avec la précision de quelqu’un qui connaît chaque centimètre de son propre territoire. Ses doigts longs et agiles ajustaient la température du chauffe-serviettes, tandis que ses yeux marron, profonds comme du miel fondu, vérifiaient la disposition des coussins sur la table de massage. Elle portait une robe en coton écru, ample et sans manches, qui tombait jusqu’aux genoux, mais qui, à chaque mouvement, révélait le contour doux de ses cuisses ou la courbe de ses hanches. Ses cheveux, attachés en un chignon lâche, laissaient échapper des mèches sombres qui effleuraient sa nuque, comme pour inviter des mains curieuses à les écarter.
Elle savait que Daniel arriverait dans cinq minutes. Le rendez-vous était noté dans son agenda en cuir, accompagné d’une annotation simple : *« Tensions cervicales et lombaires. Nouveau client. Cadre, 34 ans. Recommandé par la Dr. Almeida. »* Lara n’avait pas besoin de plus d’informations. Il lui suffisait d’observer la façon dont un corps se mouvait, la manière dont la respiration se bloquait ou se libérait, pour comprendre où résidaient les douleurs—physiques et autres, plus profondes. Et Daniel, elle l’imaginait déjà, apportait avec lui le poids de mois de nuits blanches, de réunions interminables et de la solitude qui s’installe quand le succès professionnel exige son dû.
L’interphone sonna, un bruit discret qui se perdit dans le silence du studio. Lara appuya sur le bouton avec un sourire presque imperceptible.
— Vous pouvez monter.
La porte de l’ascenseur s’ouvrit avec un soupir métallique, et Daniel émergea comme s’il était encore prisonnier du rythme effréné du monde extérieur. Il portait un costume gris foncé, impeccable, mais ses épaules légèrement voûtées trahissaient la fatigue. Ses yeux, d’un bleu grisâtre, parcoururent l’espace avec un mélange de curiosité et de méfiance, comme s’il craignait que l’endroit soit trop beau pour être vrai. Mais lorsqu’ils se posèrent sur Lara, quelque chose en eux s’adoucit.
— Bonsoir, dit-il en tendant la main. Daniel.
— Lara. La poignée de main fut brève, mais le contact dura une seconde de plus que nécessaire. La peau de Daniel était froide, contrastant avec la chaleur qui émanait des doigts de Lara. — Entrez, je vous en prie.
Il hésita un instant, comme s’il évaluait encore si c’était bien le bon endroit, avant de franchir le seuil. L’odeur des huiles l’enveloppa immédiatement, et Lara perçut le moment exact où ses épaules se détendirent, comme si une partie de lui savait déjà qu’il trouverait ici un soulagement.
— Vous êtes le premier client de la Dr. Almeida à venir me voir, commenta Lara en le guidant vers un banc bas où il pourrait laisser ses chaussures. Elle est généralement très sélective.
— J’ai insisté, admit Daniel en desserrant sa cravate d’un geste automatique. Après trois mois de douleurs que aucun médicament ne soulage, j’ai pensé que ça valait le risque.
Lara sourit, mais ne répondit pas tout de suite. Au lieu de cela, elle prit une serviette moelleuse et un peignoir en lin du chauffe-serviettes et les lui tendit.
— La salle de bain est par là. Vous pouvez vous changer et laisser vos vêtements dans le panier. Quand vous serez prêt, allongez-vous sur le ventre sur la table. Je vais préparer l’huile pendant ce temps.
Daniel acquiesça, mais ses yeux s’attardèrent sur elle une seconde de plus. Il y avait quelque chose dans la façon dont Lara parlait—calme, mais avec une autorité douce—qui le faisait se sentir à la fois en sécurité et étrangement vulnérable. Il disparut derrière la porte de la salle de bain, et Lara en profita pour choisir l’huile de la soirée : un mélange de jasmin et de gingembre, assez léger pour ne pas surcharger les sens, mais avec une touche épicée qui promettait d’éveiller bien plus que les muscles.
Quand Daniel revint, vêtu seulement du peignoir, Lara avait allumé deux bougies supplémentaires et ajusté l’éclairage à une teinte ambrée douce. La table, recouverte de draps en coton égyptien, semblait accueillante, et la chaleur du chauffe-serviettes se répandait dans la pièce.
— Allongez-vous comme vous préférez, dit-elle en indiquant la table. Vous pouvez laisser le peignoir ici à côté.
Daniel obéit, mais non sans lui lancer un regard rapide, comme s’il cherchait une confirmation que tout allait bien. Lara ne dit rien. Elle attendit simplement qu’il s’installe, le visage tourné sur le côté, les bras détendus le long du corps. Lorsqu’il fut enfin allongé, elle remarqua la tension qui raidissait encore son dos, les nœuds dans ses épaules, la façon dont ses doigts se crispaient légèrement contre le drap.
— Respirez profondément, murmura-t-elle en s’approchant. Fermez les yeux.
Daniel obéit, et Lara en profita pour observer les lignes de son corps. Les épaules larges, marquées par de petites cicatrices—l’une d’elles, près de l’omoplate, semblait récente. Le dos, musclé mais tendu comme des cordes de violon. Les hanches étroites, qui s’affinaient en jambes longues. C’était le genre d’homme qui, dans un autre contexte, aurait fait battre son cœur plus vite. Mais là, à ce moment précis, il n’était qu’un corps qui avait besoin d’être exploré, touché, soulagé.
Elle versa un filet d’huile entre ses paumes et les frotta pour réchauffer le mélange. L’odeur de jasmin s’intensifia, les enveloppant dans un nuage parfumé. Lorsque ses mains se posèrent enfin sur le dos de Daniel, il laissa échapper un long soupir, comme s’il avait retenu son souffle pendant des mois.
— Voilà, murmura-t-elle en commençant par les épaules. Laissez-vous aller.
Les mains de Lara étaient fermes, mais douces. Elle pressait avec ses pouces les points de tension, glissant en mouvements circulaires qui faisaient frissonner la peau de Daniel sous son toucher. À chaque passage, elle sentait les muscles céder, comme s’il s’abandonnait non seulement au massage, mais à quelque chose de plus profond, de plus intime. L’huile facilitait le glissement des mains, mais créait aussi une couche de chaleur entre eux, une proximité qui allait au-delà du physique.
— Vous retenez beaucoup de choses ici, commenta Lara, les doigts traçant la ligne de la colonne vertébrale. Pas seulement le stress du travail.
Daniel ne répondit pas immédiatement. Quand il le fit, sa voix était rauque, presque un murmure.
