Caresses de Minuit
Par Tonkix

**Caresses de Minuit**
La porte se referma derrière Daniel avec un clic doux, étouffé par le poids du silence qui emplissait la pièce. Il hésita un instant dans le petit vestibule, les doigts encore crispés autour de la poignée de son attaché-case en cuir, comme si l’objet pouvait l’ancrer à la réalité qu’il venait de quitter—des réunions interminables, des délais serrés entre des tasses de café froid, le poids des décisions qui lui écrasaient les épaules avant même le déjeuner. Mais là, sur ce seuil, l’air était différent. Dense, presque palpable, chargé du parfum de la lavande et de quelque chose de plus subtil, quelque chose qu’il ne parvenait pas à nommer : peut-être l’odeur de la cire fondue, peut-être la chaleur résiduelle des corps qui étaient passés par là avant le sien.
La salle de massage s’étendait devant lui comme une invitation interdite. Les murs, recouverts d’un tissu sombre qui absorbait la lumière au lieu de la refléter, semblaient respirer au rythme des flammes des bougies disposées dans des niches stratégiques. Elles étaient des dizaines, petites langues dorées dansant sur des mèches noires, projetant des ombres allongées qui se tordaient sur le parquet verni. L’effet était hypnotique, presque onirique, comme si le monde extérieur avait cessé d’exister au moment où il avait franchi ce seuil. Une musique de fond, quelque chose entre le jazz et le bruit de l’eau qui coule, s’échappait de haut-parleurs dissimulés, si basse qu’elle se confondait à peine avec les battements accélérés de son propre cœur.
Daniel posa son attaché-case sur le banc de bois près de la porte, les doigts picotant sous l’effet de la libération de la tension. Il retira ses chaussures d’un geste automatique, les pieds s’enfonçant dans le tapis moelleux qui couvrait le centre de la pièce. Le tissu était doux, presque vivant, comme si le sol respirait sous lui. Lorsqu’il leva les yeux, il la vit.
Lívia était de dos, ajustant quelque chose sur la table de massage—une serviette blanche, immaculée, qui contrastait avec la peau mate de ses bras nus. Elle portait une robe légère en lin écru, tombant jusqu’aux chevilles, mais qui, en bougeant, révélait le contour de ses longues jambes et le jeu des muscles sous la peau. Ses cheveux, relevés en un chignon lâche sur le haut de la tête, laissaient voir sa nuque délicate, où une mèche rebelle s’enroulait comme une virgule sombre. Daniel observa, fasciné, la manière dont ses doigts glissaient sur le tissu, le lissant avec une précision presque rituelle.
— Bonsoir, dit-elle sans se retourner. Sa voix était basse, modulée, avec un timbre qui semblait avoir été poli par le temps et l’usage soigneux. Vous êtes le dernier rendez-vous.
Ce n’était pas une question. Daniel déglutit avec difficulté, soudain conscient de la raideur de son propre corps, des épaules qui refusaient de se détendre, de la respiration qui se bloquait dans sa poitrine comme s’il craignait d’être entendu.
— Oui, répondit-il, le mot sortant plus rauque qu’il ne l’aurait voulu. Daniel.
Lívia se tourna enfin vers lui, et l’impact fut immédiat. Ses yeux étaient d’un brun profond, presque ambré, avec des reflets dorés qui semblaient capter la lumière des bougies et la renvoyer multipliée. Il y avait quelque chose de félin dans la manière dont elle l’observait, non pas avec curiosité, mais avec une sorte d’évaluation lente, comme si elle mesurait non seulement son corps, mais l’essence de ce qu’il portait en lui. Ses lèvres, légèrement entrouvertes, étaient pleines, peintes d’un rouge discret qui s’accordait avec le vernis de ses ongles—longs, bien entretenus, mais sans excès. Professionnels.
— Je sais, dit-elle, et un sourire infime effleura les coins de sa bouche. Vous avez appelé hier. Vous avez demandé après moi.
Daniel sentit son visage s’échauffer. Ce n’était pas une demande ordinaire, pas pour quelqu’un comme lui, habitué à déléguer les tâches sans hésitation. Mais là, dans cette salle, avec cette odeur, avec cette femme, les règles semblaient différentes. Il hocha la tête, incapable de détourner le regard.
— J’ai besoin…, commença-t-il, mais les mots moururent avant de se former. Besoin de quoi, exactement ? De soulagement ? D’oubli ? Ou de quelque chose de plus dangereux, quelque chose qu’il n’osait même pas nommer ?
Lívia ne le pressa pas. Au lieu de cela, elle inclina légèrement la tête de côté, comme si elle écoutait quelque chose au-delà des mots.
— Déshabillez-vous, dit-elle, simple, directe. Laissez tout sur le cintre là-bas. Je vais préparer les huiles.
Daniel hésita une seconde de trop. L’ordre était clair, mais le ton n’admettait aucune discussion. Il déboutonna sa chemise lentement, les doigts soudain maladroits, comme s’ils n’avaient jamais fait cela auparavant. Le tissu glissa sur ses épaules, révélant une peau marquée par des heures de tension—les nœuds dans les épaules, la ligne tendue de la clavicule, la cicatrice pâle près du coude, souvenir d’une chute de vélo à l’adolescence. Lorsqu’il arriva au pantalon, il s’arrêta un instant, les doigts planant au-dessus de sa ceinture. Lívia s’était déjà retournée, occupée avec un flacon de verre ambré qu’elle déboucha avec un petit claquement.
L’odeur de l’huile se répandit dans l’air, riche et terreuse, avec des notes de santal et quelque chose de citronné qui piquait légèrement les narines. Daniel termina de se déshabiller, pliant soigneusement ses vêtements avant de les accrocher au cintre. Il resta nu, à l’exception de son caleçon—un détail qui le fit se sentir à la fois vulnérable et ridicule. La serviette blanche était étendue sur la table, invitante. Il s’approcha, les pas étouffés par le tapis, et s’allongea sur le ventre, le visage enfoncé dans l’ouverture circulaire de l’appui-tête.
Le tissu de la serviette était frais contre sa peau, mais la chaleur de la pièce le réchauffa rapidement. Il ferma les yeux, essayant de se concentrer sur sa respiration, sur le son lointain de la musique, sur n’importe quoi plutôt que sur la conscience aiguë que, à quelques pas de là, Lívia s’approchait.
