Flammèches de Minuit
Par Tonkix

**Flammèches de Minuit**
La salle de réception du Grand Hôtel Aurora respirait l'opulence, un décor de marbre noir et de cristaux qui reflétaient la lumière dorée des lustres comme des étoiles tombées du ciel. L'air était chargé du parfum sucré des roses blanches disposées en arrangements monumentaux, mêlé à l'arôme subtil du champagne et du cuir italien des chaussures glissant sur le sol poli. Lucas ajusta son nœud papillon—noir, comme le reste de sa tenue—et observe l'environnement avec le regard calculateur de celui qui conçoit des espaces, mais aussi avec la discrétion de celui qui préfère passer inaperçu.
Il n'était pas homme de fêtes. Il préférait le silence des croquis, la solitude des chantiers, la compagnie des chiffres qui s'alignaient parfaitement dans ses maquettes. Mais cette nuit était différente : l'événement célébrait l'inauguration d'un nouveau complexe architectural en bord de mer, un projet à lui, et décliner l'invitation aurait été comme nier son propre travail. Alors il était là, parmi des sourires forcés et des poignées de main fermes, essayant d'ignorer la sensation que chaque regard posé sur lui était un jugement.
C'est alors qu'il la vit.
Clara traversait la salle comme si l'espace avait été dessiné pour elle—et peut-être l'avait-il été. La robe rouge, moulante comme une seconde peau, épousait les courbes de son corps avec la précision d'un croquis parfait, le tissu brillant sous les lumières comme s'il était en feu. Ses cheveux sombres, lâchés en vagues rebelles, ondulaient à chaque pas, et le rouge à lèvres de la même couleur que la robe semblait une invitation écrite sur sa bouche. Elle portait un appareil photo professionnel en bandoulière, mais ce n'était pas l'appareil qui attirait l'attention, c'était la manière dont ses yeux—verts, intenses—balayaient l'environnement avec une curiosité vorace, comme si elle chassait quelque chose.
Ou quelqu'un.
Lucas sentit le poids de ce regard avant même de se retourner. Quand il le fit, il la trouva arrêtée à quelques mètres, les lèvres entrouvertes en un sourire qui ne lui était pas exactement destiné, mais qui le frappa comme un coup de poing dans la poitrine. Elle leva l'appareil, ajusta la mise au point, et le flash l'aveugla une seconde—assez longtemps pour qu'il comprenne que ce n'était pas une photo ordinaire. C'était un défi.
— Architecture ou architecte ? — Sa voix était rauque, comme si elle avait passé la nuit précédente à crier lors d'un concert de rock, mais elle portait une douceur qui contrastait avec l'audace du ton.
Lucas cligna des yeux, encore ébloui par l'éclair. — Les deux, je suppose.
Clara baissa l'appareil, le laissant pendre entre ses seins, et fit un pas en avant. Le talon aiguille—fin comme une lame, mortel—s'enfonça dans le tapis persan avec un son étouffé. — Alors c'est toi le responsable de ce monstre de verre et d'acier en bord de mer ? — Elle inclina la tête, les yeux brillants d'une ironie qu'il ne sut déchiffrer. — J'ai entendu dire qu'il était froid. Calculateur.
— Et toi, tu es la journaliste qui va écrire là-dessus ?
— Peut-être. — Elle tendit la main, les doigts longs aux ongles vernis d'un rouge foncé. — Clara Viana. Et toi, tu es… ?
— Lucas. — Il prit sa main, et le contact fut comme une décharge électrique. Sa peau était chaude, presque fiévreuse, et un instant, il se demanda si elle avait ressenti la même chose. — Lucas Almeida.
— *Almeida*… — Elle répéta le nom de famille comme si elle dégustait un vin cher. — Ça sonne comme des traditions anciennes. Mais tu ne sembles pas du genre à aimer les traditions.
— Et de quel genre je semble être ?
Clara sourit, lentement et délibérément, comme si elle savait que cette question était un piège. — Le genre qui aime enfreindre les règles. — Elle s'approcha encore, assez pour qu'il sente la chaleur de son corps à travers le tissu fin de la robe. — Ou peut-être que je me trompe ?
Lucas ne répondit pas. Il n'en avait pas besoin. L'air entre eux était déjà chargé de quelque chose de plus que des mots, une tension qui vibrait comme les cordes d'un violon sur le point d'être joué. Il observa la manière dont ses lèvres bougeaient quand elle parlait, la façon dont sa langue passait rapidement sur sa lèvre inférieure, comme si elle savourait son propre désir. Puis, sans prévenir, elle s'éloigna, laissant derrière elle un sillage de parfum—quelque chose de citronné, avec une touche de vanille et quelque chose de plus sombre, comme de l'ambre.
— Je vais prendre un verre — annonça-t-elle, comme si leur conversation n'avait pas embrasé l'atmosphère. — Tu viens ?
Lucas hésita. Il savait qu'il devrait garder ses distances. Il savait que Clara n'était pas le genre de femme qui se contentait d'une nuit. Mais quand elle le regarda par-dessus son épaule, les yeux verts brillant d'une promesse malicieuse, il sut qu'il était déjà perdu.
— Bien sûr — répondit-il, et il la suivit jusqu'au bar, où le champagne glacé et les mots chuchotés ne seraient qu'un début.
Le bar de l'hôtel était l'un de ces espaces conçus pour séduire : une lumière ambrée filtrée par des globes de verre dépoli, des fauteuils en cuir souple qui s'enfonçaient sous le poids des corps détendus, le tintement cristallin des verres mêlé au murmure des conversations. Clara se glissa sur l'un des tabourets hauts, les longues jambes croisées avec une naturel qui fit retenir son souffle à Lucas. La robe noire, ajustée à la taille et évasée sur les cuisses, remonta de quelques centimètres quand elle s'installa, révélant une peau dorée par la lumière douce. Il s'assit à côté, assez près pour sentir la chaleur qui émanait d'elle, mais sans envahir son espace—pour l'instant.
— Du champagne ? — demanda-t-elle en levant une coupe déjà pleine vers lui. Le liquide doré brillait sous la lumière, les bulles dansant comme de petits feux d'artifice.
— Seulement si tu promets de ne pas en renverser sur moi — répondit Lucas en acceptant la coupe. Leurs doigts se frôlèrent une seconde, et il sentit le choc électrique de cette peau contre la sienne.
Clara rit, un son bas et rauque qui vibra dans sa poitrine. — Et si je veux ?
