Liens Dénoués

Par Tonkix
Liens Dénoués
**Liens Dénoués** Le salon était plongé dans une pénombre chaleureuse, éclairé seulement par la lueur ambrée de l'abat-jour dans le coin et les flammes dansantes de la cheminée. Le feu crépitait doucement, projetant des ombres mouvantes sur les meubles en bois sombre et les étagères remplies de livres, témoins de tant d'années de conversations, de silences et de nuits comme celle-ci. Dehors, une fine pluie frappait contre les vitres, un rythme constant qui se mêlait au tic-tac de l'horloge murale, comme si le temps lui-même respirait entre eux. Clara était blottie sur le canapé en cuir, les pieds nus posés sur la table basse, ses longs doigts délicats enroulés autour d'un verre de vin rouge. Le liquide sombre reflétait la lumière, presque noir sous la faible clarté, et elle le faisait tourner lentement, observant les larmes du vin couler le long des parois du cristal. L'odeur de vanille et de cannelle flottait dans l'air, provenant des bougies qu'elle avait allumées plus tôt, une tentative pour chasser le poids de la routine qui les étouffait ces derniers mois. Le peignoir en soie noire glissait de ses épaules, révélant la courbe douce de sa clavicule et la dentelle noire du soutien-gorge en dessous, comme si elle flirtait avec l'idée de se déshabiller complètement. Rafael était debout près de la cheminée, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon en lin clair. La chemise blanche, légèrement ouverte au col, laissait entrevoir le contour des muscles de sa poitrine, encore définis malgré des années de bureau et de nuits blanches. Il observait Clara avec un regard qui oscillait entre la tendresse et quelque chose de plus sombre, quelque chose qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer. Il y avait une tension là, non pas de la colère, mais de la faim—une faim que ni l'un ni l'autre n'osait nommer à voix haute. — Tu crois qu'on se désire encore ? La question échappa aux lèvres de Clara avant qu'elle ne puisse la retenir. Le verre s'arrêta à mi-chemin de sa bouche, et elle sentit le poids du silence qui suivit, brisé seulement par le craquement d'une brindille dans la cheminée. Rafael se tourna lentement, ses yeux verts fixés sur elle. Il y avait quelque chose de prédateur dans la façon dont il la regardait, comme s'il évaluait chaque centimètre d'elle, chaque mot non dit. — Pourquoi tu demandes ça ? Sa voix était basse, rauque, comme si les mots devaient traverser une barrière de désir avant de parvenir jusqu'à elle. Clara but une gorgée de vin, sentant le liquide brûler légèrement sa gorge. Ce n'était pas seulement l'alcool. C'était la vérité nue et crue qu'elle ne parvenait pas à avaler. — Parce que ça fait des mois qu'on fait l'amour comme si c'était une corvée. Elle posa le verre sur la table avec un cliquetis doux. Comme si c'était une obligation, quelque chose à cocher sur l'agenda : *mercredi, 22h, sexe mécanique*. Ses doigts jouaient avec le bord du peignoir, le tirant légèrement pour couvrir ses genoux. Et j'ai la nostalgie du temps où on se regardait et où on savait que ce serait transpirant, désordonné, *nécessaire*. Rafael laissa échapper un rire sec, passant une main dans ses cheveux châtains, légèrement grisonnants aux tempes. Il s'approcha, s'asseyant au bord du canapé, assez près pour qu'elle sente la chaleur de son corps, mais sans la toucher. — Tu crois que ça ne me manque pas, à moi ? Il inclina la tête, ses yeux parcourant son corps comme s'il la déshabillait mentalement. Mais on n'est plus ces étudiants qui baisaient par terre dans la cuisine après une fête. On a des factures à payer, des réunions, des dîners avec des clients… Sa voix s'éteignit, comme s'il savait lui-même que ces excuses sonnaient creux. Clara tendit la main, ses doigts effleurant son genou. C'était un toucher léger, presque désinvolte, mais chargé d'intention. — Et si on *inventait* un moyen de redevenir ces étudiants ? Elle laissa la question en suspens, observant sa réaction. Juste pour une nuit. Juste pour se souvenir. Rafael retint son souffle. Elle vit sa pomme d'Adam bouger, avalant difficilement, et sut qu'elle avait visé juste. Il voulait. *Bien sûr qu'il voulait.* Mais quelque chose le retenait, quelque chose qui n'était pas seulement la fatigue. — Tu parles de quoi, Clara ? Sa voix était plus rauque qu'il ne l'avait voulu. Elle sourit, un sourire lent, dangereux. Elle fit glisser sa main le long de son genou, remontant le long de sa cuisse, sentant le muscle se contracter sous son toucher. — Je parle de *liberté*. Ses doigts s'arrêtèrent à quelques centimètres de son entrejambe, et elle sentit la chaleur qui en émanait, même à travers le tissu du pantalon. De ne pas avoir à se limiter aux étiquettes. De pouvoir *désirer* d'autres personnes… et de rentrer à la maison pour faire l'amour comme si c'était la première fois. Rafael ferma les yeux un instant, comme s'il tentait de contenir quelque chose en lui. Quand il les rouvrit, le vert était plus sombre, plus intense. — Tu y as déjà pensé avant ? La question sortit presque comme un murmure. Clara ne répondit pas immédiatement. Au lieu de cela, elle se pencha en avant, ses lèvres effleurant son oreille tandis qu'elle parlait : — J'en rêve. Sa respiration était chaude, humide. De nous voir coucher avec d'autres personnes… et de nous retrouver ici, sur ce canapé, avec le goût d'eux encore dans notre bouche. Rafael gémit doucement, un son qu'elle sentit vibrer dans sa poitrine. Ses mains trouvèrent sa taille, la tirant plus près, jusqu'à ce qu'elle soit presque sur ses genoux. Le peignoir s'ouvrit un peu plus, révélant la dentelle noire du soutien-gorge et la courbe de ses seins. — Tu es dangereuse, murmura-t-il, ses lèvres effleurant son cou. — Et tu adores ça. Clara arqua le dos, se pressant contre lui. Tu adores l'idée de me voir avec un autre homme. D'imaginer comment ce serait de me toucher après qu'il m'ait touchée. Rafael la repoussa brusquement contre le canapé, ses mains tenant ses poignets au-dessus de sa tête. Le feu de la cheminée se reflétait dans ses yeux, les rendant presque dorés. — Tu n'as aucune idée de ce que tu demandes. Sa voix était un grognement, mais il y avait de l'excitation là, crue et indéniable. Clara sourit, provocante. — Alors montre-moi. Pendant un long moment, ils ne firent que se regarder, l'air entre eux chargé d'électricité. Puis Rafael lâcha ses poignets et s'éloigna, respirant profondément. — Pas ce soir. Il passa une main sur son visage, comme s'il essayait de se ressaisir. J'ai besoin d'y réfléchir. J'ai besoin de *comprendre* ce que ça signifie. Clara n'insista pas. Elle savait qu'il avait raison. Ce n'était pas quelque chose à décider dans le feu de l'action. Mais elle savait aussi que la graine avait déjà été plantée. Et qu'elle