— C’est difficile de déconnecter.
— Vous n’avez pas besoin de déconnecter, dit Lara en se déplaçant sur le côté de la table, permettant à ses mains de glisser le long des flancs de son corps, contournant les côtes. Sentez, c’est tout.
Et puis, sans que ni l’un ni l’autre ne s’y attende, les doigts de Daniel se refermèrent autour de son poignet. Pas avec force, mais avec une urgence qui rendit l’air entre eux plus dense.
— Lara, dit-il, et son nom sur ses lèvres sonna comme une question, une prière.
Elle ne s’écarta pas. Elle se pencha légèrement, jusqu’à ce que son souffle chaud effleure son oreille.
— Oui ?
Daniel déglutit avec difficulté. Les mots étaient là, sur le bout de sa langue, mais quelque chose l’empêchait de les prononcer. Peut-être la peur de briser le charme, peut-être la certitude que, une fois dites, il n’y aurait plus de retour en arrière.
— Rien, murmura-t-il enfin. Continuez.
Lara sourit, mais n’insista pas. Au lieu de cela, ses mains glissèrent vers le bas, contournant la taille de Daniel, les pouces appuyant légèrement à la base de la colonne vertébrale. Il arqua le dos de manière presque imperceptible, un gémissement bas s’échappant de ses lèvres.
Et puis, comme si une barrière invisible avait été brisée, l’air entre eux se chargea de quelque chose de plus que du professionnalisme. Quelque chose qui brûlait, qui promettait, qui attendait.
Lara ne dit rien. Elle laissa simplement ses mains parler pour elle.
La pièce était enveloppée d’une pénombre dorée, la lueur des bougies dansant sur les murs en tons ambrés, tandis que l’arôme de l’huile de santal se mêlait à la chaleur humide émanant de la peau de Daniel. Lara avait ajusté la température de la pièce avec précision, sachant que le corps se détend mieux lorsqu’il n’y a pas de froid pour le tendre, lorsque l’esprit n’a pas d’excuses pour s’accrocher à la rigidité. Il était allongé sur le ventre sur la table, le visage appuyé sur l’appui-tête en mousse, les bras étendus le long du corps, les mains entrelacées sous le menton. La serviette blanche ne couvrait que le strict nécessaire, laissant exposée l’étendue de son dos large, la courbe des épaules, la ligne définie de la colonne vertébrale.
Elle humidifia ses paumes avec plus d’huile, les frottant lentement pour la réchauffer. Le liquide coula entre ses doigts, visqueux et parfumé, et lorsque ses mains touchèrent la peau de Daniel pour la première fois, ce fut comme si un circuit se fermait. Il laissa échapper un long soupir, presque un gémissement étouffé, et Lara sentit le muscle sous ses doigts céder, comme s’il avait attendu ce moment bien avant d’entrer ici.
— Respirez profondément, murmura-t-elle, la voix basse, presque un chuchotement. Laissez le poids de votre corps s’abandonner.
Daniel obéit, et l’air remplit ses poumons avec une lenteur délibérée. Lara commença par les épaules, les pouces appuyant fermement sur les nœuds de tension qui s’y accumulaient, comme s’il portait le poids du monde entre les omoplates. C’était un homme à la routine épuisante, elle pouvait le sentir : la raideur dans les trapèzes, la manière dont les muscles se contractaient sous le toucher, comme s’ils étaient encore en alerte, même allongé. Mais peu à peu, à mesure qu’elle travaillait, les fibres cédaient, se relâchant comme les cordes d’un instrument que l’on accorde enfin.
— Vous retenez beaucoup de stress ici, commenta-t-elle, les doigts glissant vers la base du cou, où la tension se concentrait en petits nœuds durs. Comme si vous étiez toujours prêt à attaquer.
— Ou à me défendre, répondit-il, la voix étouffée par l’appui-tête. Ça dépend des jours.
Lara sourit, mais ne dit rien. Au lieu de cela, elle laissa ses mains parler, glissant vers le bas, suivant la ligne de la colonne vertébrale. Les doigts traçaient des cercles lents, appuyant avec précision, et chaque toucher semblait lui arracher un nouveau soupir, comme si l’air s’échappait d’un endroit profond, gardé depuis longtemps. Elle sentait la chaleur de sa peau sous ses paumes, la texture légèrement rugueuse des poils fins qui couvraient ses bras, la manière dont les muscles se contractaient et se relâchaient en réponse à son toucher.
— Vous êtes douée pour ça, murmura-t-il après un long silence.
— Pour quoi ?
— Pour faire oublier les gens.
Lara ne répondit pas immédiatement. Au lieu de cela, elle se pencha un peu plus, jusqu’à ce que la courbe de sa hanche effleure légèrement le côté de la table. Le contact fut bref, presque accidentel, mais suffisant pour qu’ils sentent tous deux la chaleur se répandre. Elle fit glisser ses mains sur les flancs de Daniel, les pouces appuyant légèrement sur les muscles de chaque côté de la colonne vertébrale, et sentit son corps s’arquer légèrement, comme s’il cherchait davantage de ce toucher.
— C’est le but, dit-elle enfin. Vous faire oublier tout, sauf le présent.
Il rit doucement, un son qui vibra contre la table.
— Et si je ne veux pas oublier ?
Lara ne détourna pas le regard. Même allongé, même avec le visage caché, elle savait qu’il l’observait à travers l’appui-tête, les yeux mi-clos, attendant. Elle laissa ses mains remonter à nouveau, les doigts maintenant plus légers, presque une caresse, tandis qu’ils contournaient sa nuque. Les cheveux courts de Daniel étaient doux sous ses doigts, et elle sentit la chaleur de sa peau là, le pouls accéléré à la base de son cou.
— Alors peut-être que je ne fais pas bien mon travail, répondit-elle, la voix douce, mais chargée de quelque chose qui n’était plus du professionnalisme.
Daniel ne dit rien. Mais lorsqu’elle fit glisser ses mains vers les épaules à nouveau, il laissa échapper un soupir qui n’était pas de soulagement. C’était autre chose. Quelque chose qui commençait à se dérouler entre eux comme un fil invisible, les attirant l’un vers l’autre.
Lara perçut le changement dans le rythme de sa respiration. Plus profonde. Plus lente. Comme si chaque expiration était une reddition. Elle s’approcha un peu plus, jusqu’à ce que ses genoux effleurent le côté de la table, et lorsque ses mains glissèrent vers les bras de Daniel, les doigts traçant la ligne des biceps, elle sentit sa peau se hérisser. Ce n’était pas le froid. C’était de l’anticipation.