Il porta la coupe à ses lèvres, sans quitter ses yeux des siens. Le champagne était glacé, mais le goût était trop sucré, presque écœurant. Ou peut-être était-ce simplement sa présence, la manière dont son regard vert se fixait sur le sien, comme si elle lisait chaque pensée interdite qui traversait son esprit.
— Tu es dangereuse — murmura-t-il en se penchant légèrement en avant. Son parfum l'enveloppa à nouveau, citronné et chaud, avec cette touche d'ambre qui semblait faite pour coller à la peau.
— Et tu aimes ça — rétorqua-t-elle en passant sa langue sur sa lèvre inférieure. Un geste lent, délibéré. — Sinon, tu ne serais pas ici.
Lucas ne nia pas. Il ne pouvait pas. La vérité était que, depuis le moment où il l'avait vue de l'autre côté de la salle, quelque chose en lui s'était tordu, une faim qui n'avait rien à voir avec la nourriture. Il observa la manière dont elle tenait sa coupe, les doigts longs et élégants, les ongles vernis d'un rouge foncé qui s'accordait avec son rouge à lèvres. Quand elle porta le verre à sa bouche, il suivit le mouvement, imaginant ce que ce serait de sentir ces lèvres ailleurs.
— Que fait une journaliste à une fête d'architectes ? — demanda-t-il, essayant de détourner le cours de ses propres pensées. — À part me provoquer, bien sûr.
Clara sourit, inclinant la tête. — Je couvre l'événement. Mais je dois avouer que je m'intéresse davantage aux histoires qui se déroulent *hors* du scénario. — Elle se rapprocha, sa voix baissant jusqu'à un murmure. — Comme la tienne, par exemple.
— La mienne n'est pas si intéressante.
— Menteur. — Elle toucha son genou du bout des doigts, un contact léger, presque anodin, mais qui fit se tendre le corps de Lucas. — Tu es ici seul. Aucune accompagnatrice. Aucun collègue collé à ton bras. Juste toi, un costume qui a coûté plus cher que mon loyer, et cette manière de faire *très, très* discrètement semblant de ne pas me regarder.
Il rit, surpris. — Tu es observatrice.
— C'est mon travail. — Elle fit glisser sa main le long de son genou, remontant de quelques centimètres sur sa cuisse. — Et mon hobby.
Lucas retint son souffle. Sa paume était chaude, même à travers le tissu de son pantalon. Il aurait pu s'arrêter là, écarter sa main d'un geste poli, maintenir la distance qui le définissait toujours. Mais alors Clara se pencha davantage, ses lèvres frôlant presque son oreille quand elle parla :
— Dis-moi une chose, architecte… tu suis toujours les règles ? Ou parfois, tu aimes les enfreindre ?
La question resta suspendue entre eux, chargée d'insinuations. Lucas sentit son sang pulser plus vite, la chaleur se répandre dans son corps. Il tourna le visage, rencontrant ses yeux à quelques centimètres des siens. Le vert de ses iris semblait plus sombre maintenant, presque noir, comme si la pupille avait englouti la couleur.
— Ça dépend — répondit-il, la voix rauque. — Qui propose de les enfreindre ?
Clara sourit, un sourire lent et dangereux. — Moi. — Elle écarta sa main de sa cuisse, mais seulement pour prendre sa coupe de champagne et en boire une longue gorgée. Quand elle parla à nouveau, sa voix était plus basse, plus intime. — Et tu vas accepter.
Ce n'était pas une question.
Lucas ne répondit pas. Au lieu de cela, il tendit la main et toucha son poignet, ses doigts glissant sur la peau douce jusqu'à trouver l'endroit où son pouls s'accélérait sous la surface. Clara ne bougea pas. Elle se contenta de l'observer, les lèvres entrouvertes, la respiration légèrement irrégulière.
— Tu es très sûre de toi — murmura-t-il.
— Et toi, tu es très doué pour faire semblant de ne pas être affecté. — Elle inclina la tête, les yeux brillants de défi. — Mais j'ai vu la manière dont tu m'as regardée quand je suis entrée. Comme si tu voulais me déshabiller là, devant tout le monde.
Un muscle se contracta dans la mâchoire de Lucas. Il ne nia pas. Il ne pouvait pas. La vérité était que, depuis la première seconde, il avait imaginé exactement cela—Clara contre un mur, la robe déchirée, les jambes enroulées autour de sa taille. Il serra son poignet, pas fort, mais assez pour qu'elle sente la pression de ses doigts.
— Attention — prévint-il, la voix basse. — Ou je vais commencer à penser que tu veux la même chose.
Clara ne se laissa pas intimider. Au lieu de cela, elle rit doucement et se rapprocha encore, jusqu'à ce que ses lèvres frôlent presque les siennes. Son souffle sentait le champagne et quelque chose de plus doux, comme du miel.
— Et si c'est le cas ?
L'air entre eux devint dense, chargé d'électricité. Lucas sentit tout son corps réagir, la peau picotant, le désir s'enroulant à la base de sa colonne vertébrale. Il aurait pu l'embrasser là, au bar, devant tout le monde. Il aurait pu tirer ce corps contre le sien et laisser ses mains explorer chaque courbe, chaque centimètre de peau exposée. Mais quelque chose le retint—peut-être un reste de prudence, peut-être le plaisir de prolonger le jeu.
Au lieu de cela, il lâcha son poignet et se renversa contre le tabouret, un sourire lent s'étalant sur son visage.
— Alors tu vas devoir me convaincre.
Clara arqua un sourcil, clairement surprise. Mais le défi sembla seulement l'exciter davantage. Elle s'éloigna, recroisant les jambes, la robe glissant un peu plus sur sa cuisse. Elle prit sa coupe et but une autre gorgée, ses yeux ne quittant jamais les siens.
— D'accord — dit-elle, la voix douce. — Mais ne dis pas que je ne t'avais pas prévenu.
Lucas sentit tout son corps se tendre. Il y avait quelque chose dans ces mots, dans la manière dont elle les avait prononcés, qui lui fit imaginer toutes les possibilités—Clara à genoux devant lui, Clara gémissant son nom, Clara le tirant dans un coin sombre et ne le laissant pas partir avant qu'ils ne soient tous deux épuisés.
— J'y compte bien — répondit-il, la voix basse.
Pendant un instant, ils se contentèrent de se regarder, le silence entre eux chargé de promesses. Puis Clara glissa du tabouret, le mouvement fluide, élégant. Elle lissa sa robe de ses mains, comme si elle se préparait à quelque chose.