germerait, tôt ou tard. Elle se leva, ajustant son peignoir, et se dirigea vers la fenêtre. La pluie avait cessé, laissant le monde dehors humide et brillant sous la lumière des réverbères. De l'autre côté de la rue, un bar élégant clignotait de ses néons, accueillant. — Demain soir, dit-elle sans se retourner. On sort. Juste tous les deux. Et là, on décidera. Rafael ne répondit pas. Mais quand Clara se retourna enfin, elle vit qu'il l'observait avec une expression mêlant désir, peur et une curiosité vorace. Et elle sut que, d'une manière ou d'une autre, les choses entre eux ne seraient plus jamais les mêmes. Le bar était l'un de ces endroits faits pour être découverts, pas annoncés. Un espace étroit entre de vieux immeubles du centre-ville, avec une façade discrète en bois sombre et une plaque de laiton poli où était inscrit simplement *« Nocturne »* en lettres cursives. À l'intérieur, l'air sentait le bourbon vieilli, le cuir souple et le parfum citronné des écorces d'orange qui brûlaient lentement dans un cendrier en cristal. Les lumières étaient basses, dorées, comme filtrées par une brume de désir, et le son du jazz live—un saxophone plaintif, un piano murmurant des notes éparses—comblait les silences entre les conversations. Clara entra la première, les talons fins de ses escarpins en satin frappant le sol de marbre noir. Elle avait choisi sa robe avec soin : un modèle moulant en soie couleur vin, qui épousait ses courbes comme une seconde peau et laissait ses épaules nues, révélant la ligne délicate de sa clavicule. Rafael la suivait à deux pas, les mains enfoncées dans les poches de sa veste, les yeux parcourant l'endroit avec un mélange d'appréhension et de fascination. Il ne dit rien, mais Clara sentait le poids de son regard dans son dos, comme s'il essayait de mémoriser chaque détail d'elle avant que quelque chose—ou quelqu'un—ne change tout. Ils s'installèrent dans un coin discret, près d'une table haute en acajou, où un chandelier à trois bougies projetait des ombres dansantes sur les verres en cristal. Rafael commanda un whisky pur, Clara un gin-tonic avec une tranche de concombre et une pincée de poivre rose. La première gorgée lui brûla la gorge d'une manière agréable, comme si elle réveillait quelque chose en elle qui dormait depuis trop longtemps. — Tu es magnifique, murmura Rafael en se penchant pour parler près de son oreille. Mais tu le savais déjà. Clara sourit, faisant tourner son verre entre ses doigts. — Toi non plus, tu n'es pas mal. Elle fit glisser le bout de son ongle sur le dos de sa main, un geste petit mais chargé de promesses. Mais je pense que ce soir, il ne s'agit pas de nous. Rafael laissa échapper un rire bas, mais ses yeux trahissaient sa tension. Il but la moitié de son whisky d'un trait, comme s'il avait besoin de ce courage liquide. — Tu veux vraiment ça ? — Vouloir est un mot fort, répondit-elle en regardant de l'autre côté du bar, où un homme en costume sombre parlait à une femme aux cheveux platine. Mais je suis curieuse. Et fatiguée de la routine. Rafael n'eut pas le temps de répondre. C'est à ce moment-là que Daniel apparut. Il ne s'approcha pas immédiatement. D'abord, ce ne fut qu'une présence à la périphérie du champ de vision de Clara—l'ombre d'un homme appuyé contre le comptoir, un verre de cognac à la main, les doigts longs et élégants faisant tourner la boisson avec une lenteur délibérée. Quand il se retourna enfin, ce fut comme si l'air du bar s'était épaissi. Daniel avait ce genre de beauté qui ne criait pas, mais chuchotait : une peau mate, des yeux verts légèrement en amande, une barbe naissante qui lui donnait l'air de quelqu'un qui venait de rentrer d'un long voyage. Le costume était impeccablement coupé, mais la cravate était desserrée, comme s'il se moquait des formalités. Il regarda Clara. Pas un regard anodin, mais une évaluation lente, prolongée, qui parcourut son corps comme une caresse invisible. Quand ses yeux rencontrèrent enfin les siens, il y avait en eux une lueur que Clara reconnut aussitôt : *la faim*. — Je peux ? Sa voix était grave, légèrement rauque, comme s'il avait passé la nuit précédente à hurler dans un concert de rock. Clara hésita à peine une seconde avant d'acquiescer. Rafael serra son verre plus fort, mais ne dit rien. Daniel tira un tabouret et s'assit à côté d'elle, pas trop près, mais assez pour que Clara sente la chaleur de son corps. Il ne demanda pas la permission de toucher, mais quand il tendit la main et effleura ses jointures contre son épaule nue, ce fut comme si un courant électrique parcourait sa peau. — Tu es ici seule ? demanda-t-il, bien qu'il sût que non. — Non, répondit Clara sans le quitter des yeux. Mais mon mari me regarde. Daniel ne se retourna pas pour regarder Rafael. Au lieu de cela, il sourit, un sourire lent et dangereux, et approcha sa bouche de son oreille. — Et il aime ce qu'il voit ? Clara sentit son souffle chaud contre sa peau, l'odeur de cognac et quelque chose de plus—quelque chose de boisé, de masculin. Elle ne répondit pas. Au lieu de cela, elle posa sa main sur son genou, sous la table, et serra légèrement. Rafael, de l'autre côté, vit tout. Il vit la façon dont les doigts de Clara disparurent sous la nappe en lin, vit l'expression de Daniel se fermer une seconde avant de s'ouvrir en quelque chose entre la surprise et le plaisir. Il sentit le sang battre à ses tempes, son cœur cogner si fort qu'il couvrait presque la musique. Une partie de lui voulait se lever, tirer Clara par le bras et la ramener à la maison. Une autre partie—une partie qu'il ne savait même pas exister—voulait rester là, à regarder. — Tu es toujours aussi directe ? demanda Daniel, la voix basse, presque un murmure. — Seulement quand ça en vaut la peine, répondit-elle en retirant sa main lentement, laissant ses doigts glisser le long de sa cuisse avant de revenir à son propre verre. Daniel rit, un son profond et vibrant, et regarda enfin Rafael. Ce ne fut pas un regard de défi, mais de complicité—comme s'il disait : *je sais ce que tu ressens, et je ne te jugerai pas pour ça*. Rafael soutint son regard, mais ne sourit pas. Il leva simplement son verre en un toast silencieux, avant de boire le reste de son whisky d'un trait. — Vous avez un accord ? demanda Daniel en se tournant à nouveau vers Clara. — Pas encore, dit-elle en faisant tourner les glaçons dans son verre. Mais on y travaille. Daniel acquiesça, comme s'il comprenait exactement ce que cela signifiait. Puis, sans prévenir, il se pencha et embrassa son épaule. Ce fut un baiser rapide, presque chaste, mais Clara sentit sa langue effleurer sa peau une fraction de seconde, et cela suffit à faire frissonner tout son corps. — Je m'appelle Daniel, dit-il, comme si son nom était une offrande. — Clara. — Clara, répéta-t-il, comme