— Vous êtes tendu à nouveau, murmura-t-elle, les lèvres presque contre son oreille.
— Ce n’est pas la même tension, répondit-il, la voix rauque.
Elle sourit, mais ne s’écarta pas. Au lieu de cela, elle laissa ses mains glisser vers le bas, contournant les coudes, les avant-bras, jusqu’à atteindre ses mains. Les doigts de Daniel étaient entrelacés, mais lorsqu’elle les toucha, il les desserra, comme s’il lui cédait le contrôle. Lara entrelaça ses doigts aux siens un instant, juste assez pour sentir la force contenue là, la manière dont il pourrait serrer, tirer, s’il le voulait.
— Vous aimez avoir le contrôle, observa-t-elle en lâchant ses mains et en faisant glisser les siennes vers son dos large.
— Ça dépend de qui commande, répondit-il, et il y avait un défi dans sa voix.
Lara ne répondit pas. Au lieu de cela, elle laissa ses mains glisser vers la taille de Daniel, les pouces appuyant légèrement sur les muscles de chaque côté de la colonne vertébrale. Il arqua le dos, un mouvement presque imperceptible, mais suffisant pour qu’elle sente la raideur là, la manière dont son corps répondait à son toucher. Elle se pencha davantage, jusqu’à ce que ses lèvres effleurent presque son épaule.
— Et si je vous disais que vous n’êtes pas aux commandes maintenant ? murmura-t-elle.
Il ne répondit pas. Mais lorsqu’elle appuya ses pouces avec plus de fermeté, il laissa échapper un gémissement bas, le son vibrant contre la table. Lara sentit la chaleur se répandre dans son propre corps, la manière dont le désir commençait à pulser entre ses jambes, lent et insistant. Elle savait qu’il pouvait le sentir aussi. La tension entre eux n’était plus seulement professionnelle. C’était quelque chose de vivant, quelque chose qui grandissait à chaque toucher, à chaque respiration, à chaque regard furtif.
Elle fit glisser ses mains vers ses hanches, les doigts contournant la courbe de son bassin, et sentit sa peau se hérisser sous son toucher. Daniel ne bougea pas, mais elle pouvait entendre sa respiration, plus rapide maintenant, plus superficielle. Comme s’il luttait pour garder le contrôle.
— Lara, dit-il, et son nom sur ses lèvres sonna comme une question, une prière.
Elle ne s’écarta pas. Elle se pencha simplement, jusqu’à ce que son souffle chaud effleure son oreille.
— Oui ?
Daniel déglutit avec difficulté. Les mots étaient là, sur le bout de sa langue, mais quelque chose l’empêchait de les prononcer. Peut-être la peur de briser le charme, peut-être la certitude que, une fois dites, il n’y aurait plus de retour en arrière.
— Rien, murmura-t-il enfin. Continuez.
Lara sourit, mais n’insista pas. Au lieu de cela, ses mains glissèrent vers le bas, contournant la taille de Daniel, les pouces appuyant légèrement à la base de la colonne vertébrale. Il arqua le dos de manière presque imperceptible, un gémissement bas s’échappant de ses lèvres.
Et puis, comme si une barrière invisible avait été rompue, l’air entre eux se chargea de quelque chose de plus que du professionnalisme. Quelque chose qui brûlait, qui promettait, qui attendait.
Lara ne dit rien. Elle laissa simplement ses mains parler pour elle.
Et elles parlaient fort.
L’huile coulait encore en filets dorés sur le dos de Daniel, traçant des chemins sinueux entre les muscles tendus. Lara suivait chaque goutte du bout des doigts, sentant sa peau se hérisser sous son toucher—plus seulement à cause du soulagement du massage, mais à cause de quelque chose de plus profond, de plus urgent. La chaleur qui se répandait entre eux ne venait pas seulement des bougies ou de la table chauffante ; c’était un courant électrique, un feu lent qui commençait à la surface et s’infiltrait, lentement, jusqu’aux os.
Daniel respira profondément lorsque les mains de Lara glissèrent vers ses flancs, les pouces appuyant légèrement sur la courbe de sa taille. C’était un toucher professionnel, oui, mais il y avait quelque chose de différent maintenant—la manière dont ses doigts s’attardaient une seconde de plus, comme s’ils hésitaient à s’éloigner. Il sentit son propre corps réagir, une nouvelle tension s’installant non pas dans les épaules, mais plus bas, là où le tissu de la serviette parvenait à peine à dissimuler le volume grandissant.
— Lara, sa voix était rauque, presque un murmure.
Elle ne s’arrêta pas, mais se pencha un peu plus, jusqu’à ce que le parfum de l’huile de santal se mêle à la chaleur de sa peau. Elle pouvait sentir le souffle chaud de Daniel contre son propre cou, une caresse invisible qui la fit frissonner.
— Oui ?
— Vous pourriez… aller un peu plus loin ?
Lara haussa les sourcils, juste assez pour qu’il perçoive la question non formulée. *Plus loin que quoi ?* Mais il n’y eut pas besoin de mots. Daniel tourna le visage de côté, les lèvres entrouvertes, et elle comprit.
D’un mouvement délibéré, Lara écarta ses mains de son dos et les porta au bord de la serviette, les doigts effleurant la peau juste au-dessus du coccyx. Daniel retint son souffle lorsqu’elle fit glisser ses paumes vers le bas, contournant la courbe de ses fesses avec une lenteur torturante. Ce n’était pas encore un toucher invasif—mais ce n’était plus seulement professionnel. C’était une exploration, une question posée du bout des doigts.
— Ici ? murmura-t-elle, la voix basse, presque un souffle.
— Oui.
Elle n’eut pas besoin de plus d’encouragement. Ses mains glissèrent à l’intérieur, les pouces appuyant légèrement sur la partie interne des cuisses, là où la peau était plus douce, plus sensible. Daniel laissa échapper un gémissement étouffé, les doigts se crispant contre le tissu de la table. Lara sentit le frisson parcourir son corps et sourit, satisfaite.
— Et ici ? demanda-t-elle, les doigts traçant maintenant des cercles lents à la base de la colonne vertébrale, là où les muscles se contractaient sous son toucher.
— Mon Dieu, oui, gémit-il, la voix brisée.
Elle se pencha davantage, jusqu’à ce que ses seins effleurent légèrement son dos, et Daniel sentit le poids doux de son corps, la chaleur se répandant en vagues. Lara laissa ses mains explorer librement maintenant, glissant le long des côtés de ses hanches, contournant la ligne de l’aine sans jamais toucher là où il le désirait le plus. C’était une torture délicieuse, un jeu d’approche et de recul qui le laissait au bord du précipice.