— Faisons un tour — suggéra-t-elle en tendant la main. — La terrasse a une vue magnifique.
Lucas regarda sa main, puis son visage. Ses lèvres étaient encore humides du champagne, légèrement entrouvertes. Il savait que, s'il acceptait, il n'y aurait pas de retour en arrière. Mais depuis quand avait-il désiré quelque chose qu'il ne pouvait pas avoir ?
Il prit sa main, sentant la douceur de sa peau, la fermeté de sa prise.
— Allons-y.
La main de Clara était chaude, presque fiévreuse, comme si le désir qui brûlait entre eux s'était déjà infiltré dans sa peau. Lucas sentit la chaleur monter le long de son bras, un contraste délicieux avec la légère brise qui les accueillit dès qu'ils quittèrent la salle principale. Le couloir de l'hôtel était un tunnel de lumière dorée et d'ombres douces, le murmure étouffé de la fête s'estompant à mesure qu'ils approchaient des portes vitrées menant à la terrasse.
— Tu es déjà venu ici ? — demanda Clara, la voix basse, comme si elle ne voulait pas briser le sortilège qui les enveloppait.
— Non — admit-il, ses doigts serrant légèrement les siens. — Mais j'ai le sentiment que je me souviendrai de cette nuit pendant très longtemps.
Elle rit, un son léger et musical, et l'entraîna dehors d'un mouvement décidé. L'air nocturne les enveloppa immédiatement, frais et chargé du parfum du jasmin et du béton réchauffé par le soleil de la journée. La ville s'étendait devant eux, une mer de lumières clignotantes qui se perdait à l'horizon, comme des étoiles tombées prisonnières de la terre. La terrasse était vaste, avec des canapés en osier disposés en petits groupes, mais Clara ne s'y arrêta pas. Elle le guida jusqu'au bord, où la balustrade en fer forgé dessinait des arabesques contre le ciel sombre.
— Regarde — murmura-t-elle en se penchant légèrement en avant, les coudes appuyés sur le métal froid. — On peut voir la rivière d'ici.
Lucas s'approcha, son épaule frôlant la sienne, et suivit son doigt pointé vers une bande argentée serpentant entre les bâtiments. L'eau reflétait les lumières du pont, tremblotant comme du mercure liquide. Il respira profondément, sentant le poids de la nuit dans sa poitrine, le poids d'elle à ses côtés.
— C'est beau — dit-il, mais il ne regardait pas la rivière.
Clara tourna son visage vers lui, les lèvres entrouvertes, les yeux brillants sous la lumière ambrée des réverbères. Il y avait quelque chose de prédateur dans son regard, quelque chose qui faisait battre le sang de Lucas plus vite. Elle ne dit rien. Elle leva simplement la main et toucha son visage, ses doigts glissant le long de sa mâchoire, puis sur sa lèvre inférieure, comme si elle mémorisait la texture.
— Tu es si silencieux — murmura-t-elle. — Mais tes yeux… ils disent tout.
Il retint son souffle quand elle se rapprocha encore, son corps presque collé au sien. La robe, un tissu sombre qui semblait absorber la lumière, frôlait les jambes de Lucas, et il pouvait sentir la chaleur qui émanait d'elle, comme si elle était sur le point de s'enflammer.
— Que disent-ils ? — demanda-t-il, la voix rauque.
Clara sourit, un sourire lent, dangereux.
— Qu tu veux m'embrasser.
Ce n'était pas une question. C'était une constatation, et la manière dont elle le dit, avec tant de certitude, fit céder quelque chose en lui. Lucas attrapa sa nuque d'une main, ses doigts s'enroulant dans les mèches soyeuses de ses cheveux, et l'attira contre lui. Les lèvres de Clara s'entrouvrirent dans un soupir quand il l'embrassa, et le goût du champagne et de quelque chose de plus doux, quelque chose qui n'appartenait qu'à elle, explosa dans sa bouche.
Elle répondit avec la même faim, ses mains agrippant les revers de sa veste, le tirant plus près, comme si elle voulait fusionner leurs corps. Le baiser était profond, humide, les dents s'entrechoquant légèrement, les langues s'enroulant dans une danse qui fit s'enrouler le désir à la base de la colonne vertébrale de Lucas. Il la poussa contre la balustrade, le métal froid pressant son dos, et Clara gémit contre sa bouche, un son qui vibra directement dans son sexe.
— Putain — grogna-t-il en s'écartant juste assez pour respirer. — Tu vas me tuer.
Elle rit, essoufflée, les lèvres gonflées, les yeux mi-clos.
— Pas encore — murmura-t-elle en passant sa langue sur sa lèvre inférieure. — Mais je pense à toutes les manières de te couper le souffle.
Lucas ne put s'en empêcher. Il l'embrassa à nouveau, plus urgent cette fois, ses mains descendant le long de son corps, sentant les courbes sous la robe. Clara arqua le dos, pressant ses seins contre sa poitrine, et il gémit quand il sentit les tétons durs à travers le tissu fin. Sa main glissa entre eux, trouvant le renflement dans son pantalon, et serra légèrement, arrachant un soupir rauque de sa gorge.
— Quelqu'un pourrait nous voir — murmura-t-il, mais ne fit aucun mouvement pour s'éloigner.
— Et alors ? — répondit-elle, ses doigts travaillant sur la fermeture éclair de son pantalon avec une dextérité qui le fit durcir encore plus. — Depuis quand est-ce que ça t'importe ?
Il s'en moquait. Pas maintenant. Pas quand elle le touchait de cette manière, pas quand son parfum l'enveloppait, pas quand toute la ville semblait avoir disparu, ne laissant qu'eux deux, la chaleur, le désir.
Mais alors un bruit de pas résonna sur la terrasse, et Clara se figea, sa main toujours dans son pantalon. Lucas regarda par-dessus son épaule et vit une silhouette s'approcher, une femme avec un long manteau qui semblait chercher quelque chose. Clara laissa échapper un rire bas, malicieux, et tira sa main.
— Viens — murmura-t-elle en l'entraînant loin du bord. — Je connais un endroit mieux.
Il la suivit sans hésiter, ses doigts entrelacés aux siens tandis qu'elle le guidait par un chemin étroit entre les plantes ornementales, où la lumière des réverbères atteignait à peine. Le coin était caché, protégé par un muret bas en pierre et un enchevêtrement de plantes grimpantes qui formaient un rideau naturel. Clara le poussa contre le mur, ses lèvres retrouvant les siennes, et cette fois, il n'y avait plus rien que l'urgence, le besoin brut qui les consumait.