s'il goûtait le son dans sa bouche. J'aime ton prénom. Il te va bien. Rafael se trémoussa sur sa chaise, mal à l'aise. Ce n'était pas de la jalousie—du moins, pas seulement. C'était quelque chose de plus complexe : de l'excitation, oui, mais aussi de la peur. Peur de perdre le contrôle, peur que Clara aime ça plus que lui, peur qu'au final, il ne soit qu'un spectateur de sa propre vie. — Vous voulez que je m'en aille ? demanda Daniel, comme s'il avait lu dans ses pensées. — Non, répondit Clara avant que Rafael ne puisse dire quoi que ce soit. Mais peut-être qu'on a besoin d'un peu de temps. Daniel sourit, comprenant l'allusion. Il se leva, lissant les revers de sa veste, et tendit la main à Clara. Elle hésita une seconde avant de l'accepter, le laissant l'aider à descendre du tabouret. Leurs corps se frôlèrent un instant, et Clara sentit son odeur—bois de santal, sueur propre, quelque chose d'animal et de sauvage. — Ce fut un plaisir, dit-il en portant sa main à ses lèvres. Le baiser fut long, ses lèvres chaudes contre sa peau. — Le plaisir était pour moi, répondit Clara, la voix légèrement rauque. Daniel lança un dernier regard à Rafael avant de s'éloigner, se fondant dans la foule du bar. Clara le regarda partir, ses hanches se balançant doucement au rythme de la musique, jusqu'à ce qu'il disparaisse par la porte. Quand elle se retourna vers Rafael, elle le trouva les yeux sombres, la respiration un peu accélérée. — Alors ? demanda-t-elle en s'approchant jusqu'à ce que leurs corps se frôlent presque. Tu veux toujours y réfléchir ? Rafael ne répondit pas. Au lieu de cela, il prit son visage entre ses mains et l'embrassa avec une urgence qui les surprit tous les deux. Ce fut un baiser désespéré, comme s'il essayait de marquer son territoire, mais aussi comme s'il faisait ses adieux à quelque chose. Quand ils se séparèrent, Clara était essoufflée. — Demain, murmura-t-elle. On décidera demain. Rafael acquiesça, mais ses yeux étaient déjà tournés vers la porte par laquelle Daniel était sorti. Et Clara sut, à ce moment-là, que la décision était déjà prise. La suite de l'hôtel *La Royale* sentait le cuir vieilli et le jasmin, un parfum qui s'enroulait autour des murs en acajou comme une promesse. Clara entra la première, ses talons s'enfonçant dans l'épaisse moquette, les mains encore humides de nervosité. L'ascenseur avait été un flou de miroirs et de regards furtifs, Daniel derrière elle, son souffle chaud dans sa nuque, ses doigts effleurant légèrement la courbe de son dos quand les portes s'étaient refermées. Elle avait senti le poids de ce contact comme une marque, quelque chose qui brûlait même à travers le tissu de sa robe. — Tu es magnifique, murmura-t-il, la voix basse, presque un grognement. Mais je le savais déjà. Clara sourit, se retournant lentement. Daniel était appuyé contre le mur opposé, les mains dans les poches, les yeux sombres la parcourant avec une lenteur délibérée. Le costume gris clair tombait parfaitement sur ses larges épaules, mais la cravate était déjà desserrée, comme s'il avait commencé à se déshabiller avant même d'arriver là. Elle remarqua ce détail et mordit sa lèvre inférieure, sentant la chaleur monter le long de ses cuisses. — Tu parles comme si tu m'avais déjà vue avant, le provoqua-t-elle en jetant son sac sur la table basse en marbre. — Je t'ai *vue*. Au bar. Cette nuit où tu dansais seule, comme si personne d'autre n'existait. Il fit un pas en avant, réduisant la distance entre eux. Et maintenant, je te vois à nouveau. Clara rit, un son léger, mais son corps trahissait son excitation. Ses tétons étaient déjà durs sous le soutien-gorge en dentelle, et elle savait que Daniel le remarquait, car ses yeux descendirent une fraction de seconde avant de revenir aux siens. — Et quoi d'autre as-tu vu ? demanda-t-elle, provocante. Il ne répondit pas avec des mots. Au lieu de cela, il tendit la main, ses doigts effleurant le collier de perles qu'elle portait—un cadeau de Rafael, des années plus tôt. Daniel le tint entre son index et son pouce, le tirant légèrement, comme s'il testait sa résistance. — Que tu aimes être touchée, dit-il, la voix rauque. Mais pas n'importe comment. Clara retint son souffle quand il lâcha le collier et fit glisser sa main vers sa nuque, ses doigts s'enroulant dans ses cheveux détachés. Le contact était ferme, possessif, mais pas brutal. Il inclina sa tête en arrière, exposant sa gorge, et avant qu'elle ne puisse réagir, sa bouche était là, chaude, humide, suçant la peau sensible juste sous son oreille. — *Comme ça*, murmura-t-il contre sa peau. Ou comme ça. La langue de Daniel traça un chemin lent jusqu'à sa clavicule, et Clara gémit, ses mains trouvant ses épaules par instinct. La robe, un modèle moulant en soie noire, semblait soudain trop serrée, étouffante. Elle voulait l'arracher, voulait sentir sa peau contre la sienne, mais quelque chose la retint—une hésitation, un dernier vestige de contrôle. — Attends, murmura-t-elle en le repoussant légèrement. Daniel recula, ses yeux sombres brillant d'un mélange d'amusement et d'impatience. — Peur ? — Non. Clara avala difficilement. Juste… je veux te voir d'abord. Il arqua un sourcil, mais ne protesta pas. Au lieu de cela, il porta les mains à sa cravate et la retira d'un coup, la laissant tomber au sol. Puis ce furent les boutons de sa chemise, un à un, révélant une poitrine définie, légèrement bronzée, avec une fine ligne de poils sombres descendant jusqu'à la ceinture de son pantalon. Clara suivit le mouvement des yeux, la bouche sèche. — Ça te plaît ? demanda-t-il, la voix basse, presque un ronronnement. Elle ne répondit pas. Elle s'approcha, ses mains tremblantes touchant sa poitrine, sentant la chaleur de sa peau, les muscles tendus sous le bout de ses doigts. Daniel ne bougea pas, la laissant explorer, mais quand elle atteignit la boucle de sa ceinture, il attrapa son poignet. — Pas si vite. Avant qu'elle ne puisse protester, il la fit pivoter, la pressant contre le mur. Le corps de Daniel était une paroi chaude et solide derrière elle, et Clara sentit le volume dur de son érection contre ses fesses, même à travers leurs vêtements. Il écarta ses cheveux sur le côté et embrassa sa nuque, ses dents effleurant légèrement la peau sensible. — Tu aimes être provoquée, murmura-t-il, ses mains descendant le long de ses bras jusqu'à trouver ses seins. Tu aimes sentir que tu peux perdre le contrôle à tout moment. Clara arqua le dos, poussant ses hanches en arrière, cherchant plus de contact. Daniel rit, un son bas et satisfait, et serra ses seins dans ses mains, ses pouces tournant autour de ses tétons jusqu'à ce qu'elle gémisse. — S'il te plaît, supplia-t-elle, la voix brisée. — S'il te plaît *quoi* ? — *Ça*. Il n'eut pas besoin de plus d'encouragement. D'un mouvement rapide, il