— Lara… murmura-t-il, son nom sonnant comme une supplique.
— Que voulez-vous, Daniel ? murmura-t-elle contre sa peau, les lèvres effleurant son oreille. Dites-le.
Il tourna le visage, ses yeux sombres rencontrant les siens. Il y avait quelque chose de cru là, quelque chose qui allait au-delà du désir—une vulnérabilité qui le fit hésiter une seconde. Mais alors Lara mordilla légèrement son lobe d’oreille, et toute résistance s’évanouit.
— Je veux que vous me touchiez. Pour de vrai.
Elle ne répondit pas avec des mots. Au lieu de cela, elle s’écarta juste assez pour glisser ses mains sous la serviette, ses doigts l’enserrant avec fermeté. Daniel arqua le dos, un son guttural s’échappant de ses lèvres, tandis que Lara commençait un mouvement lent, délibéré, ses mains montant et descendant dans un rythme qui lui faisait perdre le souffle.
— Comme ça ? demanda-t-elle, la voix basse, presque innocente.
— Plus fort, exigea-t-il, la voix rauque.
Elle obéit, serrant un peu plus, accélérant le rythme. Daniel sentit la chaleur se concentrer à la base de sa colonne vertébrale, une pression qui grandissait à chaque mouvement. Mais alors, lorsqu’il était au bord du gouffre, Lara s’arrêta.
— Pas ici, murmura-t-elle en retirant ses mains. Pas encore.
Daniel émit un son de frustration, mais avant qu’il ne puisse protester, elle le retourna sur le dos d’un mouvement rapide, la serviette tombant sur le côté. Ses yeux parcoururent son corps avec une intensité qui le fit frissonner—ce n’était plus la masseuse, ce n’était plus la professionnelle. C’était une femme regardant un homme avec un désir qui égalait le sien.
— Maintenant, dit-elle en montant sur la table et en s’installant à califourchon sur ses cuisses, voyons ce que vous cachez d’autre.
Ses mains glissèrent sur sa poitrine, les pouces encerclant ses tétons jusqu’à ce qu’il gémisse, son corps s’arquant sous son toucher. Lara se pencha en avant, ses lèvres rencontrant les siennes dans un baiser qui commença doucement, mais se transforma rapidement en quelque chose de plus urgent, de plus affamé. Daniel la tira plus près, ses mains glissant le long de son dos, sentant sa peau douce, les muscles tendus sous ses doigts.
Mais alors, lorsqu’il s’y attendait le moins, Lara s’écarta, un sourire malicieux aux lèvres.
— Patience, murmura-t-elle en descendant lentement le long de son corps, ses lèvres laissant une traînée de feu sur leur passage.
Daniel ferma les yeux, son cœur battant si fort qu’il semblait sur le point d’exploser. Il savait ce qui allait venir, et l’anticipation était presque insupportable.
Mais Lara ne se pressait pas.
Et c’était cela, plus que tout autre toucher, qui le rendait fou.
L’huile coulait encore en filets dorés sur le dos de Daniel, traçant des chemins que Lara suivait du bout des doigts, maintenant moins techniques, plus languides. La chaleur de la table se mêlait à celle de son corps, une combinaison qui faisait picoter leur peau, comme si chaque pore était éveillé, attentif. Elle se pencha en avant, ses seins effleurant légèrement son dos, et sentit le frisson parcourir sa colonne vertébrale. Un soupir s’échappa des lèvres de Daniel, bas, presque un gémissement, et ce fut suffisant pour briser le dernier reste de retenue.
— Tu me tues, murmura-t-il, la voix rauque, les doigts serrant le tissu de la table comme s’il cherchait un point d’appui.
Lara rit, un son doux et dangereux, tandis que ses mains glissaient vers ses épaules, les pouces appuyant sur les muscles tendus avec une fermeté qui n’était plus professionnelle. Il y avait quelque chose de délibéré dans chaque mouvement, une danse lente et calculée pour défaire les barrières entre eux.
— Te tuer ? murmura-t-elle, ses lèvres presque contre son oreille. Ou simplement te rappeler que tu es fait de chair, pas de pierre ?
Daniel tourna le visage, ses yeux sombres rencontrant les siens. Il y avait du feu là, une étincelle qui brûlait plus que n’importe quelle bougie dans le studio. Lara ne détourna pas le regard. Au lieu de cela, elle laissa ses mains explorer plus bas, contournant les côtés de son torse, sentant sa peau se hérisser sous son toucher. L’huile rendait tout plus glissant, plus intime, comme s’il n’y avait plus de place pour prétendre que ce n’était qu’un massage.
— Lara… commença-t-il, mais les mots moururent lorsque ses doigts effleurèrent la ligne de sa taille, hésitant là, comme s’ils posaient une question sans mots.
Elle n’avait pas besoin de réponse. Son corps la lui avait déjà donnée. Daniel se souleva légèrement, s’appuyant sur les coudes, et Lara profita du mouvement pour se positionner derrière lui, ses jambes nues enserrant ses hanches par-derrière. La table grinça sous leur poids, un son étouffé qui semblait écho au rythme accéléré de leurs cœurs. Elle pressa sa poitrine contre son dos, ses tétons durcis effleurant sa peau chaude, et sentit lorsqu’il retint son souffle.
— Tu veux que j’arrête ? demanda-t-elle, la voix un fil de soie, ses lèvres maintenant sur sa nuque, déposant des baisers lents, humides.
Daniel émit un son guttural, quelque chose entre un gémissement et un rire étouffé.
— N’ose même pas.
Ses mains glissèrent vers l’avant, contournant son abdomen, sentant chaque contraction musculaire sous le bout de ses doigts. Elle laissa l’une d’elles descendre plus bas, juste assez pour effleurer le bord de la serviette qui couvrait encore la partie inférieure de son corps. Daniel arqua le dos, un mouvement instinctif, et Lara sourit contre sa peau, ses dents mordillant légèrement son lobe d’oreille.
— Alors dis-moi ce que tu veux, murmura-t-elle, sa main se déplaçant en cercles paresseux, de plus en plus près, sans jamais toucher là où il le désirait le plus.
— Je veux… il déglutit avec difficulté, les mots sortant entrecoupés. Je veux te sentir. Toute toi.