Les mains de Lucas glissèrent vers le bas, attrapant ses cuisses et la soulevant, l'ajustant entre ses jambes. Clara gémit quand il la pressa contre le mur, la robe remontant jusqu'à la taille, révélant la peau douce de ses jambes. Elle enroula ses hanches autour des siennes, et Lucas sentit la chaleur d'elle même à travers le tissu de son pantalon.
— Putain, Clara — grogna-t-il en mordillant sa lèvre inférieure. — Tu n'as aucune idée de ce que tu me fais.
— Si, j'en ai une — répondit-elle, la voix haletante, tandis que ses mains exploraient son corps, serrant, caressant. — Parce que c'est exactement la même chose que tu me fais.
Il n'en pouvait plus. Il avait besoin de la sentir, besoin de l'entendre gémir, besoin de savoir si elle était aussi perdue que lui. D'un mouvement rapide, il la retourna, la pressant contre le mur, ses mains tenant ses poignets au-dessus de sa tête. Clara arqua le dos, la robe remontant encore plus, et il ne résista pas. Il glissa sa main sous le tissu, trouvant la dentelle de sa culotte, déjà humide.
— Lucas… — gémit-elle, son nom une supplication.
Il ne répondit pas avec des mots. Il écarta simplement la dentelle et glissa un doigt en elle, sentant la chaleur étroite et humide. Clara laissa échapper un cri étouffé, ses hanches se mouvant contre sa main, en cherchant plus. Lucas ajouta un autre doigt, les courbant lentement, tandis que sa bouche trouvait son cou, mordillant, léchant, sentant son pouls s'accélérer sous sa peau.
— Tu es si bonne — murmura-t-il contre sa peau, ses doigts travaillant à un rythme lent, torturant. — Si mouillée.
Clara gémit, ses ongles s'enfonçant dans ses poignets, son corps tremblant.
— N'arrête pas — supplia-t-elle, la voix brisée. — S'il te plaît, n'arrête pas.
Il n'arrêta pas. Il accéléra le rythme, sentant son corps se resserrer autour de ses doigts, ses muscles se contractant par vagues. Quand elle jouit, ce fut avec un cri étouffé, ses jambes tremblant. Lucas ne retira pas ses doigts, prolongeant son plaisir, sentant chaque spasme, chaque tremblement.
Quand elle se détendit enfin, il la lâcha, mais seulement pour descendre la fermeture éclair de son pantalon, libérant son sexe dur, palpitant. Clara le regarda, les yeux sombres de désir, et mordit sa lèvre.
— Maintenant — murmura-t-elle en le tirant plus près.
Lucas n'eut pas besoin de plus d'encouragement. Il la souleva à nouveau, ses mains tenant ses cuisses, et la pénétra d'un mouvement unique, profond. Clara gémit, ses bras enroulant son cou, ses jambes serrant sa taille. Il la maintint contre le mur, ses hanches bougeant en coups de reins courts et brutaux, sentant chaque centimètre d'elle autour de son sexe.
— Putain — grogna-t-il, son front contre le sien. — Tu es si serrée.
Clara répondit par un gémissement, ses lèvres trouvant les siennes dans un baiser désespéré. Ses mains glissèrent vers le bas, attrapant ses fesses, le tirant plus profondément, plus fort. Lucas obéit, accélérant le rythme, sentant le plaisir s'enrouler à la base de sa colonne vertébrale, la pression grandissant, grandissant…
— Jouis avec moi — demanda-t-elle, la voix rauque, les dents mordant sa lèvre. — Maintenant.
Il ne put résister. D'un dernier coup de reins, il jouit, son corps entier se tendant, le plaisir explosant en vagues qui lui coupèrent le souffle. Clara le suivit, son corps se resserrant autour du sien, leurs gémissements se mêlant.
Pendant un moment, il n'y eut rien d'autre que le son de leurs respirations haletantes, de leurs cœurs battant fort, de la brise nocturne caressant leur peau en sueur. Puis Clara rit, un son léger, satisfait, et embrassa le coin de sa bouche.
— Ce n'était que… — commença-t-elle, mais ne termina pas.
— Incroyable — compléta Lucas, la voix encore rauque.
Elle sourit, les yeux brillants.
— Et ce n'est pas fini.
Il la lâcha lentement, l'aidant à se stabiliser quand ses pieds touchèrent le sol. Clara lissa sa robe, mais le tissu était froissé, le maquillage légèrement étalé, les lèvres gonflées. Elle était magnifique.
— L'ascenseur privé — dit-elle en tendant à nouveau la main. — Voyons jusqu'où cela nous mène.
Lucas prit sa main, sentant la chaleur, la promesse. Il ne savait pas ce qui allait suivre, mais une chose était sûre : il ne voulait pas que cette nuit se termine.
L'ascenseur privé monta en silence, une bulle d'acier et de miroirs qui ne reflétait que l'éclat doré des lumières indirectes. Clara entra la première, ses talons hauts résonnant sur le sol de marbre noir, et Lucas la suivit, sentant le poids du moment comme un courant électrique parcourant sa colonne vertébrale. La porte se referma avec un *clic* doux, et l'espace entre eux sembla se rétrécir, comme si l'air lui-même était chargé de quelque chose de plus dense, de plus urgent.
Elle se tourna vers lui, les lèvres entrouvertes en un sourire qui était à la fois une invitation et un défi. La robe noire, autrefois impeccable, portait désormais les marques de la nuit—le décolleté un peu plus bas, la jupe légèrement froissée là où ses mains avaient exploré. Lucas ne résista pas. En une enjambée, il réduisit la distance, ses mains trouvant sa taille avec une familiarité qui les surprit. Clara arqua le dos à son contact, ses doigts glissant sur la soie jusqu'à trouver la peau chaude en dessous.
— Tu trembles — murmura-t-elle, la voix rauque, tandis que ses lèvres frôlaient sa mâchoire.
— C'est toi — répondit-il, la respiration déjà irrégulière. — Tu me fais perdre le contrôle.
Elle rit, un son bas et vibrant, et le tira plus près, ses ongles vernis de rouge s'enfonçant légèrement dans ses épaules. L'ascenseur oscilla doucement, montant, et le mouvement fit se presser leurs corps encore plus. Lucas sentit la chaleur d'elle à travers le tissu fin de la robe, son parfum mêlé à l'odeur de sueur et de désir, et quelque chose en lui se brisa—ou peut-être était-ce le dernier reste de retenue.