tira la fermeture éclair de sa robe, la laissant tomber à ses pieds. Clara ne portait plus que sa lingerie noire, ses bas de soie retenus par une jarretière, ses escarpins toujours aux pieds. Daniel la fit se retourner pour lui faire face, ses yeux affamés parcourant chaque courbe. — *Putain*, murmura-t-il. Clara sourit, satisfaite, et tendit la main vers le bouton de son pantalon. Cette fois, Daniel ne l'arrêta pas. Elle le déshabilla lentement, savourant chaque centimètre de peau révélée, jusqu'à ce qu'il soit nu devant elle, son érection épaisse et palpitante, pointant vers elle comme une accusation. — À toi, dit-il, la voix rauque. Clara n'hésita pas. Elle déboutonna son soutien-gorge, laissant ses seins libres, puis fit glisser sa culotte le long de ses jambes, la repoussant d'un coup de pied. Daniel la tira contre lui, ses grandes mains enserrant sa taille, et la souleva avec facilité, la portant jusqu'au lit. Elle tomba sur les draps en coton égyptien, son corps s'ouvrant à lui comme une fleur. Daniel ne s'allongea pas immédiatement. Il resta debout près du lit, la regardant, ses doigts traçant un chemin lent de sa cuisse à son genou, puis remontant, plus près du centre palpitant entre ses jambes. — Tu es mouillée, constata-t-il, la voix chargée de satisfaction. Clara mordit sa lèvre, acquiesçant. Il s'agenou sur le lit, ses mains posées sur ses cuisses, les écartant encore plus. Quand sa bouche trouva son sexe, Clara arqua le dos, un gémissement s'échappant de ses lèvres. — *Daniel*, gémit-elle, ses mains agrippant les draps. Il ne répondit pas. Sa langue était implacable, explorant chaque pli, chaque point sensible, jusqu'à ce que Clara se tortille, ses jambes tremblant. Quand il s'arrêta enfin, elle était haletante, les yeux vitreux de désir. — Je te veux en moi, demanda-t-elle, la voix rauque. Daniel sourit, lent et dangereux, et se positionna entre ses jambes. Mais au lieu de la pénétrer d'un coup, il frotta le gland de son sexe contre son entrée, la provoquant, la testant. — Comme ça ? demanda-t-il, malicieux. Clara gémit, frustrée, et souleva ses hanches, essayant de le forcer à entrer. Daniel rit et recula, la laissant vide. — Ou comme ça ? Cette fois, il la pénétra d'un doigt, puis de deux, l'étirant lentement, tandis que sa bouche trouvait un téton, le suçant avec force. Clara cria, ses ongles s'enfonçant dans son dos. — *Maintenant*, supplia-t-elle. Daniel ne résista plus. D'un mouvement rapide, il s'enfonça en elle jusqu'au bout, la faisant crier à nouveau. Le plaisir était presque douloureux, si intense que Clara sentit ses yeux piquer. Il commença à bouger, lentement au début, puis plus vite, ses hanches cognant contre les siennes avec une urgence croissante. — Tu es *parfaite*, grogna-t-il, la voix rauque de désir. Clara ne répondit pas. Elle ne pouvait pas. Son corps était en feu, chaque coup de reins la rapprochant du bord. Quand elle jouit, ce fut avec un cri étouffé contre son épaule, ses ongles marquant sa peau. Daniel ne s'arrêta pas. Il continua à bouger, poursuivant son propre plaisir, jusqu'à ce qu'il gémisse enfin, s'enfonçant profondément et se déversant en elle. Pendant un long moment, ils restèrent immobiles, haletants, leurs corps en sueur collés l'un à l'autre. Clara sentait le cœur de Daniel battre contre le sien, rapide, désordonné. Il embrassa son épaule, puis son cou, puis ses lèvres, un baiser lent et profond qui la fit gémir à nouveau. — Tu en veux encore ? murmura-t-il, la voix pleine de promesses. Clara sourit, ses doigts traçant des cercles paresseux sur son dos. — Toujours. Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, Rafael était assis sur le canapé du salon, un verre de whisky intact à la main. La maison était trop silencieuse, l'écho de ses propres pensées assourdissant. Il avait essayé de regarder un film, puis de lire un livre, mais les mots dansaient sur la page sans aucun sens. Tout ce à quoi il pouvait penser, c'était Clara, à ce moment précis, avec *lui*. La jalousie était une chose vivante, rampant sous sa peau, mais il y avait quelque chose de plus—une curiosité morbide, une excitation malsaine. Il se demanda comment ce serait. Si Clara gémissait, si elle demandait plus, si elle regardait un autre homme de la façon dont elle le regardait *lui*. Rafael ferma les yeux et passa une main sur son visage, essayant de chasser les images. Mais elles revenaient, insistantes. Clara nue, Clara en sueur, Clara les lèvres entrouvertes dans un gémissement. Il serra le verre avec force, ses jointures blanchissant. Puis son téléphone vibra. Un message. *Sofia : « Tu es encore réveillé ? »* Il regarda l'écran un long moment avant de répondre. *Rafael : « Oui. »* La réponse arriva presque instantanément. *Sofia : « Tu veux de la compagnie ? »* Rafael hésita. Mais seulement une seconde. *Rafael : « Oui. »* Et quand il éteignit son téléphone, il sut qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible. L'ascenseur monta en silence, les numéros des étages clignotant comme des étoiles lointaines. Rafael sentait le poids de son téléphone dans sa poche, chaud contre sa cuisse, comme si le message de Sofia y brûlait encore. La porte s'ouvrit avec un *ding* doux, et il sortit dans le couloir recouvert de moquette, ses pas étouffés par le tissu épais. La chambre 1204 se trouvait au bout du couloir, une porte noire avec une poignée dorée, discrète et élégante. Il frappa deux fois, le son résonnant dans le vide de l'hôtel. La porte s'ouvrit presque immédiatement. Sofia était là, enveloppée dans un peignoir de soie rouge qui couvrait à peine ses cuisses. Le tissu brillait sous la lumière jaunâtre de l'abat-jour, mettant en valeur le contour de ses seins, le décolleté profond révélant la courbe douce de ses tétons. Elle sourit, lentement, comme si elle savait exactement l'effet qu'elle produisait. — Tu as mis le temps, dit-elle, la voix basse, presque un murmure. Je commençais à penser que tu avais changé d'avis. Rafael entra, les yeux rivés sur elle. La chambre était petite mais luxueuse : un lit king-size avec des draps en coton égyptien, un miroir au plafond, une bouteille de champagne dans un seau à glace sur la table de chevet. L'air sentait la vanille et quelque chose de plus, quelque chose de doux et légèrement métallique, comme des phéromones. — Je ne change pas d'avis, répondit-il, la voix rauque. Sofia ferma la porte derrière lui et tourna la clé dans la serrure avec un clic sec. Puis, sans se presser, elle se dirigea vers le lit, ses hanches se balançant d'une manière qui fit avaler Rafael difficilement. Elle s'assit sur le bord, croisa les jambes et l'observa, ses yeux sombres brillant d'une intensité qu'il ne parvenait pas à déchiffrer. — Tu es nerveux, constata-t-elle en inclinant la tête. C'est mignon. — Je ne suis