— Détendez-vous, murmura-t-elle, et sa voix lui sembla plus proche qu’il ne l’avait prévu. Vous êtes tendu.
Daniel rit, un son bref et sans humour.
— C’est mon état naturel.
— Pas aujourd’hui, rétorqua-t-elle, et alors ses mains touchèrent son dos.
Ce fut comme si une décharge parcourait sa colonne vertébrale. Pas une décharge électrique, mais quelque chose de plus profond, de plus primitif—la sensation d’être touché par quelqu’un qui savait exactement ce qu’elle faisait. Les doigts de Lívia étaient fermes, mais pas rugueux, glissant sur sa peau avec une pression calculée, comme s’ils lisaient chaque muscle, chaque nœud, chaque point de résistance. Elle commença par les épaules, les pouces pressant des cercles lents sur les omoplates, et Daniel sentit quelque chose en lui se relâcher, un fil invisible qui se brisait avec un claquement presque audible.
— Mieux ? demanda-t-elle, sa voix un murmure qui semblait venir de très loin.
— Oui, admit-il, le mot traînant. Beaucoup.
Lívia ne répondit pas. Au lieu de cela, ses doigts descendirent le long de sa colonne vertébrale, suivant la courbe de son dos comme s’ils traçaient une carte secrète. Daniel retint son souffle lorsqu’elle atteignit le bas de son dos, où la tension s’accumulait comme une pierre incandescente. Les pouces pressèrent là, fermes, et il laissa échapper un gémissement bas, involontaire, les doigts se crispant sur le bord de la table.
— Ici ? demanda-t-elle, sa voix douce, mais avec une intensité qui le fit frissonner.
— Oui, réussit-il à dire, la gorge sèche. Là.
Lívia travailla le point avec une précision presque chirurgicale, et Daniel sentit la résistance se dissoudre sous ses doigts, comme de la cire fondue. L’huile qu’elle étalait sur sa peau était tiède, presque vivante, et l’odeur s’intensifiait à mesure que la chaleur de son corps l’activait. Il s’enfonça encore plus dans la serviette, les muscles se relâchant contre son gré, comme si son corps avait déjà capitulé alors que son esprit résistait encore.
Puis, quelque chose changea.
Ce ne fut pas un mouvement brusque, rien qui puisse être considéré comme non professionnel. Mais les doigts de Lívia, qui jusqu’alors s’étaient tenus dans les limites sûres du dos et des épaules, glissèrent un peu plus bas. Juste quelques centimètres. Assez pour que le bout d’un doigt effleure le bord de la serviette qui couvrait ses hanches.
Daniel se raidit.
Pas de douleur. Pas d’inconfort. Mais une conscience soudaine et écrasante que, sous cette serviette, il n’y avait plus rien entre lui et ses mains. Rien que de la peau, de la chaleur, et la promesse de quelque chose qui allait bien au-delà d’un massage.
Lívia ne s’écarta pas.
Ses doigts restèrent là, traçant des cercles lents juste au-dessus de la courbe de ses fesses, comme si elle testait les limites. Daniel retint son souffle, le cœur battant si fort qu’il était sûr qu’elle pouvait l’entendre. L’air entre eux semblait chargé d’électricité, chaque seconde s’étirant comme une éternité.
— Vous aimez la pression ? demanda-t-elle, sa voix basse, presque intime.
Daniel déglutit avec difficulté.
— Oui, murmura-t-il.
— Où ?
La question resta suspendue dans l’air, lourde, chargée de sens. Daniel savait ce qu’elle demandait. Et, pour la première fois depuis longtemps, il se permit de répondre avec honnêteté.
— Partout.
La première pression des doigts de Lívia fut comme un soupir contre la peau de Daniel.
Il s’était allongé sur le ventre sur la table de massage, la serviette blanche enroulée autour de la taille, les épaules raides comme s’il portait le poids de semaines entières de réunions, de délais et de décisions qui ne pouvaient attendre. L’atmosphère sentait la lavande et le santal, les bougies vacillant dans des chandeliers en fer forgé, projetant des ombres dansantes sur les murs de bois sombre. Le silence était presque palpable, brisé seulement par le doux crépitement des flammes et la respiration lente de Daniel, qui essayait de s’abandonner au moment, mais dont le corps résistait encore, tendu comme une corde raide.
Lívia ne dit rien en s’approchant. Elle posa simplement ses mains sur ses épaules, les pouces appuyant fermement sur la base de son cou, là où les muscles s’emmêlaient en nœuds invisibles. Daniel laissa échapper un gémissement bas, involontaire, et elle sentit le frisson sous ses paumes—non pas de douleur, mais de soulagement. Un soulagement qui s’accompagnait de quelque chose de plus : une reddition lente, presque imperceptible, comme si chaque toucher dénouait non seulement la tension physique, mais aussi les liens d’une retenue dont il ne savait même pas qu’elle existait.
— Vous êtes très contracté, murmura-t-elle, sa voix douce, presque un chuchotement. Détendez les épaules.
Daniel obéit, mais non sans effort. Ses doigts glissèrent le long de ses omoplates, traçant des lignes imaginaires sur sa peau chaude, et il réalisa, avec une clarté soudaine, à quel point chaque mouvement était calculé. Ce n’était pas seulement un massage. C’était une chorégraphie. Une danse lente, où Lívia menait et lui suivait, même sans savoir où.
— Respirez profondément, instruisit-elle, et il le fit, sentant l’air emplir ses poumons comme si c’était la première fois de la nuit.
Ses mains descendirent le long de son dos, les pouces pressant sa colonne vertébrale en mouvements circulaires, fermes mais pas brutaux. Daniel ferma les yeux. L’huile de massage, tiède et légèrement sucrée, coulait sur sa peau, laissant une traînée de chaleur qui se mêlait à son toucher. Il pouvait sentir la texture de ses mains—douces, mais avec une force contenue, comme si elle savait exactement quelle pression appliquer, où s’arrêter, quand reculer. C’était professionnel. C’était technique. Et pourtant, il y avait quelque chose qui allait au-delà du professionnalisme.
Un glissement.
Un moment où ses doigts, sans le vouloir—ou peut-être en le voulant—, frôlèrent le côté de son corps, juste sous les côtes, là où la peau était plus sensible. Daniel retint son souffle. Pas de douleur. Pas d’inconfort. Mais quelque chose qui s’alluma en lui, une étincelle qu’il essaya d’ignorer, mais qui commençait déjà à se répandre, lente et insidieuse, comme un feu sur du papier sec.