Les mains de Clara descendirent le long de sa poitrine, déboutonnant sa chemise avec une hâte qui ne cachait pas son impatience. Chaque bouton ouvert révélait davantage de sa peau, et elle ne perdit pas de temps à explorer, ses doigts traçant des lignes de feu sur ses muscles définis, les tétons déjà durs sous son toucher. Lucas gémit quand elle inclina la tête et mordilla légèrement son cou, ses dents assez aiguisées pour laisser une marque.
— Tu aimes laisser des marques — murmura-t-il, la voix rauque.
— Seulement là où tu peux les cacher — répondit-elle en léchant l'endroit qu'elle avait mordu avant de tirer sa chemise par les épaules, la laissant tomber au sol de l'ascenseur.
Le miroir derrière eux reflétait la scène en fragments—l'éclat de ses yeux, la courbe de son dos, la manière dont leurs corps s'emboîtaient comme les pièces d'un puzzle parfait. Clara fit glisser ses mains vers sa ceinture, ses doigts agiles la défaisant avec une dextérité qui trahissait la pratique. Il retint son souffle quand elle tira la fermeture éclair vers le bas, son érection jaillissant libre, déjà dure, déjà palpitante.
— Putain — murmura-t-il, les yeux se fermant une seconde quand elle l'enveloppa de sa main, le toucher ferme, possessif.
Clara ne dit rien. Elle se contenta de sourire, ce sourire qui promettait plaisir et perdition, et s'agenou devant lui. L'ascenseur s'arrêta avec une secousse douce, les portes s'ouvrant sur un couloir vide, mais aucun d'eux ne bougea. Elle leva les yeux, ses iris sombres brillant sous la lumière dorée, puis le prit dans sa bouche, sa langue chaude et humide glissant sur le gland avant de l'engloutir entièrement.
Lucas dut s'appuyer contre le mur miroir, ses doigts s'enfonçant dans le marbre froid tandis qu'elle le travaillait avec une lenteur torturante. Chaque mouvement de sa tête, chaque succion, chaque fois que sa gorge se refermait autour de lui était une vague de plaisir qui le laissait au bord du précipice. Il essaya de se retenir, d'étirer le moment, mais Clara connaissait son corps mieux que lui-même. Quand elle serra la base de son sexe d'une main et accéléra le rythme, il n'eut plus le choix.
— Clara… je vais—
Elle ne s'arrêta pas. Elle gémit seulement, le son vibrant contre lui, et le prit plus profondément, jusqu'à ce que Lucas ne puisse plus se contenir. L'orgasme le frappa comme un éclair, son corps entier se contractant tandis qu'il se déversait dans sa bouche, ses gémissements résonnant dans l'espace confiné de l'ascenseur. Clara avala chaque goutte, léchant ses lèvres quand elle le libéra enfin, ses yeux fixés sur les siens avec une satisfaction presque féline.
— C'était… — commença-t-il, la voix brisée.
— Seulement le début — compléta-t-elle en se relevant d'un mouvement fluide, ses talons claquant sur le sol.
Les portes de l'ascenseur étaient toujours ouvertes, mais aucun d'eux ne fit mine de sortir. Clara s'approcha à nouveau, pressant son corps contre le sien, ses seins écrasés contre sa poitrine nue. Elle prit sa main et la guida vers le bas, sous la jupe de sa robe, où il n'y avait rien d'autre que sa peau chaude et humide.
— Tu vois ce que tu me fais ? — murmura-t-elle, ses lèvres frôlant son oreille tandis que ses doigts trouvaient le centre de son plaisir, déjà trempé, déjà palpitant.
Lucas ne répondit pas. Il l'embrassa seulement, sa langue envahissant sa bouche avec la même urgence que ses doigts la pénétraient, d'abord un, puis deux, tandis que son pouce tournait autour de son clitoris avec une pression parfaite. Clara gémit contre sa bouche, ses ongles s'enfonçant dans ses épaules, son corps s'arquant pour rencontrer chaque mouvement. L'ascenseur, oublié, restait immobile, les portes ouvertes sur un couloir qui pouvait être envahi à tout moment.
Mais ils s'en moquaient.
Lucas la poussa contre le mur miroir, leur reflet déformé par la passion, et Clara leva une jambe, l'enroulant autour de sa taille. Il n'eut pas besoin de plus d'encouragement. D'un mouvement brusque, il déchira sa culotte—un morceau de dentelle qui tomba au sol sans cérémonie—et la pénétra d'une seule poussée profonde, possessive.
— *Putain*— cria-t-elle, sa tête heurtant le miroir tandis qu'il s'enfonçait jusqu'au bout, son corps se resserrant autour du sien comme un poing.
Lucas ne lui laissa pas le temps de s'habituer. Il commença à bouger avec une férocité qui le surprit lui-même, chaque coup de reins plus fort, plus rapide, ses hanches heurtant les siennes dans un rythme qui résonnait dans leurs oreilles. Clara s'accrocha à lui, les dents mordant sa lèvre inférieure pour retenir ses gémissements, mais c'était inutile. Le plaisir était écrasant, chaque poussée lui arrachant des sons qu'elle ne pouvait contrôler.
— Plus fort — supplia-t-elle, la voix brisée. — S'il te plaît, Lucas, *plus fort*.
Il obéit. Il la souleva par les hanches, la relevant un peu plus, et la prit avec une intensité qui fit trembler les miroirs. Clara jouit la première, son corps entier se contractant, ses muscles internes le serrant en spasmes qui le menèrent à son propre orgasme. Lucas la maintint fermement, enfouissant son visage dans son cou tandis que le plaisir le traversait, chaud et violent, le laissant sans souffle.
Pendant un moment, il n'y eut que le son de leurs respirations haletantes, l'odeur de sexe dans l'air, le poids de leurs corps en sueur pressés l'un contre l'autre. Clara rit doucement, un son satisfait, et embrassa son épaule, les lèvres humides.
— Ce n'est pas encore fini — murmura-t-elle, ses doigts traçant des cercles paresseux dans son dos.
Lucas leva la tête, ses yeux rencontrant les siens. L'ascenseur était toujours arrêté, les portes ouvertes, et le couloir devant eux semblait une invitation—ou un piège.
— Ta suite — dit-elle, comme si elle lisait dans ses pensées. — Voyons ce que tu as d'autre à me montrer.