Lara n’avait pas besoin de plus d’invitation. D’un mouvement fluide, elle s’écarta juste assez pour retourner Daniel face à elle, ses jambes s’écartant pour accueillir ses hanches entre elles. La serviette était encore là, une barrière fragile, mais le volume sous le tissu était indéniable. Elle se pencha en avant, ses mains posées de chaque côté de sa tête, ses cheveux tombant comme un rideau autour d’eux, créant un espace rien qu’à eux, où le monde extérieur cessait d’exister.
Les lèvres de Daniel étaient entrouvertes, humides, invitantes. Lara ne résista pas. Elle baissa la tête lentement, lui laissant le temps de reculer, mais Daniel releva le menton, la rencontrant à mi-chemin. Le premier contact fut doux, presque hésitant, comme s’ils testaient tous deux les eaux. Mais alors Lara approfondit le baiser, sa langue glissant contre la sienne, et le monde sembla basculer.
Daniel gémit contre sa bouche, ses mains montant pour saisir son visage, ses doigts s’enroulant dans ses cheveux. Lara se laissa emporter, ses hanches bougeant instinctivement contre les siennes, sentant la dureté à travers la serviette. L’huile rendait tout plus glissant, plus urgent, et elle se frotta contre lui, lui arrachant un autre gémissement rauque.
— Lara… murmura-t-il, son nom sonnant comme une prière.
Elle sourit contre ses lèvres, ses dents mordillant légèrement sa lèvre inférieure avant de s’écarter juste assez pour le regarder dans les yeux.
— Oui ?
Daniel ne répondit pas avec des mots. Au lieu de cela, ses mains glissèrent vers son dos, la tirant plus près, comme s’il voulait fusionner leurs corps. Lara le laissa la guider, ses seins pressés contre sa poitrine, sa respiration accélérée se mêlant à la sienne. Elle sentit lorsque ses mains descendirent vers ses hanches, serrant avec force, et sut qu’il perdait le contrôle.
— Tu as idée de ce que tu me fais ? demanda-t-il, la voix rauque, ses yeux sombres brûlant d’une intensité qui la fit frissonner.
Lara ne répondit pas. Au lieu de cela, elle se souleva légèrement, ses mains glissant vers la serviette qui couvrait encore Daniel. D’un mouvement lent, délibéré, elle la tira vers le bas, révélant ce qu’ils savaient déjà être là. Daniel ne bougea pas, ses yeux fixés sur elle, comme s’il attendait un signal, une permission.
Elle n’hésita pas. Elle descendit sur lui, leurs corps s’emboîtant avec une précision qui les fit gémir en même temps. Lara ferma les yeux un instant, le sentant la remplir, chaud, dur, parfait. Daniel émit un son étouffé, ses mains serrant ses hanches avec assez de force pour laisser des marques.
— Putain… murmura-t-il, la voix brisée.
Lara commença à bouger, lentement d’abord, ses hanches tournant dans un rythme qui faisait vibrer chaque terminaison nerveuse de son corps. Daniel suivit le mouvement, ses mains la guidant, ses doigts s’enfonçant dans sa chair. L’huile entre eux rendait chaque glissement plus doux, plus intense, comme s’ils fusionnaient en un seul être.
Elle se pencha en avant, ses lèvres rencontrant les siennes à nouveau, le baiser maintenant plus désespéré, plus affamé. Daniel répondit avec la même urgence, sa langue envahissant sa bouche, ses mains glissant vers ses seins, ses pouces encerclant ses tétons jusqu’à ce qu’elle gémisse contre ses lèvres.
— Plus vite, exigea-t-il, la voix un murmure rauque.
Lara obéit, les mouvements devenant plus intenses, plus profonds. La table grinçait sous eux, un son rythmique qui se mêlait à leurs gémissements, aux sons humides de leurs corps qui se rencontraient. Elle sentit la chaleur se répandre dans son ventre, une pression délicieuse grandissant, grandissant…
— Lara, je ne vais pas tenir, murmura Daniel, les dents serrées, les muscles tendus sous ses mains.
Elle sourit, ses lèvres effleurant son oreille.
— Alors ne tiens pas.
D’un mouvement brusque, Daniel la tira vers le bas, inversant leurs positions avec une force qui lui coupa le souffle. Lara se retrouva allongée sur le dos, les jambes enroulées autour de ses hanches tandis qu’il s’enfonçait en elle d’une poussée profonde, possessive. Elle arqua le dos, ses doigts s’enfonçant dans ses épaules, ses lèvres entrouvertes sur un gémissement qui ne sortit pas.
Daniel ne s’arrêta pas. Chaque mouvement était une déclaration, chaque toucher une promesse. Lara sentit son corps entier se contracter, la pression en elle atteignant un point insupportable de plaisir. Daniel baissa la tête, ses lèvres rencontrant les siennes dans un baiser sauvage, et ce fut suffisant.
Elle jouit avec un cri étouffé, son corps tremblant sous le sien, ses ongles griffant son dos tandis que vague après vague de plaisir la traversait. Il la suivit quelques secondes plus tard, ses mouvements devenant erratiques, son corps entier se tendant avant de s’effondrer sur elle, ses lèvres cherchant les siennes dans un baiser lent, épuisé.
Pendant un long moment, il n’y eut d’autre son que leurs respirations haletantes, leurs cœurs battant à un rythme accéléré qui semblait résonner dans tout le studio. Lara passa ses doigts dans ses cheveux, sentant la sueur sur sa nuque, la chaleur qui irradiait encore de leurs corps.
Daniel releva la tête, ses yeux sombres rencontrant les siens. Il y avait quelque chose là, quelque chose au-delà du désir assouvi. Quelque chose qui la fit retenir son souffle.
— Ça, murmura-t-il, la voix rauque, ce n’était que le début.
Lara sourit, ses doigts traçant le contour de ses lèvres.
— Je sais.
Et puis, sans hâte, il se releva, leurs corps se séparant avec un son humide qui la fit frissonner. Daniel s’allongea à côté d’elle, la tirant dans ses bras, sa peau encore humide d’huile et de sueur. Lara se blottit contre lui, sentant sa poitrine se soulever et s’abaisser sous sa tête, son cœur encore accéléré.
Mais elle savait que ce n’était pas fini.
Il y avait quelque chose dans l’air, une promesse silencieuse que la nuit était loin d’être terminée. Et lorsque Daniel effleura ses lèvres contre son front, Lara sut qu’il pensait la même chose.
— Et maintenant ? demanda-t-elle, la voix basse, ses doigts traçant des cercles paresseux sur sa poitrine.