Lívia le remarqua.
Pas à sa réaction—pas encore. Mais à la manière dont sa propre respiration changea, presque imperceptiblement, comme si l’air entre eux était devenu plus dense. Elle continua, ses doigts remontant le long des côtés de son dos, évitant délibérément tout contact qui pourrait être interprété comme ambigu. Mais la tension était déjà là. Et elle le savait.
— Vous portez le monde sur vos épaules, dit-elle, sa voix basse, tandis que ses pouces pressaient les muscles le long de sa colonne vertébrale. Mais ici, maintenant, vous n’avez rien à porter.
Daniel ne répondit pas. Il laissa simplement échapper un long soupir tremblant, comme si ces mots avaient touché quelque chose de bien plus profond que ses muscles tendus. Ses mains descendirent jusqu’à la base de son dos, là où la serviette commençait, et il sentit la chaleur de ses doigts s’approcher de cette ligne invisible—la limite entre le professionnel et le personnel.
— Plus de pression ? demanda-t-elle, sa voix neutre, mais avec une touche de quelque chose qu’il ne put déchiffrer.
Daniel hésita. Il voulait dire oui. Il voulait sentir ces doigts s’enfoncer dans sa chair, soulageant la douleur, mais aussi—et c’était dangereux—voulant plus. Plus de contact. Plus de proximité. Plus que ce qu’une masseuse ne devrait offrir.
— Oui, murmura-t-il, la voix rauque.
— Où ?
La question resta suspendue dans l’air, chargée de possibilités. Daniel sentit son cœur s’accélérer. Il savait ce qu’elle demandait. Il savait que, s’il répondait avec honnêteté, il franchirait une ligne dont il n’y aurait pas de retour.
— Ici, dit-il enfin, désignant d’un mouvement presque imperceptible la région lombaire, où la tension s’accumulait comme une pierre.
Lívia ne dit rien. Elle pressa simplement ses pouces avec plus de fermeté, les enfonçant dans la musculature rigide. Daniel gémit, un son bas, presque étouffé, et elle sentit son corps s’arquer légèrement sous ses mains, comme s’il cherchait plus de contact. L’huile coulait entre ses doigts, chaude et glissante, et pendant un instant, elle se permit d’imaginer ce que ce serait de laisser ses mains vagabonder au-delà de cette ligne.
Mais elle ne le fit pas.
Pas encore.
Au lieu de cela, elle se pencha un peu plus, ses lèvres frôlant presque son oreille lorsqu’elle demanda :
— Comme ça, c’est bien ?
Daniel déglutit avec difficulté. Sa respiration était chaude, humide, et le son de sa voix—si proche, si intime—fit se contracter quelque chose en lui.
— Plus, demanda-t-il, la voix presque un murmure. S’il vous plaît.
Lívia sourit, un sourire lent, presque imperceptible, et obéit.
Ses doigts s’enfoncèrent dans sa chair, pressant, massant, tandis que Daniel s’abandonnait à son toucher, son corps se détendant et se tendant en même temps, comme si chaque mouvement d’elle le tirait vers un endroit où le plaisir et la douleur se confondaient. Il pouvait sentir la chaleur se répandre, non seulement sur sa peau, mais aussi en quelque chose de plus profond, quelque chose qu’il avait ignoré depuis si longtemps qu’il ne se souvenait même plus de ce que c’était que de ressentir.
Et puis, sans avertissement, ses doigts glissèrent un peu plus bas.
Pas assez pour franchir la ligne. Pas assez pour être inapproprié. Mais assez pour que Daniel sente le bord de la serviette effleurer sa peau, assez pour qu’il sache que, si elle le voulait, elle pourrait aller plus loin.
Il retint son souffle.
Lívia ne s’écarta pas.
Et, pendant un instant, le monde sembla s’arrêter.
L’air entre eux était dense, chargé de l’odeur de l’huile de santal et de la cire fondue, chaque respiration de Daniel plus courte que la précédente. Lívia sentait le poids du silence, la manière dont il se contractait et s’étendait entre eux, comme si l’environnement lui-même conspirait pour les maintenir là, suspendus dans cet instant. Ses doigts, encore plongés dans la musculature tendue de son dos, traçaient des cercles lents, presque paresseux, mais elle savait—oh, elle savait—que chaque mouvement était calculé.
Daniel ne bougea pas lorsqu’elle fit glisser ses mains un peu plus bas, suivant la courbe de sa colonne vertébrale jusqu’à l’endroit où la serviette blanche commençait à s’insinuer sur ses hanches. Sa peau était chaude, presque fiévreuse, et lorsque ses pouces pressèrent légèrement la base de son dos, il laissa échapper un soupir qui était à moitié gémissement, à moitié reddition. Lívia sourit pour elle-même, ses lèvres se courbant en une satisfaction silencieuse. Il y avait quelque chose de délicieusement pervers à sentir son corps réagir ainsi, à savoir que, derrière cette façade d’exécutif contrôlé, il y avait un homme au bord de se défaire sous son toucher.
— Vous êtes très tendu ici, murmura-t-elle, sa voix basse, presque un chuchotement qui se mêlait au crépitement des bougies. Je dois travailler cette zone avec plus de soin.
Il ne répondit pas, mais elle sentit le muscle sous ses doigts se contracter, comme s’il essayait de s’esquiver—ou de s’approcher. Lívia laissa ses mains glisser encore plus bas, ses doigts effleurant maintenant le bord de la serviette, là où le tissu rencontrait la peau. Un mouvement presque imperceptible, mais suffisant pour que Daniel se raidisse complètement, son corps entier se transformant en une ligne rigide d’anticipation.
— Détendez-vous, dit-elle, sa voix douce, persuasive. Je ne vais pas vous faire mal.
Mais ce n’était pas la douleur qu’il craignait. C’était le contraire.
Daniel déglutit, le son presque audible dans le silence de la pièce. Il y avait quelque chose de mal—ou de trop juste—dans tout cela. Chaque fois que ses doigts s’approchaient de cette ligne invisible, il sentait l’air lui manquer, comme si le monde entier se résumait à ce point de contact, à cette promesse non dite. Et puis, lorsque Lívia laissa enfin ses doigts glisser sous la serviette, juste assez pour que le bout de l’un d’eux touche la peau nue juste au-dessus de sa fesse, il ne put retenir le frisson qui le parcourut.