Il la lâcha lentement, l'aidant à se stabiliser quand ses pieds touchèrent le sol. Clara lissa sa robe, mais le tissu était méconnaissable—froissé, humide, le décolleté de travers. Elle ne s'en soucia pas. Elle prit simplement sa main et le tira hors de l'ascenseur, ses talons résonnant dans le silence du couloir.
Lucas ne regarda pas en arrière. Il savait que, s'il le faisait, il verrait le reflet de ce qu'ils avaient laissé derrière eux—des vêtements éparpillés, des marques d'ongles sur le miroir, la trace d'une passion qui ne pouvait être contenue.
Et, pour la première fois de la nuit, il ne voulait rien contenir.
La porte de la suite se referma avec un clic doux, mais le son résonna entre eux comme une invitation définitive. La chambre était baignée par la lumière ambrée des abat-jour, les ombres dansant sur les murs comme des échos de ce qu'ils avaient déjà vécu. Clara lâcha la main de Lucas un instant, juste assez pour pivoter sur ses talons et lui faire face, les lèvres entrouvertes, les yeux brillants d'une faim qui ne s'apaisait pas.
— Tu as idée de ce que tu m'as fait ? — demanda-t-elle, la voix rauque, tandis que ses doigts glissaient le long de son propre corps, lissant la robe froissée comme si elle pouvait effacer les marques de l'urgence précédente. Mais elle ne voulait pas les effacer. Elle voulait les multiplier.
Lucas ne répondit pas. Il s'approcha lentement, comme s'il craignait de l'effrayer, mais Clara rit doucement et le tira par sa cravate, défaisant le nœud d'un mouvement précis. Le tissu glissa entre ses doigts, et elle le laissa tomber au sol avant de presser ses paumes contre sa poitrine, sentant le rythme accéléré de son cœur sous sa chemise.
— Pas besoin d'être gentil — murmura-t-elle, ses dents frôlant son lobe d'oreille. — Pas maintenant.
Il attrapa son visage entre ses mains, ses pouces traçant la ligne de sa mâchoire, et l'embrassa avec une intensité qui fit haleter Clara. Ce n'était pas un baiser d'excuses, ni d'hésitation. C'était une possession. C'était une promesse. Quand il s'écarta, ses lèvres étaient gonflées, ses yeux mi-clos.
— Alors dis-moi ce que tu veux — murmura-t-il, la voix rauque.
Clara sourit, lentement, dangereusement. Elle fit glisser ses mains le long de ses épaules, repoussant sa veste, puis déboutonna sa chemise avec une lenteur délibérée, exposant sa peau chaude, ses muscles définis. Chaque bouton ouvert était une invitation, chaque centimètre révélé une provocation.
— Je veux que tu me touches comme s'il n'y avait pas de lendemain — dit-elle, ses doigts traçant le contour de son abdomen. — Je veux que tu me fasses crier. Je veux que tu me montres ce que tu caches derrière cette façade d'homme contrôlé.
Lucas attrapa ses poignets, la tirant contre lui d'un mouvement brusque. La robe remonta le long de ses cuisses quand il la souleva, ses jambes s'enroulant autour de sa taille. Elle rit, le son étouffé contre son cou, et le mordilla légèrement, lui arrachant un gémissement rauque.
— Attention à ce que tu demandes — murmura-t-il en se dirigeant vers le lit. — Tu pourrais le regretter.
— J'en doute — défia-t-elle, ses lèvres retrouvant les siennes.
Le lit les accueillit avec un soupir de draps soyeux. Lucas la déposa avec précaution, mais Clara ne voulait pas de précaution. Elle le tira sur elle, ses ongles s'enfonçant dans son dos tandis qu'il s'installait entre ses jambes. La robe, déjà déchirée par endroits, céda encore sous le poids de leurs corps, le tissu fin ne résistant pas à l'urgence qui les consumait.
— Enlève ça — ordonna-t-elle en tirant sur sa chemise. Lucas obéit, l'arrachant d'un mouvement rapide avant de revenir l'embrasser, ses mains explorant chaque courbe, chaque recoin. Clara s'arqua contre lui, ses hanches bougeant dans un rythme instinctif, cherchant un soulagement à la pression qui grandissait en elle.
— Tu es magnifique — murmura-t-il, ses lèvres descendant le long de son cou, de sa clavicule, jusqu'à trouver le creux entre ses seins. — Si magnifique que ça fait mal.
Clara enroula ses doigts dans ses cheveux, le tirant plus près, le guidant là où elle en avait le plus besoin. Lucas ne hésita pas. Ses lèvres se refermèrent sur un téton, sa langue tournant autour, ses dents mordillant légèrement, et Clara gémit fort, le son résonnant dans la chambre. Elle sentait chaque contact comme une décharge électrique, chaque caresse comme une promesse de plus.
— Plus — supplia-t-elle, la voix entrecoupée. — N'arrête pas.
Il n'arrêta pas. Il descendit encore, ses lèvres laissant une traînée humide sur son ventre, sur ses cuisses, jusqu'à ce que la robe ne soit plus qu'un amas de tissu inutile au pied du lit. Clara était nue, exposée, et pour la première fois de la nuit, il n'y avait pas de honte, seulement du désir. Lucas l'observa un instant, les yeux sombres de luxure, avant de se pencher et d'embrasser l'intérieur de sa cuisse.
— Tu as le goût du péché — murmura-t-il, son souffle chaud contre sa peau sensible.
Clara s'arqua, ses mains cherchant quelque chose à quoi se raccrocher, mais il n'y avait rien d'autre que les draps et son corps. Quand la langue de Lucas trouva son centre, elle cria, le son étouffé contre son propre bras. Il n'eut aucune pitié. Il explora chaque pli, chaque point sensible, avec une précision qui la fit trembler, ses hanches bougeant sans contrôle.
— Lucas… s'il te plaît… — supplia-t-elle, la voix brisée. — J'ai besoin de toi.
Il leva la tête, les lèvres brillantes, les yeux sombres de désir. D'un mouvement rapide, il enleva le reste de ses vêtements, révélant un corps sculpté, marqué de fines cicatrices et de muscles définis. Clara l'observa, les lèvres entrouvertes, et tendit la main, le tirant sur elle.
— Maintenant — ordonna-t-elle, ses jambes s'enroulant autour de sa taille.