Daniel sourit, ses yeux brillant d’une intensité qui la fit frissonner.
— Maintenant, murmura-t-il, sa main glissant vers le bas, entre ses jambes, là où pulsait encore la chaleur du plaisir, tu vas découvrir.
Daniel n’attendit pas de réponse. D’un mouvement agile, comme si le poids du monde s’était enfin détaché de ses épaules, il la tira contre lui avec une urgence qui fit échapper à Lara un petit cri de surprise. L’huile coulait encore entre leurs corps, chaude et glissante, facilitant la danse des muscles et de la peau tandis qu’il la retournait avec fermeté, la plaçant sur le dos contre la table chauffante. La chaleur de la surface contrastait avec la fraîcheur de l’air, la faisant frissonner lorsque ses mains glissèrent le long de son dos, traçant chaque vertèbre comme pour en mémoriser le chemin.
— Tu n’as aucune idée de ce que je voulais te faire depuis le premier toucher, murmura-t-il contre son oreille, ses dents effleurant son lobe avant de descendre le long de son cou, laissant une traînée de feu sur sa peau sensible. Lara s’arqua instinctivement, ses doigts s’agrippant au tissu doux de la table, ses ongles y laissant de petites marques en forme de croissants tandis qu’il explorait chaque courbe, chaque creux, comme si elle était une carte qu’il devait déchiffrer.
Les mains de Daniel étaient implacables. Elles descendirent le long de ses flancs, suivant le contour de ses côtes, les pouces appuyant légèrement sur sa peau jusqu’à trouver la ligne de ses hanches. Lara gémit lorsqu’il la tira plus près, s’ajustant entre ses jambes avec une précision qui lui fit mordre la lèvre inférieure. Le tissu fin de son pantalon, qu’il portait encore, était une barrière irritante, mais le volume dur pressant contre elle était une preuve suffisante qu’il était tout aussi affecté qu’elle.
— Daniel… son nom s’échappa dans un murmure entrecoupé, les syllabes se perdant lorsqu’il se débarrassa enfin du vêtement, le laissant tomber au sol d’un mouvement rapide. Lara n’eut pas le temps de traiter la vision de son corps nu, entièrement exposé, car l’instant d’après, il était déjà sur elle, sa bouche trouvant la sienne dans un baiser qui était pure possession. Il n’y avait plus de professionnalisme, plus d’hésitation. Seulement des dents, des langues et le goût salé de la sueur mêlé à l’huile d’amandes.
Elle répondit avec la même intensité, ses mains glissant le long de ses larges épaules, sentant les muscles se contracter sous ses doigts. Daniel gémit contre sa bouche lorsqu’elle le tira plus près, ses ongles griffant légèrement son dos, le marquant de la même manière qu’il la marquait. La table grinça sous le poids des deux corps, un son étouffé qui se mêlait à leurs gémissements et à leurs respirations haletantes, créant une symphonie érotique qui résonnait contre les murs du studio.
— Tu es si belle, murmura-t-il en s’écartant juste assez pour la regarder dans les yeux, ses pupilles dilatées de désir. Chaque centimètre de toi… Les mots se perdirent lorsqu’il descendit le long de son cou, suçant sa peau sensible jusqu’à y laisser une marque rouge, une preuve temporaire que tout cela était réel. Lara arqua son corps, s’offrant à lui, ses jambes s’écartant davantage lorsqu’elle sentit sa main glisser entre ses cuisses.
— S’il te plaît, supplia-t-elle, la voix rauque, les mots sortant dans un filet de son. Elle n’avait pas besoin d’expliquer. Daniel savait exactement ce qu’elle voulait.
Et il ne la fit pas attendre.
Ses doigts trouvèrent le point exact, glissant avec facilité grâce à l’humidité qui coulait déjà entre ses jambes. Lara gémit fort, le son résonnant dans la pièce, tandis qu’il la touchait avec une lenteur torturante, comme s’il voulait mémoriser chaque réaction, chaque frisson. Ses hanches se soulevèrent instinctivement, cherchant plus de contact, plus de pression, mais Daniel maintint le rythme, alternant entre des cercles doux et des touches plus fermes, la faisant se tordre sous lui.
— Tu aimes ça ? demanda-t-il, la voix basse, presque un grognement, tandis qu’un doigt glissait en elle, suivi d’un autre. Lara ne put répondre. Elle se contenta d’acquiescer, les yeux fermés, la bouche entrouverte dans un gémissement muet. — Dis-le-moi, insista-t-il, ses doigts bougeant à un rythme constant, tandis que son autre main tenait sa hanche avec assez de force pour l’empêcher de bouger. Je veux t’entendre le dire.
— Oui, parvint-elle à articuler, les mots sortant dans un souffle. J’aime ça… j’aime tellement ça…
Daniel sourit, satisfait, et accéléra le rythme, ses doigts entrant et sortant d’elle avec une précision qui lui fit voir des étoiles. Lara s’agrippa aux draps, son corps entier tremblant tandis qu’il l’emmenait de plus en plus près du bord. Mais avant qu’elle ne puisse y arriver, il s’arrêta brusquement, retirant ses doigts d’un mouvement lent qui lui fit émettre un gémissement de frustration.
— Pas encore, murmura-t-il, portant ses doigts à sa bouche et les léchant avec une lenteur délibérée, ses yeux ne quittant jamais les siens. Je veux te sentir jouir sur moi.
Lara n’eut pas le temps de traiter ses mots. L’instant d’après, il était déjà positionné entre ses jambes, la pointe de son membre pressant contre son entrée avec une lenteur agonisante. Elle arqua le dos, ses ongles s’enfonçant dans ses épaules, tandis qu’il entrait en elle centimètre par centimètre, la remplissant d’une manière qui lui fit retenir son souffle.
— Putain, gémit-il, les yeux se fermant un instant tandis qu’il s’ajustait à la sensation. Tu es si serrée…
Lara ne répondit pas. Elle ne pouvait pas. Les mots s’étaient perdus quelque part entre le plaisir et le besoin, remplacés par des sons gutturaux qui s’échappaient de sa gorge à chaque poussée. Daniel commença à bouger, d’abord lentement, comme s’il voulait prolonger le moment, mais bientôt le rythme s’intensifia, ses hanches frappant contre les siennes avec une force qui faisait grincer la table sous eux.
— Plus fort, exigea-t-elle, la voix presque méconnaissable, ses jambes enroulées autour de sa taille, le tirant plus près. Daniel obéit, ses mouvements devenant plus rapides, plus profonds, chaque coup de reins lui arrachant un gémissement. La sueur coulait le long de son corps, se mêlant à l’huile, tandis que ses mains agrippaient ses hanches avec force, la maintenant en place tandis qu’il la pénétrait avec une passion qui frisait la folie.