— Putain, murmura-t-il, la voix rauque, brisée.
Lívia ne s’écarta pas. Au lieu de cela, elle pressa un peu plus, ses doigts traçant maintenant un chemin lent, délibéré, descendant le long de la courbe de sa taille jusqu’à l’endroit où la serviette le couvrait encore. Son corps frémit, et elle sentit la chaleur s’intensifier sous ses mains, comme si Daniel brûlait de l’intérieur.
— Je n’ai jamais rien ressenti de tel lors d’un massage, admit-il, les mots sortant presque contre son gré.
Elle sourit, ses lèvres effleurant son épaule tandis qu’elle se penchait en avant, ses seins pressant légèrement contre son dos nu. Son parfum—quelque chose de floral, avec une touche de vanille—envahit ses sens, se mêlant à l’odeur de l’huile et à la sueur qui commençait à perler sur sa peau.
— C’est parce que ce n’est pas qu’un massage, murmura Lívia, ses lèvres si proches de son oreille que Daniel sentit son souffle chaud contre sa peau. C’est bien plus que cela.
Et puis, comme pour prouver son point, elle laissa ses doigts glisser à nouveau, traçant cette fois un chemin dangereux le long du bord de la serviette, jusqu’à ce que le bout de l’un d’eux effleure l’intérieur de sa cuisse. Daniel retint son souffle, son corps entier se tendant comme une corde sur le point de se rompre. Il pouvait sentir son propre désir, dur et insistant sous la serviette, implorant pour plus—pour quelque chose qu’il n’osait même pas nommer.
Lívia ne le toucha pas là. Pas encore. Mais le simple fait qu’elle puisse le faire, qu’elle soit si proche, suffisait à le pousser au bord de perdre le contrôle.
— Vous voulez que j’arrête ? demanda-t-elle, sa voix un fil de soie, tandis que ses doigts continuaient leur danse lente et provocante.
Daniel ouvrit la bouche pour répondre, mais les mots moururent dans sa gorge. Il voulait dire oui. Il voulait dire non. Il voulait dire n’importe quoi qui la ferait continuer, qui la ferait aller plus loin, qui la ferait lui arracher ce dernier reste de contrôle. Mais tout ce qui sortit fut un son étouffé, quelque chose entre un gémissement et une supplication.
Lívia comprit.
Elle se rapprocha, son corps pressé contre le sien, ses mains glissant vers ses épaules, ses doigts s’enfonçant dans sa musculature tendue tandis que ses lèvres effleuraient sa nuque. Il pouvait sentir sa chaleur, la douceur de ses seins contre son dos, la manière dont son corps semblait se mouler au sien, comme s’ils étaient sur le point de fusionner.
— Alors n’arrête pas, réussit-il enfin à dire, la voix rauque, presque méconnaissable. S’il vous plaît.
Lívia sourit contre sa peau, ses dents effleurant légèrement son lobe d’oreille avant de s’écarter juste assez pour que ses doigts reprennent leur exploration, maintenant avec une audace qui ne laissait aucun doute. La serviette fut tirée un peu plus bas, exposant davantage sa peau, et lorsque ses doigts effleurèrent enfin l’intérieur de sa cuisse, il ne put retenir le halètement qui s’échappa de ses lèvres.
— C’est ça, murmura-t-elle, ses doigts traçant maintenant des cercles lents, presque paresseux, sur sa peau sensible. Laissez-vous ressentir.
Daniel ferma les yeux, son corps entier tremblant sous son toucher. Il pouvait sentir chaque terminaison nerveuse s’allumer, chaque cellule répondre à la chaleur, à la pression, à cette intimité qui allait bien au-delà du professionnel. Et lorsque les doigts de Lívia glissèrent un peu plus haut, presque—presque—touchant là où il désirait le plus, il sut qu’il était perdu.
— Lívia…, murmura-t-il, son nom sonnant comme une supplication.
Elle ne répondit pas avec des mots. Au lieu de cela, ses doigts se déplacèrent à nouveau, traçant maintenant un chemin dangereux le long du bord de la serviette, jusqu’à ce que sa main entière glisse vers le bas, le couvrant par-dessus le tissu. Daniel gémit, son corps s’arquant involontairement, comme s’il cherchait plus de contact, plus de pression, plus d’elle.
Lívia ne le lui refusa pas.
D’un mouvement lent et délibéré, elle écarta la serviette, l’exposant complètement. L’air frais de la pièce effleura sa peau échauffée, mais le contraste ne fit qu’intensifier la sensation, le rendant encore plus conscient de son propre corps, de son propre désir.
Et puis, enfin, ses doigts le touchèrent.
Ce ne fut pas un mouvement brusque. Ce ne fut pas une poussée désespérée. Ce fut lent, presque révérencieux, comme si elle explorait chaque centimètre, chaque réaction, chaque soupir qui s’échappait de ses lèvres. Daniel sentit le monde entier se réduire à ce point de contact, à cette main qui l’enveloppait avec une pression parfaite, au rythme qu’elle établissait, lent au début, puis plus rapide, plus intense, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus penser à rien d’autre qu’au plaisir qui s’accumulait, qui grandissait, qui menaçait d’exploser à tout moment.
— Putain, Lívia…, gémit-il, les mains se refermant en poings contre la table, les jointures blanches de tant de force.
Elle ne s’arrêta pas. Au lieu de cela, elle se pencha à nouveau, ses lèvres effleurant son oreille tandis que sa main continuait son travail implacable.
— Jouis pour moi, murmura-t-elle, sa voix un ordre doux, irrésistible. Maintenant.
Et Daniel obéit.
L’orgasme le frappa comme une vague, violente et écrasante, lui arrachant un cri étouffé tandis que son corps entier se contractait, les muscles tendus sous ses mains. Lívia ne s’écarta pas, ne ralentit pas le rythme, l’accompagnant jusqu’à la fin, jusqu’à ce qu’il soit complètement épuisé, complètement abandonné.
Lorsqu’il ouvrit enfin les yeux, il croisa son regard—sombre, intense, plein d’une satisfaction qui allait bien au-delà du professionnel. Lívia sourit, ses doigts traçant encore des cercles lents sur sa peau sensible, comme si elle ne voulait pas que ce moment se termine.
— Ça, murmura-t-elle, sa voix douce, presque tendre, ce n’était que le début.