Lucas n'eut pas besoin de plus d'encouragement. D'un seul mouvement, il entra en elle, la remplissant d'une manière qui la fit arquer le dos, ses doigts s'enfonçant dans ses épaules. Clara gémit, le son se mêlant au soupir rauque de Lucas, et pendant un instant, ils restèrent immobiles, savourant la sensation d'être enfin unis.
— Tu es… — commença-t-il, mais les mots se perdirent dans un gémissement quand elle bougea, ses hanches se soulevant pour le rencontrer.
Il n'y eut plus de mots. Seulement des corps bougeant dans un rythme ancien, chaque coup de reins plus profond, plus intense, plus désespéré. Clara sentait le plaisir monter en elle comme une vague, de plus en plus haute, de plus en plus près de se briser. Lucas la regardait, les yeux fixés sur les siens, comme s'il pouvait voir chaque sensation reflétée dans son regard.
— Jouis pour moi — ordonna-t-il, la voix rauque, ses mains tenant ses hanches avec force.
Clara ne put résister. Avec un cri, l'orgasme la frappa, son corps tremblant, ses muscles se contractant autour de lui. Lucas ne s'arrêta pas. Il continua de bouger, prolongeant son plaisir, jusqu'à ce que son propre corps le trahisse, et avec un gémissement rauque, il se déversa en elle, leurs corps collés, leurs soupirs se mêlant dans l'air.
Pendant un long moment, il n'y eut rien d'autre que le son de leurs respirations entrecoupées, de leurs cœurs battant à l'unisson. Clara passa ses doigts dans le dos en sueur de Lucas, sentant ses muscles trembler sous son toucher. Il leva la tête, ses yeux rencontrant les siens, et l'embrassa lentement, comme s'il ne croyait toujours pas qu'elle était réelle.
— Ce n'est pas encore fini — murmura-t-elle, ses lèvres frôlant les siennes.
Lucas sourit, un sourire lent, dangereux.
— Je sais.
Et puis, il recommença tout.
La lumière de l'aube filtrait à travers les rideaux entrouverts, peignant la chambre de tons d'or pâle et de rose doux. Clara se réveilla la première, sentant le poids chaud du corps de Lucas à ses côtés, son bras enroulé autour de sa taille comme s'il craignait qu'elle ne disparaisse avec le lever du soleil. Pendant un instant, elle resta immobile, absorbant la sensation de sa peau contre la sienne, le rythme lent de sa respiration dans son dos, l'odeur de sexe et de sueur mêlée à l'arôme citronné du savon de l'hôtel.
Elle se retourna lentement, prenant soin de ne pas le réveiller, et étudia son visage à la lumière tamisée. Les traits de Lucas, autrefois si contrôlés et précis, étaient détendus dans le sommeil, ses lèvres légèrement entrouvertes, ses sourcils sombres adoucis par l'épuisement bienheureux. Clara sourit, passant le bout de ses doigts le long de sa mâchoire, sentant la rugosité de sa barbe naissante. Il murmura quelque chose d'inintelligible et la tira plus près, comme si même inconscient, il avait besoin de ce contact.
Ce toucher la fit frissonner, non de froid, mais d'une nostalgie anticipée. Elle savait que ce moment était éphémère, une étincelle qui avait brûlé avec trop d'intensité pour durer. Et pourtant, elle ne pouvait pas regretter. Chaque seconde, chaque gémissement, chaque frisson avait été réel, tangible, comme si toute la nuit avait été sculptée pour eux.
Lucas se réveilla peu à peu, ses yeux clignant contre la clarté. Quand il la vit là, si près, un sourire lent s'étira sur son visage, paresseux et satisfait.
— Bonjour — murmura-t-il, la voix rauque de sommeil et de tout ce qu'ils avaient fait.
— Il ne fait pas encore jour — répondit Clara en se penchant pour embrasser le coin de sa bouche. — Mais il se lève.
Il la tira sur lui, ses mains glissant le long de son dos jusqu'à enserrer sa nuque, la guidant vers un baiser plus profond. Le goût de Lucas était différent le matin, plus doux, moins urgent, mais tout aussi intense. Clara soupira contre ses lèvres, sentant son corps réagir au contact, la rigidité familière pressant contre sa cuisse.
— Tu es insatiable — rit-elle en mordillant sa lèvre inférieure.
— Seulement quand il s'agit de toi — répondit Lucas, ses mains descendant pour serrer ses fesses. — Et même ainsi, ce n'est pas assez.
Clara se redressa sur les genoux, laissant la lumière du soleil baigner son corps nu. Les yeux de Lucas la parcoururent avec une admiration qui allait au-delà du désir, comme si elle était quelque chose de rare, quelque chose qu'il craignait de ne plus jamais revoir. Elle se pencha en avant, posant ses mains sur sa poitrine, sentant son cœur battre fort sous sa paume.
— Nous devons y aller — dit-elle, bien que chaque fibre de son être résistât à cette idée.
— Je sais — acquiesça Lucas, mais ne la lâcha pas. Au lieu de cela, il la tira vers le bas, la faisant rouler jusqu'à ce qu'elle soit sous lui, leurs corps s'emboîtant avec une familiarité qui les fit gémir ensemble. — Mais pas maintenant.
Ils firent l'amour lentement cette fois, sans hâte, comme si le temps s'était étiré pour accueillir chaque caresse, chaque soupir. Lucas explora chaque centimètre d'elle avec sa bouche, comme s'il voulait mémoriser le goût de sa peau, la texture de ses tétons, l'humidité entre ses jambes. Clara s'arqua contre lui, ses ongles s'enfonçant dans les draps, ses gémissements devenant plus forts à mesure que le plaisir s'accumulait, lent et inexorable.
Quand il la pénétra enfin, ce fut avec une lenteur torturante, les yeux fixés sur les siens, comme s'il voulait graver chaque expression, chaque frisson. Clara enroula ses jambes autour de sa taille, le tirant plus profondément, plus fort, jusqu'à ce que les mouvements deviennent frénétiques, leurs corps s'entrechoquant dans une danse ancienne et sauvage.
— N'arrête pas — supplia-t-elle, la voix brisée. — S'il te plaît, n'arrête pas.
Lucas n'arrêta pas. Il la mena au bord du précipice une, deux, trois fois, jusqu'à ce qu'elle soit si sensible que chaque contact était presque insupportable. Et puis, quand elle crut ne plus pouvoir en supporter davantage, il la retourna sur le ventre, soulevant ses hanches et la pénétrant par derrière d'une poussée profonde qui la fit crier.