pas nerveux. — Menteur. Elle rit, un son musical, et tendit la main. Viens ici. Rafael hésita une seconde. Le poids de son alliance à son doigt lui semblait plus lourd que jamais. Mais il s'approcha, s'assit à côté d'elle, et le parfum de Sofia l'enveloppa—floral, avec une touche d'épices, comme du jasmin et de la cardamome. Elle prit son menton entre ses doigts, tournant son visage pour qu'il la regarde. — Tu n'as jamais fait ça avant, n'est-ce pas ? — Non. — Mais tu veux le faire. Il ne répondit pas. Il n'en avait pas besoin. Sofia sourit, satisfaite, et fit glisser sa main le long de sa poitrine, s'arrêtant sur son cœur. Il battait vite, désordonné. — Détends-toi, murmura-t-elle, ses lèvres presque contre les siennes. Je ne mords pas. À moins que tu ne demandes. Avant que Rafael ne puisse réagir, elle l'embrassa. Ce ne fut pas un baiser doux, de reconnaissance. Ce fut vorace, exigeant, sa langue envahissant sa bouche avec une confiance qui le laissa sans souffle. Il sentit le goût du vin qu'elle avait bu, doux et acide, et quelque chose de plus, quelque chose qu'il ne parvenait pas à nommer—peut-être le goût de la transgression. Les mains de Sofia glissèrent vers le bas, déboutonnant sa chemise avec des mouvements précis. Quand ses doigts touchèrent sa peau, il frissonna. Elle rit contre ses lèvres. — Appétissant, murmura-t-elle. Je le savais. Rafael ferma les yeux un instant, essayant de se concentrer sur les sensations : la chaleur de son corps contre le sien, la soie du peignoir effleurant sa peau exposée, le son de leurs respirations accélérées emplissant le silence de la chambre. Mais alors, comme un fantôme, l'image de Clara s'imposa à son esprit—Clara avec *lui*, Clara gémissant, Clara s'abandonnant à un autre homme. Il s'écarta brusquement, la poitrine haletante. — Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Sofia, les yeux mi-clos. — Rien. — Ne me mens pas. Elle prit son visage entre ses deux mains, le forçant à la regarder. Si tu veux arrêter, on arrête. Mais ne fais pas semblant de ne pas être ici. Rafael respira profondément. Elle avait raison. Il était là. Et, aussi corrosive que fût la culpabilité, il y avait quelque chose de plus fort—quelque chose qui le poussait à continuer, même si cela faisait mal. — J'ai juste… besoin d'une minute. Sofia acquiesça et se leva, se dirigeant vers la table de chevet. Elle prit la bouteille de champagne, remplit deux verres et revint vers lui. Elle lui en tendit un, ses doigts effleurant les siens. — Bois. Ça aide. Il prit une gorgée. Le liquide glacé descendit dans sa gorge, laissant une traînée de picotements. Sofia l'observa tandis qu'il buvait, les yeux fixés sur ses lèvres. — Mieux ? — Un peu. — Bien. Elle s'approcha à nouveau, cette fois plus lentement, comme si elle savait qu'il avait besoin de temps. Parce que je ne vais pas te laisser t'échapper. Cette fois, quand elle l'embrassa, Rafael ne s'écarta pas. Il la laissa explorer son corps avec ses mains, ses doigts glisser sur son ventre, la soie du peignoir s'ouvrir, révélant la peau nue en dessous. Sofia était expérimentée, elle savait exactement comment toucher, comment provoquer, comment faire réagir son corps même quand son esprit résistait. Elle le poussa sur le lit, s'asseyant à califourchon sur lui, ses genoux de chaque côté de ses hanches. Rafael sentit son poids, la chaleur entre ses jambes, et gémit doucement. Sofia sourit, satisfaite, et commença à défaire sa propre tenue, laissant tomber le peignoir peu à peu, révélant un corps sculpté, des seins fermes, des tétons déjà durs. — Tu aimes ce que tu vois ? demanda-t-elle, la voix rauque. Rafael ne répondit pas. Au lieu de cela, il attrapa ses hanches et la tira plus près, sentant le frottement de la soie contre son érection. Sofia rit, un son bas et guttural, et se pencha pour l'embrasser à nouveau, cette fois avec plus d'urgence. — Tu es plus coquin que tu n'en as l'air, murmura-t-elle contre ses lèvres. — Et toi, tu es plus… intense. — C'est un compliment ? — C'est une constatation. Sofia rit et se leva, le laissant allongé sur le lit. Elle se dirigea vers la table de chevet et ouvrit un tiroir, en sortant un flacon d'huile parfumée. Rafael l'observa, le cœur battant, tandis qu'elle revenait vers le lit, les yeux brillants de promesses. — Tourne-toi, ordonna-t-elle. Il obéit, sentant le matelas s'affaisser quand elle s'agenou derrière lui. Ses mains touchèrent son dos, étalant l'huile tiède sur sa peau. L'odeur d'amandes et de vanille se répandit dans la chambre, se mêlant à l'arôme du sexe qui commençait déjà à flotter dans l'air. Sofia massa ses épaules, ses doigts appuyant sur des points qu'il ne savait même pas tendus. Rafael ferma les yeux, se laissant emporter par la sensation. Mais alors, ses mains glissèrent vers le bas, contournant sa taille, descendant jusqu'au bord de son pantalon. — Tu es beau, murmura-t-elle, ses lèvres effleurant son oreille. Je savais que tu serais comme ça. Rafael ne répondit pas. Il ne pouvait pas. Ses mains étaient magiques, faisant réagir son corps de manières qu'il ne savait pas possibles. Quand elle le toucha enfin, il arqua le dos, un gémissement s'échappant de ses lèvres. — Comme ça, murmura-t-elle en accélérant le rythme. Laisse-moi te voir. Il s'abandonna, la laissant le guider, le mener au bord du précipice. Et quand il y arriva, ce fut avec le nom de Clara sur les lèvres—même s'il ne l'avait pas prononcé à voix haute. Sofia ne sembla pas s'en soucier. Elle se contenta de sourire, satisfaite, et s'allongea à côté de lui, le tirant plus près. — Tu as été meilleur que je ne l'espérais, dit-elle en passant ses doigts sur sa poitrine en sueur. Rafael ne répondit pas. Il était encore essoufflé, son corps tremblant légèrement. Il regarda le plafond, le miroir qui reflétait leurs deux corps entrelacés, et sentit un mélange de honte et d'excitation. — Tu vas me dire à quoi tu pensais ? demanda Sofia en jouant avec les poils de sa poitrine. — Non. — D'accord. Elle se blottit contre lui, la tête posée sur son épaule. Mais je sais. Rafael ferma les yeux. Elle avait raison. Et il savait aussi que, d'une manière ou d'une autre, cela changerait tout. Quand il se leva enfin pour partir, des heures plus tard, le ciel commençait déjà à s'éclaircir. Sofia l'observa depuis le lit, le drap enroulé autour de son corps, un sourire paresseux aux lèvres. — Tu vas revenir ? demanda-t-elle. Rafael enfila sa chemise, sentant son odeur imprégnée dans le tissu. — Je ne sais pas. — J'espère que oui. Il ne répondit pas. Il sortit simplement de la chambre, laissant derrière lui l'écho d'une nuit sans retour possible. Dans le taxi, en route vers la maison, il regarda son téléphone. Un message de Clara clignotait à l'écran. *« J'arrive demain. Il faut qu'on parle. »* Rafael soupira et rangea