Lara sentit l’orgasme approcher, une vague de chaleur commençant dans son ventre et se répandant dans tout son corps, la laissant tendue, au bord du précipice. Daniel le sentit aussi, car l’instant d’après, il se pencha sur elle, sa bouche trouvant la sienne dans un baiser désespéré, tandis qu’une de ses mains glissait entre leurs corps, ses doigts trouvant son clitoris gonflé.
— Jouis pour moi, ordonna-t-il, la voix rauque, ses doigts appuyant avec précision tandis qu’il continuait à bouger en elle. Maintenant.
Et Lara obéit.
L’orgasme la frappa comme une explosion, son corps entier se contractant en spasmes incontrôlables tandis qu’elle criait son nom, ses ongles s’enfonçant dans son dos avec assez de force pour y laisser des marques. Daniel ne s’arrêta pas, continuant à bouger en elle, prolongeant le plaisir jusqu’à ce qu’elle soit complètement épuisée, son corps mou sous le sien.
Mais il n’avait pas encore terminé.
D’un mouvement rapide, il la retourna sur le ventre, la tirant pour qu’elle soit à quatre pattes sur la table. Lara eut à peine le temps de se remettre avant de sentir ses mains agripper ses hanches, la tirant en arrière tandis qu’il entrait à nouveau en elle, cette fois avec une force qui lui fit pousser un gémissement sonore.
— Tu peux en prendre plus ? demanda-t-il, la voix basse, ses doigts serrant sa peau avec assez de force pour l’exciter davantage.
Lara acquiesça, les mots lui faisant défaut une fois de plus. Daniel n’eut pas besoin de plus d’encouragement. Il commença à bouger, ses coups de reins profonds et rapides, chacun d’eux lui arrachant un gémissement. La table oscillait sous eux, les sons de leurs corps s’entrechoquant résonnant dans le studio, se mêlant à leurs gémissements et à leurs respirations haletantes.
— Je vais jouir en toi, murmura-t-il, la voix tendue, ses doigts s’enfonçant dans ses hanches avec force. Tu veux ça ?
— Oui, parvint-elle à dire, la voix presque un murmure. S’il te plaît…
Daniel n’eut pas besoin d’autre chose. D’une dernière poussée, il la pénétra avec force, son corps entier se contractant tandis qu’il jouissait en elle, son nom s’échappant de ses lèvres dans un gémissement rauque. Lara sentit la chaleur se répandre en elle, son corps tremblant tandis qu’il se vidait, et pendant un moment, ils restèrent immobiles, seulement respirant, leurs cœurs battant à l’unisson.
Mais même dans ce moment d’épuisement, Lara savait que ce n’était pas terminé.
Il y avait quelque chose dans l’air, une promesse silencieuse que la nuit réservait encore bien des choses. Et lorsque Daniel se pencha sur elle, ses lèvres rencontrant les siennes dans un baiser doux, elle sut qu’il le sentait aussi.
— On n’a pas encore fini, murmura-t-il contre sa bouche, la voix chargée d’une promesse qui la fit frissonner. Loin de là.
L’air était encore chargé de l’odeur de sueur, d’huile d’amandes et de sexe lorsque Lara se leva de la table, les muscles légèrement tremblants, la peau marquée par des touches qui portaient désormais le poids de quelque chose de nouveau. Daniel l’observait du coin de l’œil, appuyé sur un coude, le drap blanc enroulé négligemment autour de sa taille, laissant apparaître les lignes définies de son abdomen, encore humides de désir. Elle passa les doigts dans ses cheveux, ébouriffés par les mouvements de leurs corps, et sourit—un sourire lent, de celle qui sait exactement ce qui vient de se passer et ne regrette rien.
— Tu t’en vas comme ça ? demanda-t-il, la voix rauque, mais déjà teintée d’une ironie douce. Ou tu vas me laisser te voir remettre cette tenue ?
Lara rit, un son bas et musical, et s’approcha de la chaise où ses vêtements étaient soigneusement pliés. Il n’y avait pas de précipitation. Le studio, autrefois un refuge de professionnalisme, semblait désormais un espace intime, presque secret, où les règles avaient été réécrites entre quatre murs. Elle prit d’abord sa culotte en dentelle noire, la faisant glisser le long de ses jambes lentement, sentant le tissu effleurer sa peau sensible. Daniel suivait chacun de ses mouvements, ses yeux sombres fixés sur elle, comme s’il voulait mémoriser chaque détail.
— Tu aimes me voir comme ça ? le provoqua-t-elle en se tournant pour lui faire face tandis qu’elle attachait son soutien-gorge. Ou tu préfères quand je suis nue ?
— J’aime toi, répondit-il simplement, et la sincérité dans sa voix fit se serrer quelque chose en elle. Mais j’admets que cette vision est… inspirante.
Elle enfila son chemisier de soie, laissant les premiers boutons ouverts, le tissu glissant sur ses seins encore gonflés par les baisers. Puis vint la jupe moulante, qui épousait les courbes de ses hanches avec une précision presque indécente. Lorsqu’elle eut terminé, elle se tourna vers lui, les mains sur les hanches, et arqua un sourcil.
— Mieux ?
Daniel se leva, le drap tombant au sol sans cérémonie, et s’avança vers elle avec la confiance de celui qui sait que le jeu est déjà gagné. Il s’arrêta à quelques centimètres d’elle, la chaleur de son corps irradiant contre le sien, et lui prit le menton avec délicatesse, inclinant son visage vers le haut.
— Tu sais bien que non, murmura-t-il avant de l’embrasser. Ce n’était pas un baiser urgent, comme ceux de la nuit précédente, mais lent, profond, comme s’il voulait prouver qu’il restait encore du temps. Lara ferma les yeux, se laissant emporter, ses doigts s’enroulant autour de sa nuque, sentant la rugosité de sa barbe naissante contre sa peau.
Lorsqu’ils se séparèrent, Daniel appuya son front contre le sien, respirant profondément.
— Je ne veux pas que ce soit seulement pour aujourd’hui.
— Moi non plus, admit-elle, surprise par la facilité avec laquelle les mots sortirent. Je ne suis pas du genre à me donner facilement, mais quelque chose en toi me donne envie d’enfreindre mes propres règles. — Mais nous avons un problème.
— Lequel ?
— Tu es encore mon client.