— C'est ça — murmura-t-il, la voix rauque, ses mains tenant ses hanches avec force. — Jouis pour moi encore.
Et elle jouit, l'orgasme la balayant comme une vague, la laissant sans souffle, sans force, seulement avec la sensation de lui en elle, la remplissant, la marquant. Lucas la suivit peu après, son corps tremblant, son nom s'échappant de ses lèvres comme une prière.
Ils restèrent ainsi longtemps, leurs corps entrelacés, leurs respirations se calmant peu à peu. Clara pouvait sentir le cœur de Lucas battre contre son dos, la sueur de leurs corps se mêlant, l'odeur du sexe imprégnant l'air. C'était enivrant, et pendant un moment, elle souhaita pouvoir figer le temps, rester là pour toujours.
Mais le soleil s'était déjà élevé plus haut dans le ciel, et la réalité commençait à s'infiltrer entre eux, comme la lumière qui se répandait dans la chambre. Lucas embrassa son épaule, ses lèvres s'attardant sur sa peau avant de s'éloigner.
— Je dois y aller — murmura Clara, bien qu'elle ne fît aucun mouvement pour se lever.
— Je sais — répéta-t-il, mais sa voix était chargée de quelque chose qu'elle ne put déchiffrer.
Elle se tourna pour lui faire face, ses doigts traçant le contour de son visage. Les yeux de Lucas étaient sombres, intenses, comme s'il essayait de mémoriser chaque détail d'elle aussi.
— Qu'y a-t-il ? — demanda-t-elle, sentant une oppression dans sa poitrine.
Il hésita un instant, comme s'il choisissait ses mots avec soin.
— Je ne veux pas que ça se termine — admit-il enfin.
Clara sourit, mais c'était un sourire triste, chargé d'une mélancolie qu'elle ne pouvait cacher.
— Moi non plus — avoua-t-elle. — Mais je crois que c'est déjà fini.
Lucas prit son visage entre ses mains, ses pouces caressant ses joues.
— Ça ne doit pas être comme ça — dit-il, la voix basse, urgente. — On peut essayer.
Clara ferma les yeux, sentant les larmes brûler derrière ses paupières. Elle voulait dire oui. Elle voulait croire que quelque chose d'aussi intense pouvait durer, qu'ils pourraient construire quelque chose au-delà de cette nuit. Mais la vie ne fonctionnait pas ainsi. Elle le savait. Lui aussi.
— Lucas — murmura-t-elle en ouvrant les yeux pour rencontrer les siens. — C'était parfait. Mais la perfection n'est pas faite pour durer.
Il ne répondit pas tout de suite, mais la pression de ses mains sur son visage s'intensifia, comme s'il voulait la retenir là, comme s'il pouvait l'empêcher de s'éloigner.
— Alors faisons en sorte que ça dure — insista-t-il. — Au moins un peu plus.
Clara sourit, mais c'était un sourire fragile, plein d'une tristesse qu'elle ne pouvait chasser.
— Tu sais qu'on ne peut pas.
Lucas laissa échapper un soupir, ses épaules s'affaissant légèrement, comme si le poids de ces mots l'avait frappé. Il la tira contre lui, enfouissant son visage dans son cou, inhalant l'odeur de sa peau une dernière fois.
— Je ne t'oublierai pas — murmura-t-il, la voix étouffée contre sa peau.
— Moi non plus — répondit Clara, ses mains glissant dans ses cheveux, le serrant fort, comme si elle pouvait garder ce moment en elle.
Ils restèrent ainsi quelques minutes de plus, jusqu'à ce que le téléphone de Clara vibre sur la table de chevet, les ramenant à la réalité. Elle s'écarta lentement, attrapa l'appareil et lut le message à l'écran. C'était de la rédaction, lui rappelant le délai pour l'article sur la fête.
— Je dois y aller — dit-elle, la voix plus ferme maintenant, comme si elle avait trouvé une force qu'elle ne savait pas posséder.
Lucas hocha la tête, mais ne dit rien. Il la regarda tandis qu'elle se levait et commençait à s'habiller, ses mouvements vifs, efficaces, comme si elle essayait de se distraire de ce qui allait venir. Clara ramassa sa robe par terre, la secou avant de l'enfiler, évitant son regard.
— Clara — l'appela-t-il quand elle posa la main sur la poignée de la porte.
Elle se retourna, le cœur battant fort dans sa poitrine.
— Merci — dit-il simplement.
Clara sourit, un sourire sincère cette fois, plein d'une gratitude qui n'avait pas besoin de mots.
— Merci à toi — répondit-elle.
Et puis, avant qu'il ne puisse dire autre chose, elle ouvrit la porte et sortit, laissant derrière elle non seulement la chambre, mais une partie d'elle-même qu'elle savait ne jamais pouvoir récupérer.
Lucas resta immobile un long moment, écoutant le bruit de ses pas s'éloigner dans le couloir. Quand il ne les entendit plus, il se recoucha sur le lit, tirant son oreiller contre lui, inhalant le parfum qui y restait encore.
Il savait qu'elle avait raison. Il savait que cette nuit était tout ce qu'ils auraient. Mais cela ne rendait pas les choses plus faciles.
Avec un soupir, il se leva et alla jusqu'à la fenêtre, écartant les rideaux pour regarder la ville qui s'éveillait. Le soleil était déjà haut, baignant tout d'une lumière dorée qui semblait se moquer de l'obscurité de la nuit précédente.
Lucas ferma les yeux, laissant le souvenir d'elle l'envelopper une dernière fois. Le goût de ses lèvres, le son de ses gémissements, la sensation de son corps contre le sien. Il garderait tout cela comme un trésor, quelque chose à revisiter dans les moments de solitude, quand le souvenir serait tout ce qui resterait.
Et puis, parce qu'il n'y avait plus rien à faire, il s'habilla, prit ses clés et quitta la chambre, laissant derrière lui non seulement l'hôtel, mais une partie de lui-même qu'il savait ne plus jamais être la même.
Dehors, la ville suivait son cours, indifférente à la nuit qui venait de s'écouler. Clara était déjà loin, fondue dans la foule, mais quelque part, Lucas le savait, elle portait aussi le souvenir de cette nuit, comme un secret, comme une promesse non tenue.
Et peut-être, dans une autre vie, ils se retrouveraient. Mais dans celle-ci, à ce moment-là, tout ce qui restait était l'écho d'une passion qui avait brûlé avec l'intensité des flammèches de minuit.