son téléphone dans sa poche. Oui, ils devaient parler. Mais il n'avait aucune idée de ce qu'il allait dire. L'appartement était plongé dans un silence épais quand Rafael arriva. La lumière du matin filtrait à travers les rideaux entrouverts, dessinant des bandes dorées sur le parquet, comme si le soleil hésitait à envahir cet espace chargé de mots non dits. Il retira ses chaussures dans l'entrée, le bruit du cuir contre le sol résonnant trop fort, et posa ses clés sur le comptoir de la cuisine. L'odeur du café frais flottait encore dans l'air, mêlée au parfum citronné que Clara utilisait habituellement—quelque chose qui lui semblait maintenant étrangement lointain, comme s'il appartenait à une autre vie. Elle était sur le balcon, enveloppée dans un peignoir en soie bleu marine qu'il ne reconnut pas, ses cheveux encore humides tombant en vagues lâches sur ses épaules. Le vent du matin jouait avec les pointes, les soulevant en petits tourbillons. Rafael s'arrêta devant la porte vitrée, l'observant un instant. Clara regardait la ville, ses doigts enroulés autour de sa tasse de café, l'expression indéchiffrable. Quand elle le vit enfin, elle ne sourit pas. Elle inclina simplement la tête, comme si elle l'invitait à entrer sur un territoire inconnu. — Tu es rentré tôt, dit-elle, la voix basse, rauque. — La circulation était fluide. Un mensonge. Il s'était arrêté dans une boulangerie sur le chemin, avait acheté des petits pains qui brûlaient maintenant dans un sac en papier sur la table de la cuisine, intacts. Il ne savait pas si elle aurait faim. Il ne savait même pas s'il avait faim, lui. Clara but une gorgée de café et posa sa tasse sur la table en fer du balcon. Le bruit du verre contre le métal résonna comme un signal. Rafael s'approcha et tira une chaise. Le tissu de son peignoir effleura son bras quand il s'assit, et il sentit la chaleur de sa peau à travers la soie fine. Une chaleur qui n'était pas seulement due à la douche. — Tu as l'air différent, murmura-t-elle, ses yeux parcourant son visage, comme si elle cherchait des marques. — Toi aussi. C'était vrai. Il y avait quelque chose dans ses lèvres, une courbe plus définie, comme si elles avaient été embrassées avec plus de force que d'habitude. Et dans ses yeux—cette ombre de quelque chose de sauvage, quelque chose qu'il reconnaissait parce qu'il le portait aussi en lui maintenant. — J'ai couché avec lui, dit Clara sans détour. Deux fois. Rafael ne bougea pas. Il respira profondément, sentant l'air entrer dans ses poumons comme pour la première fois. Ce n'était pas une surprise. Ce n'était même pas de la jalousie. C'était quelque chose de plus complexe, un mélange de soulagement et d'excitation, comme s'il pouvait enfin nommer ce qu'il ressentait. — Moi aussi, avoua-t-il. Avec une femme qui s'appelle Sofia. Clara haussa un sourcil, un sourire presque imperceptible aux lèvres. — Sofia ? — Elle est… expérimentée. — Et comment c'était ? La question flottait entre eux, chargée d'une curiosité qui allait au-delà de la simple information. C'était une invitation. Rafael regarda ses mains, posées sur la table, ses doigts longs et élégants, ses ongles courts. Il se souvint de la façon dont ces doigts avaient exploré le corps d'un autre homme, et sentit le sang battre plus fort. — C'était intense, dit-il, la voix plus grave. Elle m'a montré des choses que je ne savais pas vouloir. Clara se pencha en avant, le peignoir s'entrouvant légèrement au niveau des cuisses. Rafael vit l'ombre entre elles, le contour doux de sa peau, et détourna les yeux une seconde, comme si c'était trop. — Comme quoi ? demanda-t-elle, la voix presque un murmure. — Comme… Il hésita, mais la vérité était déjà là, palpitant entre eux. Comme être touché d'une manière dont je ne savais pas avoir besoin. Comme ne pas avoir à demander. Comme sentir que mon corps n'était plus seulement le mien, mais aussi le sien, pendant quelques heures. Clara mordit sa lèvre inférieure, ses dents blanches s'enfonçant dans la chair rosée. Rafael sentit son propre corps réagir, le souvenir du toucher de Sofia se mêlant à sa présence à elle, si proche. — J'ai eu envie de toi, avoua-t-elle soudain. Au milieu de tout. Quand il était en moi, j'ai fermé les yeux et j'ai pensé à toi en train de me regarder. Rafael avala difficilement. L'image était si vivace qu'il pouvait presque en sentir le goût. — Moi aussi, avoua-t-il. Quand elle m'a sucé, j'ai imaginé que c'étaient tes mains. Que c'était toi qui me regardais de cette façon que toi seule sais faire. L'air entre eux devint plus dense, chargé d'électricité. Clara se leva lentement, le peignoir s'ouvrant un peu plus, révélant la courbe de ses seins, les tétons déjà durs sous la soie. Elle contourna la table et s'arrêta devant lui, ses genoux frôlant presque les siens. — Je veux tout te raconter, dit-elle, la voix rauque. Chaque détail. Mais d'abord, j'ai besoin que tu m'embrasses. Rafael n'hésita pas. Il se leva et prit son visage entre ses mains, ses pouces caressant ses pommettes. Le premier contact de leurs lèvres fut doux, presque timide, comme s'ils se retrouvaient après des années. Mais alors Clara gémit contre sa bouche, ses doigts s'enroulant dans ses cheveux, le tirant plus près, et le baiser se transforma en quelque chose de vorace, désespéré. Il la poussa contre le mur du balcon, le peignoir s'ouvrant complètement, révélant son corps nu en dessous. Rafael parcourut chaque centimètre d'elle avec ses mains, comme s'il voulait mémoriser à nouveau la texture de sa peau, le contour de ses courbes, l'humidité entre ses jambes. Clara arqua le dos, ses seins s'offrant à lui, et Rafael baissa la tête, capturant un téton entre ses lèvres, le suçant avec force. — Putain, gémit-elle, ses ongles s'enfonçant dans ses épaules. J'avais envie de toi en moi. Rafael la souleva, ses jambes s'enroulant autour de sa taille, et la porta à l'intérieur de l'appartement. Le canapé était là, accueillant, mais il l'emmena dans la chambre, la jetant sur le lit d'un mouvement brusque. Clara rit, un son bas et guttural, tandis qu'il enlevait sa chemise, les yeux fixés sur les siens. — Tu vas tout me raconter, ordonna-t-il, la voix rauque. Chaque détail. Comment il t'a touchée. Comment tu as joui. Clara s'appuya sur ses coudes, ses seins se balançant légèrement au rythme de sa respiration accélérée. — D'abord, toi, dit-elle, les yeux brillants. Je veux savoir comment elle t'a fait jouir. Rafael enleva le reste de ses vêtements, son sexe déjà dur, palpitant. Il s'agenou sur le lit, tirant Clara vers lui, la guidant pour qu'elle s'assoie sur lui. La sensation de sa peau contre la sienne était presque insupportable. — Elle m'a sucé jusqu'à ce que je ne tienne plus, dit-il, ses lèvres effleurant son oreille. Et puis elle m'a chevauché lentement, comme si