Et puis, d’un mouvement lent, elle remit la serviette en place, le couvrant à nouveau. Daniel était encore haletant, son corps entier tremblant légèrement, lorsqu’elle s’écarta, ses doigts glissant sur sa peau en un au revoir silencieux.
— Retournez-vous, demanda-t-elle, sa voix basse, mais ferme.
Daniel hésita une seconde, son corps encore palpitant des restes du plaisir. Mais lorsqu’il obéit enfin, se tournant face à elle, ce qu’il vit dans les yeux de Lívia fit battre son cœur plus vite.
Elle ne souriait plus.
Elle était affamée.
L’air entre eux n’était plus le même. L’odeur de l’huile de santal se mêlait à la légère sueur qui perlait sur la peau de Daniel, chaque respiration plus profonde, plus chargée de quelque chose qui ne pouvait plus être ignoré. Les mains de Lívia s’étaient arrêtées un instant, planant au-dessus de ses omoplates, comme si elles attendaient un signal—ou peut-être savaient-elles déjà que le signal était là, pulsant sous la serviette blanche qui le couvrait à peine.
Daniel ne dit rien. Mais son corps parla pour lui.
D’un mouvement lent, presque hésitant, il se retourna face à elle, les muscles de son dos se contractant sous la peau encore humide d’huile. La serviette, autrefois discrète, révélait maintenant le contour indéniable de son désir, dressé et tendu contre le tissu léger. Lívia ne détourna pas les yeux. Elle ne recula pas. Ses doigts, encore chauds du contact précédent, effleurèrent légèrement le bord de la serviette, comme pour tester la limite—ou l’inviter à la franchir.
— Vous êtes tendu ici aussi, murmura-t-elle, sa voix basse, presque un chuchotement. Ses doigts glissèrent le long de sa cuisse, contournant la courbe intérieure, sans hâte. Très tendu.
Daniel laissa échapper un gémissement étouffé, ses hanches se soulevant involontairement. Sa respiration était saccadée, ses lèvres entrouvertes, comme si les mots s’étaient perdus en chemin. Lívia observa chaque réaction, chaque frisson, chaque goutte de sueur qui coulait le long de sa tempe, disparaissant dans l’ombre de ses cheveux sombres. Elle savait ce qu’il voulait. Et elle savait qu’il avait besoin d’entendre la question.
— Puis-je ? demanda-t-elle, ses doigts s’arrêtant à quelques centimètres de l’endroit où la serviette se tendait, révélant plus qu’elle ne cachait.
Daniel déglutit avec difficulté. Le son fut fort dans le silence de la pièce, chargé d’anticipation. Il n’avait pas besoin de réfléchir. Il ne voulait pas réfléchir. Il se contenta d’acquiescer, trop vite, comme s’il craignait qu’elle ne change d’avis.
— Oui, réussit-il à dire, la voix rauque. S’il vous plaît.
Lívia n’hésita pas.
D’un mouvement fluide, elle écarta la serviette, l’exposant complètement. L’air frais de la pièce effleura sa peau sensible, le faisant frissonner. Elle ne détourna pas les yeux. Elle observa chaque détail—la manière dont les muscles de son abdomen se contractaient, dont ses cuisses se tendaient, dont son désir se dressait, rigide et palpitant, implorant son attention.
— Respirez, ordonna-t-elle, douce, tandis que ses doigts glissaient le long de l’intérieur de sa cuisse, remontant lentement, comme si elle avait tout le temps du monde.
Daniel obéit, mais l’air s’échappa de ses poumons dans un soupir tremblant lorsqu’elle le toucha enfin. Ce ne fut pas un toucher professionnel. Ce ne fut pas un toucher clinique. Ce fut un toucher lent, délibéré, ses doigts l’enveloppant avec fermeté, mais sans hâte, comme si elle voulait mémoriser chaque centimètre, chaque réaction.
— Lívia…, gémit-il, son nom s’échappant comme une prière.
— Chut, murmura-t-elle en se penchant légèrement, ses lèvres frôlant presque son oreille. Laissez-moi m’occuper de vous.
Et puis, elle commença.
Il n’y avait plus de règles. Plus de limites. Ses doigts glissaient en mouvements circulaires, lents, explorant chaque courbe, chaque veine, chaque point sensible qui faisait s’arquer son corps. L’huile, autrefois utilisée pour soulager la tension musculaire, servait maintenant à un autre but—faciliter le glissement de ses doigts, rendre chaque toucher plus intense, plus intime.
Daniel ferma les yeux, ses doigts s’enfonçant dans les draps. Il n’avait jamais été touché ainsi—avec autant de précision, autant d’intention. Chaque mouvement d’elle semblait calculé pour l’amener au bord du précipice, sans jamais le pousser. C’était une torture délicieuse, une danse entre le contrôle et la reddition.
— Vous aimez ça ? demanda-t-elle, sa voix basse, presque hypnotique, tandis que ses doigts montaient et descendaient en un rythme constant.
— Oui, haleta-t-il, ses hanches bougeant en synchronisation avec son toucher. Plus.
Lívia sourit, mais n’accéléra pas. Au lieu de cela, elle se rapprocha encore, son corps presque contre le sien, la chaleur de sa peau irradiant contre la sienne. Ses seins effleurèrent légèrement son bras lorsqu’elle se pencha, ses lèvres trouvant son oreille à nouveau.
— Patience, murmura-t-elle, ses doigts le serrant légèrement, juste assez pour le faire gémir. Je veux que vous sentiez chaque seconde.
Daniel ne savait pas combien de temps il pourrait encore tenir. Chaque toucher était une étincelle, chaque mouvement de ses doigts allumait un feu qui se répandait dans tout son corps. Il pouvait sentir le plaisir s’accumuler, une pression grandissante qui menaçait d’exploser à tout moment.
Mais Lívia savait exactement ce qu’elle faisait.
D’un mouvement soudain, elle le lâcha, ses doigts glissant au loin. Daniel ouvrit les yeux, confus, son corps protestant contre l’absence de son toucher. Mais avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, elle se déplaçait déjà, se positionnant entre ses jambes, ses yeux sombres fixés sur les siens.
— Vous me faites confiance ? demanda-t-elle, sa voix douce, mais ferme.
Daniel n’hésita pas.
— Oui.
Alors, sans un mot de plus, elle se pencha.