Il rit, un son grave et vibrant, et la tira plus près, ses mains glissant le long de son dos jusqu’à trouver la courbe de ses fesses, les serrant légèrement.
— Plus pour longtemps, dit-il, ses lèvres effleurant son oreille. Dès demain, je vais annuler toutes mes séances avec toi. Officiellement.
— Et officieusement ?
— Officieusement, je me présenterai à ta porte à vingt heures, avec une bouteille de vin et aucune intention de partir avant l’aube.
Lara mordit sa lèvre, sentant son corps réagir à la promesse implicite dans ses mots. Mais il y avait quelque chose de plus là, quelque chose qui allait au-delà du désir. Une curiosité. Une envie de découvrir les couches derrière cet exécutif stressé qui était arrivé au studio quelques heures plus tôt, tendu comme une corde sur le point de se rompre.
— Et si je te disais que je veux plus que ça ? demanda-t-elle, ses doigts traçant des cercles paresseux sur sa poitrine. Que je veux savoir ce qui te fait te réveiller à quatre heures du matin, ce qui te rend si tendu que tu as besoin d’un massage ?
Daniel lui prit la main, la portant à ses lèvres et embrassant sa paume avec une révérence qui la fit frissonner.
— Alors tu l’auras, promit-il. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, je veux juste t’emmener dîner.
Elle rit, surprise.
— Dîner ?
— Oui. Un endroit avec des lumières tamisées, de la musique live et une bouteille de quelque chose qui coûte plus cher que mon loyer. Et après… — il fit une pause, ses yeux brillant de malice — … après, on verra où la nuit nous mène.
Lara sentit son cœur s’accélérer. Ce n’était pas seulement l’invitation, mais la manière dont il la regardait—comme si elle était quelque chose de précieux, quelque chose qu’il ne voulait pas lâcher. Et, pour la première fois depuis longtemps, elle n’avait pas envie de fuir.
— D’accord, accepta-t-elle en passant ses bras autour de son cou. Mais à une condition.
— Laquelle ?
— C’est moi qui choisis le vin.
Daniel sourit, ce sourire lent et dangereux qu’elle commençait déjà à aimer, et la tira pour un autre baiser, celui-ci plus urgent, plus possessif.
— Marché conclu, murmura-t-il contre ses lèvres. Maintenant, sortons d’ici avant que je ne change d’avis et ne te cloue à cette table pour le reste de la nuit.
Elle rit, mais ne protesta pas lorsqu’il la guida vers la porte, éteignant les bougies une à une, plongeant le studio dans l’obscurité. L’air dehors était frais, chargé de l’odeur de pluie qui n’était pas encore tombée, et Lara respira profondément, sentant le poids de la nuit se dissiper, remplacé par une légèreté qu’elle n’avait pas ressentie depuis longtemps.
Daniel lui prit la main tandis qu’ils marchaient jusqu’à la voiture, leurs doigts entrelacés avec une naturalité qui la surprit. Il lui ouvrit la portière, mais avant qu’elle ne monte, il la tira pour un dernier baiser—celui-ci rapide, presque chaste, mais chargé d’une promesse qui lui fit se contracter l’estomac.
— Vingt heures, rappela-t-il, la voix basse. Ne sois pas en retard.
— Je n’oserais pas, répondit-elle en se glissant sur le siège passager.
Il ferma la portière et contourna la voiture pour s’installer au volant. Le moteur rugit, et Lara observa son profil tandis qu’il conduisait, ses mains fermes sur le volant, les yeux concentrés sur la route. Il y avait quelque chose de réconfortant dans cela, dans la normalité du moment, comme s’ils avaient déjà fait cela des centaines de fois.
— À quoi penses-tu ? demanda-t-il sans quitter la route des yeux.
— À quel point c’est étrange, admit-elle. Et en même temps, à quel point ça semble juste.
Daniel sourit, tendant la main pour serrer brièvement la sienne.
— C’est parce que c’est juste, dit-il simplement. Parfois, les choses justes sont les plus inattendues.
Lara ne répondit pas. Elle se contenta de regarder par la fenêtre, voyant les lumières de la ville défiler dans un flou, tandis qu’un sentiment d’anticipation grandissait en elle. Elle ne savait pas ce qui l’attendait, mais pour la première fois depuis longtemps, elle avait hâte de le découvrir.
Lorsqu’ils arrivèrent devant son immeuble, Daniel se gara et se tourna vers elle, ses yeux sombres reflétant les lumières des réverbères.
— Demain, répéta-t-il, comme s’il avait besoin d’entendre le mot à voix haute pour y croire.
— Demain, acquiesça-t-elle en se penchant pour l’embrasser une dernière fois, lentement, délibérément.
Puis elle sortit de la voiture, sentant son regard dans son dos jusqu’à ce que la porte de l’immeuble se referme derrière elle. Elle monta les escaliers d’un pas léger, son corps vibrant encore des résidus de la nuit, et lorsqu’elle entra dans son appartement, elle poussa un long soupir, passant les mains sur son visage.
Dans la salle de bain, elle se regarda dans le miroir. Ses lèvres étaient gonflées, ses yeux brillants, sa peau légèrement rougie aux endroits où sa barbe l’avait frottée. Elle passa les doigts sur ses lèvres, se souvenant de la sensation de ses baisers, de la manière dont il l’avait touchée—comme si elle était quelque chose de fragile et précieux, mais aussi quelque chose qu’il voulait dévorer.
Elle se coucha encore vêtue, les couvertures froides contre sa peau chaude, et ferma les yeux. Elle pouvait sentir son odeur sur ses mains, son cou, ses cheveux. Et, étrangement, elle n’avait pas envie de la laver.
Son téléphone vibra sur la table de chevet. Elle le prit, souriant avant même de lire le message.
*« Je n’arrive pas à arrêter de penser à toi. »*
Lara mordit sa lèvre, ses doigts planant au-dessus du clavier un instant avant de répondre.
*« Bien. Parce que demain, tu ne penseras à rien d’autre. »*
La réponse arriva presque instantanément.
*« Vivement demain. »*
Elle posa le téléphone de côté, éteignit la lumière et se blottit dans les oreillers, sentant le sommeil venir rapidement, chargé de rêves qui n’étaient plus seulement les siens.
Et lorsqu’elle se réveilla le lendemain matin, avec la lumière du soleil envahissant la chambre, la première chose qu’elle fit fut de sourire.
Parce qu’elle savait que, pour la première fois depuis longtemps, la nuit n’avait pas été qu’une nuit.
C’était le début de quelque chose.