elle voulait me torturer. Clara gémit, ses hanches commençant à bouger en cercles lents, son sexe glissant contre le sien. — Et tu as joui ? demanda-t-elle, la voix tremblante. — Non, avoua Rafael, ses mains tenant fermement ses hanches. J'ai retenu. Je voulais que ce soit avec toi. Clara s'arrêta de bouger un instant, les yeux écarquillés, la respiration suspendue. Puis, avec un gémissement, elle s'abaissa, le prenant entièrement en elle. Rafael gémit, ses doigts s'enfonçant dans sa chair, sentant chaque contraction, chaque mouvement. — Raconte-moi le reste, demanda-t-il, la voix brisée. Raconte-moi comment c'était avec lui. Clara commença à bouger, lentement au début, puis plus vite, ses seins se balançant à chaque coup de reins. Elle ferma les yeux un instant, comme si elle revivait la scène. — Il m'a plaquée contre le mur, dit-elle, la voix entrecoupée. Ses mains étaient plus grandes que les tiennes. Plus rugueuses. Il m'a soulevée comme si je ne pesais rien. Rafael sentit une vague de jalousie mêlée à l'excitation, et poussa ses hanches vers le haut, s'enfonçant encore plus profondément. — Et tu as aimé ? — Oui, avoua-t-elle, les yeux s'ouvrant pour rencontrer les siens. Mais pas autant que j'aime ça maintenant. Rafael la retourna soudain, la mettant à quatre pattes sur le lit, le dos arqué, les fesses en l'air. Il la pénétra par derrière, avec force, et Clara cria, ses ongles griffant les draps. — Comme ça ? demanda-t-il, la voix rauque. C'est comme ça qu'il t'a baisée ? — Non, gémit-elle. C'était plus… lent. Plus prudent. Rafael ralentit le rythme, ses mouvements devenant plus profonds, plus délibérés. Il se pencha sur elle, mordillant son lobe d'oreille. — Et tu as joui comme ça ? — Non, avoua-t-elle, la voix tremblante. J'ai joui quand il m'a retournée et m'a embrassée. Quand il m'a regardée dans les yeux et m'a dit que j'étais belle. Rafael sentit quelque chose se briser en lui. Il tira ses cheveux, la forçant à le regarder. — Tu es belle, dit-il, la voix chargée d'émotion. Et je veux que tu jouisses maintenant. Je veux te sentir serrer mon sexe pendant que je te remplis. Clara gémit, ses hanches bougeant en synchronisation avec les siennes, chaque coup de reins plus profond, plus intense. Rafael sentit l'orgasme approcher, une pression chaude à la base de sa colonne vertébrale, et accéléra le rythme, ses testicules frappant contre elle. — Jouis pour moi, ordonna-t-il. Maintenant. Clara cria, son corps entier se contractant, ses muscles internes le serrant avec force. Rafael ne put plus se retenir. Avec un grognement rauque, il s'enfonça jusqu'au bout, jouissant en elle, le plaisir si intense qu'il en fut presque aveuglé. Pendant un long moment, on n'entendit que le son de leurs respirations haletantes, leurs corps tremblant légèrement. Puis Clara s'effondra sur le lit, l'attirant contre elle. Rafael s'allongea à ses côtés, leurs corps encore connectés, la peau humide de sueur. — On va refaire ça ? demanda-t-elle après un moment. Rafael ne répondit pas immédiatement. Il regarda le plafond, sentant le poids de la question. Ce n'était pas seulement une question de sexe. C'était une question de confiance. De limites. De jusqu'où ils étaient prêts à aller. — Je ne sais pas, avoua-t-il enfin. Mais je pense qu'on doit parler de ce que ça signifie. Pour nous. Clara se tourna vers lui, les yeux sérieux. — Je ne veux pas te perdre, dit-elle. Mais je ne veux pas non plus revenir à ce qu'on était avant. Rafael prit son visage entre ses mains, son pouce caressant sa joue. — Moi non plus. Ils restèrent silencieux un moment, leurs corps se calmant, leurs pensées s'organisant. Puis Clara se leva, ramassant le peignoir par terre et l'enroulant autour de son corps. — On va prendre le petit-déjeuner, dit-elle. Et parler. Pour de vrai. Rafael acquiesça, enfilant son pantalon. Mais tandis qu'il suivait Clara jusqu'à la cuisine, une question persistait dans son esprit, insistante : *Qu'est-ce qu'ils étaient précisément en train de redéfinir ?* La cuisine était baignée par la lumière dorée du matin, l'odeur du café frais se mêlant au parfum citronné du détergent que Clara avait utilisé pour laver les tasses. Elle se déplaçait avec une sérénité que Rafael n'avait pas vue depuis des semaines—ses hanches se balançant légèrement sous le peignoir de soie, ses cheveux encore ébouriffés de la nuit précédente. Il l'observait depuis la porte, ses doigts tambourinant sur le chambranle, son corps vibrant encore au souvenir du toucher de Sofia, de la bouche de Clara, de la confusion des sensations qui l'avait traversé comme un courant électrique. — Tu vas rester planté là ou tu viens m'aider ? demanda-t-elle sans se retourner, tout en prenant la cafetière en porcelaine. Rafael sourit, malgré tout. C'était typique d'elle : transformer même la conversation la plus difficile en quelque chose de domestique, presque banal. Il s'approcha, prenant deux tasses dans le placard, ses doigts frôlant les siens une seconde de plus que nécessaire. Le contact envoya un frisson le long de l'échine de Clara, qui mordit sa lèvre inférieure avant de servir le café. — Noir, sans sucre, dit-il, comme s'il s'agissait d'un rituel. — Comme si je pouvais oublier. Ils s'assirent à la table de la cuisine, la même où, des mois plus tôt, ils discutaient de factures et d'engagements sociaux, où Clara laissait des notes avec des listes de courses et où Rafael griffonnait des idées pour des projets de travail. Maintenant, l'air entre eux était chargé de quelque chose de nouveau, quelque chose qui n'avait pas encore de nom, mais qui palpitait comme un troisième corps dans la pièce. — Alors, dit Clara en faisant tourner sa tasse entre ses mains, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Rafael respira profondément. Les paroles de Sofia résonnaient encore dans son esprit : *« Tu n'as pas à choisir entre le désir et l'amour. Il suffit de choisir d'être honnête. »* Il tendit la main sur la table, couvrant la sienne. — On établit des règles, dit-il, la voix ferme, mais ses yeux trahissant une vulnérabilité qui fit serrer les doigts de Clara autour des siens. Des règles qui fonctionnent pour nous deux. Elle leva un sourcil, un sourire lent se dessinant sur ses lèvres. — Comme un contrat ? — Comme un accord, corrigea-t-il. Entre deux personnes qui s'aiment, mais qui veulent aussi… plus. Clara laissa échapper un rire bas, se penchant en avant. Le peignoir s'entrouvrit légèrement, révélant la courbe de ses seins, et Rafael sentit le sang s'accélérer. Ce n'était pas seulement une question de sexe. C'était la manière dont elle le regardait maintenant—comme s'il était un territoire inconnu, quelque chose à explorer, mais pas à conquérir. — D'accord, dit-elle, la voix rauque. Allons-y. Première règle : pas de mensonges. Ni d'omissions. Si