Le premier contact de ses lèvres fut presque imperceptible—un effleurement doux, une promesse. Mais ensuite, elle l’enveloppa complètement, sa bouche chaude et humide, ses mouvements lents mais profonds, comme si elle voulait savourer chaque centimètre de lui.
Daniel arqua le dos, un son guttural s’échappant de sa gorge. Ses mains trouvèrent ses cheveux, ses doigts s’enroulant dans les mèches sombres tandis qu’elle l’emmenait de plus en plus profondément, chaque mouvement une vague de plaisir qui le laissait au bord du précipice.
— Lívia… je ne vais pas…, réussit-il à dire, la voix entrecoupée.
Elle s’arrêta un instant, levant les yeux vers lui. Son regard était intense, affamé, mais il y avait quelque chose de plus—une question silencieuse.
— Vous voulez que j’arrête ? murmura-t-elle, ses lèvres effleurant encore sa peau sensible.
Daniel secoua la tête, désespéré.
— Non. N’arrêtez pas.
Elle sourit, satisfaite, puis se remit à la tâche avec encore plus d’intensité. Ses mouvements devinrent plus rapides, plus urgents, sa langue glissant en cercles tandis que ses mains tenaient fermement ses cuisses, le maintenant en place.
Daniel ne pouvait plus penser. Il ne pouvait plus respirer. Le plaisir était écrasant, une force qui le consumait de l’intérieur, le laissant à sa merci. Et puis, lorsqu’il crut ne plus pouvoir tenir, elle le serra légèrement avec ses doigts, sa bouche travaillant toujours à un rythme implacable.
Il jouit avec un cri étouffé, son corps entier se tendant tandis que le plaisir le traversait en vagues violentes. Lívia ne s’arrêta pas. Elle l’accompagna jusqu’à la fin, jusqu’à ce qu’il soit complètement épuisé, complètement abandonné.
Lorsqu’il ouvrit enfin les yeux, il croisa son regard—sombre, intense, plein d’une satisfaction qui allait bien au-delà du professionnel. Lívia sourit, ses doigts traçant encore des cercles lents sur sa peau sensible, comme si elle ne voulait pas que ce moment se termine.
— Ça, murmura-t-elle, sa voix douce, presque tendre, ce n’était que le début.
Et puis, d’un mouvement lent, elle remit la serviette en place, le couvrant à nouveau. Daniel était encore haletant, son corps entier tremblant légèrement, lorsqu’elle s’écarta, ses doigts glissant sur sa peau en un au revoir silencieux.
— Retournez-vous, demanda-t-elle, sa voix basse, mais ferme.
Daniel hésita une seconde, son corps encore palpitant des restes du plaisir. Mais lorsqu’il obéit enfin, se tournant face à elle, ce qu’il vit dans les yeux de Lívia fit battre son cœur plus vite.
Elle ne souriait plus.
Elle était affamée.
Et il savait, sans avoir besoin de mots, que ce qui s’était passé jusqu’ici n’était rien comparé à ce qui allait encore venir.
La respiration de Daniel se bloqua lorsque Lívia se pencha sur lui, ses lèvres frôlant presque son oreille. La chaleur de son corps traversait la fine couche d’huile qui brillait encore sur sa peau, et son parfum de jasmin mêlé à l’arôme terreux de la pièce l’enveloppa comme une promesse. Il sentit le poids doux de ses seins contre sa poitrine, la pression délibérée, presque imperceptible, avant qu’elle ne recule juste assez pour que leurs regards se croisent.
— Vous me faites confiance ? demanda-t-elle, sa voix basse, rauque, mais chargée d’une intensité qui lui fit se contracter l’estomac.
Daniel ne répondit pas avec des mots. Au lieu de cela, il leva une main tremblante et attrapa son poignet, guidant ses doigts là où son corps palpitait encore, pulsant sous la serviette qui le couvrait à peine. Lívia ne sourit pas cette fois. Ses lèvres s’entrouvrirent, humides, et il vit le bout de sa langue toucher le coin de sa bouche, comme si elle anticipait le goût de ce qui allait venir.
— Alors laissez-moi vous montrer, murmura-t-elle, et avant qu’il ne puisse réagir, ses doigts glissèrent déjà sous le tissu, le trouvant chaud, dur, désespéré.
Le toucher fut lent, presque révérencieux, comme si elle mémorisait chaque centimètre. Daniel arqua le dos malgré lui, un gémissement s’échappant de sa gorge lorsqu’elle l’enveloppa fermement, serrant juste assez pour le faire haleter. L’huile encore présente sur ses mains rendait le mouvement glissant, parfait, et il sentit son corps entier se tendre, chaque muscle répondant au rythme qu’elle imposait.
— Lívia…, son nom s’échappa comme une supplication, mais elle inclina simplement la tête, ses yeux sombres fixés sur les siens tandis qu’elle accéléra le mouvement.
— Chut, murmura-t-elle en se rapprochant à nouveau, ses lèvres effleurant son lobe d’oreille. Pas encore.
Et puis, sans avertissement, elle le lâcha.
Daniel faillit protester, son corps vibrant de l’absence de contact, mais avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, Lívia se déplaçait déjà. D’un mouvement fluide, elle s’agenouilla à côté de la table, ses doigts agiles dénouant la serviette qui le couvrait. L’air frais de la pièce toucha sa peau exposée, mais le contraste fut bref—bientôt, la chaleur de son corps l’enveloppa à nouveau, sans barrières cette fois.
Elle ne le toucha pas immédiatement. Au lieu de cela, elle se pencha sur lui, ses cheveux tombant comme un rideau sombre tandis que ses lèvres traçaient un chemin humide sur sa poitrine, descendant lentement, délibérément. Daniel sentit sa langue parcourir chaque muscle, ses mains appuyées sur ses cuisses, serrant légèrement, comme pour le maintenir en place. Lorsqu’elle atteignit son nombril, elle s’arrêta, soufflant de l’air chaud sur sa peau sensible, le faisant frissonner.
— Vous aimez ça ? Sa question fut un murmure contre sa peau, mais il en sentit les vibrations dans chaque terminaison nerveuse.
— Oui, haleta-t-il, les hanches bougeant en synchronisation avec son toucher. Plus.