l'un de nous couche avec quelqu'un, l'autre doit le savoir. Pas nécessairement avant, mais peu après. Rafael acquiesça. L'idée de connaître les détails de la nuit de Clara avec Daniel l'excitait et l'effrayait à parts égales. — D'accord. Mais à une condition : pas de noms, à moins qu'on ne le demande. Je ne veux pas savoir qui c'est, seulement… ce qu'on a ressenti. Clara mordit sa lèvre, imaginant Daniel la plaquant contre le mur de l'hôtel, ses mains sur ses hanches, sa bouche chaude dans son cou. Elle savait que Rafael faisait de même—se souvenant de Sofia, de la manière dont elle l'avait guidé, de la sensation d'être désiré par quelqu'un qui n'attendait rien d'autre que le plaisir immédiat. — Deuxième règle, continua-t-elle, la voix plus basse maintenant, presque un murmure. On doit continuer à coucher ensemble. Beaucoup. Peu importe avec combien de personnes on s'implique, ce lit ici—elle désigna la chambre d'un mouvement de tête—est sacré. Rafael sentit son sexe durcir sous son pantalon. Il se souvint de la nuit précédente, de la manière dont Clara l'avait chevauché avec une fureur qu'il n'avait pas vue depuis des années, comme si elle voulait marquer son territoire, comme si elle avait besoin de lui rappeler que, au final, c'était elle qu'il choisissait. Il se pencha, assez près pour sentir son souffle, doux et chaud. — Et si je veux te raconter chaque détail de ce que j'ai fait avec Sofia ? murmura-t-il. Si je veux décrire comment elle m'a sucé, comment j'ai joui dans sa bouche, comment elle a ri quand je lui ai dit que je n'avais jamais fait ça avant ? Clara frissonna, ses tétons durcissant sous le peignoir. Elle savait qu'il testait les limites, mais elle savait aussi que c'était exactement ce qu'elle voulait—être défiée, provoquée, forcée à admettre que l'idée l'excitait. — Alors je te raconterai comment Daniel m'a prise par derrière, répondit-elle, la voix ferme, mais les yeux assombris par le désir. Comment il m'a tenue par les cheveux et m'a fait jouir deux fois avant de jouir en moi. Rafael gémit, bas, et tira Clara sur ses genoux. Elle ne résista pas, s'asseyant sur lui, le peignoir s'ouvrant complètement. Il prit ses hanches entre ses mains, ses doigts s'enfonçant dans sa chair douce, et l'embrassa avec une faim qui n'était pas seulement physique. C'était une faim de possession, de réaffirmation, de prouver que, même avec d'autres corps, ils étaient encore l'un à l'autre. — Troisième règle, dit-il entre les baisers, sa bouche descendant le long de son cou. Pas de jalousie hors de propos. Si l'un de nous sent qu'on dépasse les limites, on en parle. Mais on ne peut pas transformer ça en compétition. Clara arqua le dos, offrant ses seins à lui. Rafael ne perdit pas de temps—il prit un téton entre ses dents, le mordillant jusqu'à ce qu'elle gémisse, ses ongles griffant son dos. — Quatrième règle, haleta-t-elle. On doit continuer à se désirer. Peu importe ce qui se passe dehors, quand on est ensemble, ça doit être… intense. Rafael sourit contre sa peau, sa main glissant entre ses jambes. Clara était déjà trempée, son clitoris gonflé, palpitant sous ses doigts. — Ça ne sera pas un problème, murmura-t-il avant d'enfoncer deux doigts en elle. Clara gémit fort, ses hanches bougeant en un rythme désespéré. Elle s'agrippa à ses épaules, ses ongles laissant des marques rouges, et l'embrassa avec une urgence qui fit perdre le souffle à Rafael. Il la baisa avec ses doigts là, dans la cuisine, le café oublié, le monde extérieur réduit à néant, hormis le son de leurs corps qui s'entrechoquaient, des gémissements étouffés, du plaisir grandissant comme une vague prête à déferler. — Cinquième règle, dit Rafael, la voix rauque, ses doigts toujours en elle. On doit jouir ensemble au moins une fois par semaine. Juste nous deux. Sans distractions. Sans penser à personne d'autre. Clara rit, un son haletant et délicieux, et mordit sa lèvre inférieure. — Ce n'est pas une règle, c'est un cadeau. Elle se leva brusquement, le tirant par la main. Rafael la suivit, les yeux rivés sur le balancement de ses hanches tandis qu'ils se dirigeaient vers la chambre. Le lit était encore défait, les draps sentant le sexe et la sueur, le souvenir de la nuit précédente flottant dans l'air comme une invitation. Clara s'allongea, ouvrant les jambes pour lui, ses doigts jouant déjà avec son propre clitoris. — Viens, ordonna-t-elle. Montre-moi comment tu veux que ce soit. Rafael n'eut pas besoin de plus d'encouragement. Il enleva son pantalon d'un mouvement rapide, son sexe dur, palpitant, et se positionna entre ses cuisses. Mais au lieu d'entrer d'un coup, il prit son sexe et le frotta contre sa vulve, mouillant son gland avec ses fluides, la provoquant. — Putain, Rafael, gémit Clara, ses hanches se soulevant, essayant de le forcer à entrer. — Patience, murmura-t-il en souriant. On a toute la journée. Il se pencha, l'embrassant lentement, sa langue explorant sa bouche tandis que sa main droite continuait à jouer avec son clitoris. Clara se tordait sous lui, ses gémissements devenant plus forts, plus désespérés. Quand il la pénétra enfin, ce fut avec une lenteur agonisante, chaque centimètre une torture délicieuse. — Comme ça, murmura-t-elle, ses ongles s'enfonçant dans son dos. Comme ça, très lentement… Rafael obéit, bougeant en un rythme lent et profond, leurs hanches se rencontrant dans un va-et-vient qui faisait voir des étoiles à Clara. Il l'observait, hypnotisé par la manière dont elle s'abandonnait—les lèvres entrouvertes, les yeux mi-clos, le corps arqué comme une offrande. — Je t'aime, dit-il, la voix brisée, et Clara sut que ce n'était pas qu'une phrase. C'était une promesse. — Je t'aime aussi, répondit-elle en le tirant plus près, leurs corps se fondant en un seul. Ils jouirent ensemble, comme ils l'avaient convenu, leurs corps tremblant, leurs gémissements se mêlant dans l'air. Rafael jouit en elle avec un grognement rauque, ses doigts enfouis dans ses cheveux, tandis que Clara se contractait autour de lui, le serrant jusqu'à la dernière goutte de plaisir. Quand ils se séparèrent enfin, leurs corps encore tremblants, Clara se blottit contre lui, la tête sur la poitrine de Rafael. — Alors, murmura-t-elle après un moment, la voix ensommeillée. On va vraiment faire ça ? Rafael embrassa le sommet de sa tête, sentant l'odeur de ses cheveux, le poids chaud de son corps contre le sien. — Je pense qu'on le fait déjà. Clara sourit, fermant les yeux. Ce n'était pas une fin. C'était un commencement—un nouveau type d'amour, plus libre, plus honnête, plus intense que tout ce qu'ils avaient connu auparavant. Et, pour la première fois depuis longtemps, elle n'avait pas peur. Elle ne ressentait qu'une excitation délicieuse pour ce qui allait venir.

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