Lívia rit doucement, le son vibrant contre lui avant que ses lèvres ne poursuivent leur chemin. Daniel ferma les yeux, ses doigts s’enroulant dans les draps lorsque le souffle chaud de Lívia se rapprocha, plus intense, plus humide. Et puis—
Le premier contact de sa langue fut une surprise. Délicat, presque hésitant, comme si elle testait ses limites. Mais lorsqu’il gémit, arqua les hanches malgré lui, elle n’hésita plus. Sa bouche l’enveloppa avec une voracité contrôlée, ses lèvres serrées, sa langue travaillant en mouvements circulaires qui lui firent voir des étoiles. Daniel essaya de se retenir, mais le plaisir était écrasant, chaque mouvement d’elle lui arrachant des sons gutturaux de la gorge.
— Putain…, murmura-t-il, ses mains maintenant enfouies dans ses cheveux, non pour la guider, mais pour s’ancrer à quelque chose.
Lívia gémit en réponse, le son vibrant contre lui, et le mouvement de sa bouche devint plus intense, plus urgent. Daniel sentit la chaleur s’accumuler à la base de sa colonne vertébrale, la pression grandissante, implacable, mais avant qu’il ne puisse atteindre le point de non-retour, elle s’arrêta. Elle recula juste assez pour qu’il sente l’air frais contre sa peau humide, ses lèvres encore brillantes.
— Pas encore, répéta-t-elle, sa voix rauque, ses yeux sombres fixés sur lui avec une intensité qui le fit frissonner.
Avant qu’il ne puisse protester, Lívia se leva, ses doigts glissant sur sa propre peau, laissant une traînée d’huile tandis qu’elle se positionnait au-dessus de lui. Daniel n’eut pas besoin d’instructions. Ses mains trouvèrent ses hanches, la guidant tandis qu’elle s’abaissait lentement, centimètre par centimètre, jusqu’à ce qu’ils soient complètement unis.
Le gémissement qui s’échappa des lèvres de Lívia fut presque animal. Elle rejeta la tête en arrière, ses cheveux tombant dans son dos, et Daniel ne put détourner les yeux—son cou exposé, ses seins bougeant à chaque respiration haletante, sa peau brillant sous la lumière des bougies. Il leva les mains, la touchant, explorant chaque courbe, chaque muscle qui se contractait sous ses doigts.
— Vous êtes magnifique, la phrase lui échappa sans qu’il s’en rende compte, mais Lívia ne répondit pas avec des mots. Au lieu de cela, elle se pencha en avant, capturant ses lèvres dans un baiser profond, affamé, tandis qu’elle commençait à bouger.
Le rythme fut lent au début, comme si elle savourait chaque sensation, chaque point de contact entre leurs corps. Daniel sentit chaque mouvement, chaque glissement, chaque pression, et le plaisir se répandit en lui comme un feu, consumant chaque pensée rationnelle. Ses mains trouvèrent les siennes à nouveau, entrelaçant leurs doigts tandis qu’elle accélérait, ses hanches bougeant en cercles qui le faisaient gémir contre sa bouche.
— Plus, demanda-t-il, la voix rauque, et Lívia obéit.
Elle se redressa, appuyant ses mains sur sa poitrine, et commença à bouger avec une intensité qui lui coupa le souffle. Daniel attrapa ses hanches, la guidant, sentant son corps se contracter autour du sien à chaque poussée. Le son de la peau contre la peau, humide et glissante, emplit la pièce, se mêlant aux gémissements et aux murmures qui s’échappaient de leurs lèvres.
— Comme ça…, murmura Lívia, les yeux mi-clos, les lèvres entrouvertes. Oui… comme ça…
Daniel ne put plus se retenir. Il se redressa, l’enveloppant de ses bras, la tirant plus près tandis qu’il inversait les positions, la plaçant sous lui. Lívia ne protesta pas. Au lieu de cela, elle enroula ses jambes autour de sa taille, le tirant plus profondément, plus vite, tandis que ses ongles s’enfonçaient dans son dos.
Le plaisir était écrasant, chaque mouvement synchronisé, comme si leurs corps étaient faits l’un pour l’autre. Daniel sentit la chaleur s’accumuler, la pression grandir, et sut qu’il ne tiendrait plus longtemps. Mais avant qu’il ne puisse atteindre le point de non-retour, Lívia l’attira pour un baiser, ses lèvres bougeant contre les siennes avec une urgence qui le fit frissonner.
— Ensemble, murmura-t-elle contre sa bouche, et il n’eut besoin de rien d’autre.
Avec un gémissement rauque, Daniel s’abandonna, sentant son corps se contracter autour du sien au même instant. Le plaisir explosa entre eux, intense, écrasant, et pendant un moment, le monde sembla disparaître. Il ne resta plus qu’eux deux, entrelacés, haletants, leurs corps tremblant encore des restes du climax.
Lívia se laissa tomber contre la table, ses bras l’enlaçant encore, et Daniel enfouit son visage dans son cou, respirant profondément, essayant de retrouver son souffle. L’odeur de l’huile et du sexe se mêlait à son parfum, et il sentit son corps entier se détendre, comme si chaque tension avait enfin été libérée.
Mais alors, Lívia bougea.
Ses doigts glissèrent le long de son dos, traçant des cercles paresseux, et lorsqu’il leva la tête, il croisa son regard—sombre, intense, plein d’une promesse qui fit battre son cœur plus vite.
— Nous n’avons pas encore terminé, murmura-t-elle, sa voix basse, mais chargée d’une certitude qui le fit frissonner.
Et avant qu’il ne puisse répondre, elle l’attira pour un baiser, lent et profond, comme si elle avait tout le temps du monde.
Le baiser se défit lentement, comme si tous deux savaient que ce moment ne pourrait durer éternellement. Les lèvres de Lívia gardaient encore la chaleur de l’abandon, le goût légèrement sucré de l’huile de massage mêlé à la saveur salée de la sueur. Daniel sentit la douceur de sa peau contre la sienne, ses doigts traçant encore des chemins paresseux sur son dos, comme si elle mémorisait chaque détail avant que la nuit ne s’achève.
— Vous devez y aller, murmura-t-elle, mais il n’y avait aucune urgence dans sa voix. Juste la constatation douce que l’horloge ne pardonnait pas, même pour des secrets aussi doux.
Il ne répondit pas immédiatement. Au lieu de cela, il fit glisser sa main le long de sa hanche, sentant la courbe ferme sous ses doigts, le contraste entre sa peau encore humide et le tissu rugueux de la serviette qui avait glissé au sol à un moment de la nuit. Lívia arqua légèrement le corps, un soupir s’échappant de ses lèvres entrouvertes, mais ne le repoussa pas. Elle attendit simplement.
— Je sais, dit-il enfin, la voix rauque. Mais il ne bougea pas.
Le silence entre eux n’était pas inconfortable. Il était dense, chargé de tout ce qui avait été dit et fait, de tout ce qui pourrait encore advenir. L’air était lourd de l’odeur du sexe et des bougies fondues, de la chaleur résiduelle des corps qui s’étaient donnés sans réserve. Daniel ferma les yeux un instant, sentant le poids de cette nuit s’installer en lui—non comme un fardeau, mais comme quelque chose de précieux, quelque chose qui n’appartenait qu’à cet espace et à ce moment.
Lorsqu’il les rouvrit, il croisa le regard de Lívia fixé sur lui. Il n’y avait ni regret ni honte. Juste une quiétude satisfaite, comme si elle savait déjà que ce ne serait pas la dernière fois.
— Vous allez revenir ? demanda-t-elle, et la question ne sonna pas comme une invitation, mais comme une certitude.
Daniel sourit, lentement, ses doigts jouant encore avec sa peau. — Vous voulez que je revienne ?
Lívia ne détourna pas les yeux. Elle se contenta de lever un sourcil, comme si la réponse était évidente. — Je ne pose pas cette question à tout le monde.
— Alors oui, dit-il, la voix basse. Je reviendrai.
Elle hocha la tête, comme si c’était la réponse qu’elle attendait. Puis, d’un mouvement fluide, elle s’écarta de lui, ramassant la serviette par terre et s’en enveloppant. Le geste était naturel, mais il y avait quelque chose de délibéré dans la manière dont ses doigts s’attardèrent sur le pli du tissu, comme si elle voulait lui rappeler que, derrière cette professionnalité, il y avait bien plus.
Daniel se leva, sentant enfin le poids de la fatigue l’atteindre—non pas la fatigue du corps, mais celle de l’âme, celle qui ne se dissipe que lorsqu’une nécessité est comblée. Il s’habilla lentement, chaque vêtement recouvrant à nouveau la peau que Lívia avait explorée avec tant d’intimité. Elle l’observa tout du long, ses yeux sombres suivant chacun de ses mouvements, comme si elle voulait graver dans sa mémoire l’image de lui ici, dans cet espace qui leur appartenait désormais à tous les deux.
Lorsqu’il eut terminé, il hésita un instant, ses mains planant encore sur les boutons de sa chemise. — Et vous ? demanda-t-il. Serez-vous là ?
Lívia sourit, un sourire lent et énigmatique. — Je suis toujours là.
Il ne demanda pas ce que cela signifiait. Il n’en avait pas besoin. Il y avait quelque chose de rassurant dans sa certitude, dans la manière dont elle semblait savoir exactement ce qu’elle voulait—et ce qu’il voulait aussi.
Il s’approcha d’elle, prenant son visage entre ses mains. Ses lèvres étaient douces, encore un peu gonflées des baisers, et il l’embrassa une dernière fois, lentement, comme s’il voulait emporter avec lui son goût. Lorsqu’il s’écarta, Lívia ne le lâcha pas tout de suite. Ses doigts s’enroulèrent dans le col de sa chemise, le tirant légèrement vers elle.
— Ne tardez pas, murmura-t-elle, sa voix un chuchotement contre sa peau.
Daniel hocha la tête, sentant le poids de cette promesse. Puis, d’un dernier regard, il se tourna et marcha vers la porte.
La salle de massage était exactement comme lorsqu’il était arrivé—éclairée seulement par les bougies, l’air chargé d’arômes qui portaient désormais l’écho de ce qui s’y était passé. Mais quelque chose avait changé. Ce n’était plus seulement un espace de soulagement, de détente. C’était désormais un lieu de secrets, de plaisirs partagés, de promesses chuchotées entre caresses et soupirs.
Il ouvrit la porte, sentant l’air frais de la nuit contraster avec la chaleur qui brûlait encore sur sa peau. Avant de sortir, il regarda une dernière fois derrière lui.
Lívia se tenait près de la table, la serviette encore enroulée autour de son corps, ses cheveux légèrement décoiffés tombant sur ses épaules. Elle ne dit rien. Elle leva simplement la main dans un geste presque imperceptible, comme pour dire : *Pars, mais reviens.*
Daniel sourit.
Et il sortit.
Le couloir était vide, silencieux. Les faibles lumières des appliques murales projetaient de longues ombres sur les murs, et le bruit de ses pas résonnait légèrement sur le sol de marbre. Il ajusta sa cravate, sentant le poids de cette nuit s’installer en lui—non comme quelque chose qui l’écrasait, mais comme quelque chose qui le complétait.
Lorsqu’il arriva à la réception, l’hôtesse de nuit leva les yeux de son livre. — Bonne nuit, monsieur, dit-elle avec un sourire professionnel.
— Bonne nuit, répondit-il, la voix ferme.
Elle ne posa pas de questions. Elle n’en avait pas besoin. La rougeur sur ses joues, l’éclat dans ses yeux, la manière dont les boutons de sa chemise étaient légèrement de travers—tout cela racontait une histoire. Mais c’était une histoire qui ne lui appartenait pas.
Daniel sortit dans la rue, l’air de la nuit rafraîchissant sa peau. Il respira profondément, sentant l’odeur de la pluie récente mêlée au parfum des fleurs des jardins voisins. Le taxi qu’il avait appelé l’attendait déjà, le chauffeur regardant son téléphone.
Il monta dans la voiture, s’adossant au siège. — Où allons-nous, monsieur ? demanda le chauffeur.
Daniel hésita un instant. Puis, il donna l’adresse de chez lui.
Alors que la voiture s’éloignait, il regarda en arrière, vers l’immeuble où se trouvait Lívia. Il ne pouvait pas voir la salle de massage d’ici, mais il savait qu’elle était encore là, peut-être en train de s’habiller, peut-être en train d’éteindre les bougies, peut-être déjà en train de penser à la prochaine nuit.
Et lui aussi y pensait.
Le taxi tourna au coin de la rue, et l’immeuble disparut de sa vue. Mais la sensation de sa peau contre la sienne, le son de ses soupirs, le goût de ses lèvres—rien de tout cela n’avait disparu.
Daniel sourit, fermant les yeux.
Ce ne serait pas la dernière fois. Et tous deux le savaient.