Feu dans les Montagnes : Nuits Interdites à l'Auberge des Désirs
Par Tonkix

**Feu dans les Montagnes : Nuits Interdites à l'Auberge des Désirs**
Le vent fendait les montagnes comme une lame, tranchant et impitoyable, emportant avec lui l'odeur des pins et de la terre humide. Clara serra son manteau de laine contre son corps, les doigts engourdis sur le volant tandis que la route sinueuse se déroulait devant elle, serpentant entre des abîmes voilés de brume. Le GPS clignotait, incertain, comme si même la technologie hésitait face à cette immensité sauvage. Elle avait conduit pendant des heures, fuyant la ville, les délais serrés, les réunions interminables qui lui suçaient son énergie comme des vampires. *Refuge des Nuages*, indiquait le panneau en bois rustique, presque englouti par la végétation. Un nom trop poétique pour quelqu'un comme elle, qui depuis des années ne savait plus ce qu'était la paix.
L'auberge apparut soudain, blottie entre des rochers couverts de mousse et des arbres centenaires. Une construction de pierre et de bois, avec des balcons qui surplombaient la vallée comme des bras ouverts. Les lumières dorées des fenêtres vacillaient, accueillantes, et Clara sentit un poids se détacher de ses épaules. *Ici*, pensa-t-elle. *Ici, enfin.*
Elle gara la voiture avec un soupir, les muscles du dos protestant après des heures dans la même position. L'air glacé envahit l'habitacle lorsqu'elle ouvrit la portière, et elle frissonna, non seulement à cause du froid, mais aussi à cause du silence. Plus de klaxons, plus de voix étouffées par le béton, plus du bourdonnement constant des ordinateurs. Juste le silence, rompu par le bruissement des feuilles et le murmure lointain d'un ruisseau. Elle ferma les yeux un instant, laissant le son l'envelopper, comme s'il pouvait la laver de l'intérieur.
Ce fut l'odeur du bois qui brûlait qui la ramena à la réalité. Clara suivit l'arôme jusqu'à l'entrée de l'auberge, où une lourde porte en chêne s'ouvrit avant même qu'elle ne touche la sonnette. Et puis il était là.
Lucas.
Il n'était pas grand, mais il y avait quelque chose dans sa posture—des épaules larges, un torse ferme sous la chemise à carreaux en flanelle, les manches retroussées révélant des avant-bras musclés, marqués par des veines qui racontaient des histoires de travail acharné. Les cheveux sombres, légèrement ébouriffés, retombaient sur son front en mèches rebelles, et les yeux... ah, les yeux. Verts comme la forêt après la pluie, mais avec une lueur qui semblait brûler. Il l'observait avec une intensité qui lui coupa le souffle, comme s'il la connaissait déjà, comme s'il savait exactement ce qu'elle cachait derrière la façade de cadre compétente.
— Bienvenue, Clara, dit-il, la voix grave, avec un accent qu'elle ne parvint pas à identifier. Ce n'était pas exactement celui de la région, mais ce n'était pas non plus celui d'un endroit qu'elle connaissait. C'était une voix qui semblait avoir été façonnée par le vent des montagnes, à la fois rude et douce.
— Merci, réussit-elle à répondre, surprise par le léger tremblement dans sa propre voix. — J'ai... fait la réservation en ligne.
Lucas sourit, et quelque chose dans ce geste—lent, délibéré—fit se contracter son estomac.
— Je sais. Je t'attendais.
Les mots flottèrent dans l'air entre eux, chargés d'une signification que Clara n'osa pas déchiffrer. Il fit un pas de côté, l'invitant à entrer, et elle passa devant lui, consciente de la chaleur qui émanait de son corps, de l'odeur de savon et de cuir, et de quelque chose de plus primitif, comme de la terre mouillée et du feu.
L'intérieur de l'auberge était encore plus accueillant que ne l'avaient suggéré les photos. Une cheminée crépitait au centre de la salle principale, projetant des ombres dansantes sur les murs de pierre. Des tapis persans couvraient le sol en bois, et des fauteuils en cuir usé invitaient au repos. Mais ce qui attira son attention fut la vue. Un mur entier de verre s'ouvrait sur la vallée, où la brume s'enroulait entre les arbres comme de la fumée. C'était à couper le souffle.
— Waouh, murmura-t-elle en s'approchant de la vitre. — C'est magnifique.
— Attends de voir demain matin, dit Lucas en s'arrêtant à ses côtés. Si près qu'elle pouvait sentir la chaleur de son corps, même sans le toucher. — Quand le soleil se lève, on dirait que le monde entier prend feu.
Clara déglutit avec difficulté. Il y avait quelque chose de dangereux dans la manière dont il parlait, comme si chaque mot était une promesse. Ou une menace.
— Tu travailles ici ? demanda-t-elle, essayant de paraître détachée.
— Je suis le guide local, répondit-il, les yeux verts fixés sur elle. — Et je suis responsable de m'assurer que les clients ne se perdent pas. Littéralement.
Elle rit, mais le son sortit étrange, comme si sa gorge était serrée.
— Et si je me perds ?
Le sourire de Lucas s'élargit, lent, prédateur.
— Alors je devrai te retrouver.
Le silence qui suivit était chargé de quelque chose que Clara ne parvint pas à nommer. Il le rompit le premier, se tournant pour prendre sa valise.
— Je vais te montrer ta chambre. Tu dois être fatiguée.
— Je le suis, admit-elle en le suivant dans l'escalier en bois qui grinçait sous leurs pas. — Très.
— Alors je vais te laisser te reposer, dit-il en s'arrêtant devant une porte en bois sombre. — Mais si tu as besoin de quelque chose... — Il lui tendit la clé, ses doigts effleurant les siens une seconde de plus que nécessaire. — Je suis toujours dans les parages.
Clara hocha la tête, sentant le poids de ce regard même après qu'il se soit éloigné. Elle entra dans la chambre et ferma la porte, s'y adossant avec un soupir. La pièce était simple mais chaleureuse : un lit à baldaquin avec des draps blancs, une cheminée déjà allumée, une fenêtre donnant sur la forêt. Elle s'approcha, touchant la vitre froide du bout des doigts.
En bas, entre les arbres, elle vit Lucas marcher vers la grange, la lumière du crépuscule baignant son dos d'or. Il s'arrêta un instant, comme s'il sentait son regard, et leva les yeux. Même à distance, Clara put voir le sourire qu'il lui lança avant de disparaître dans l'ombre.
Et alors, pour la première fois depuis des années, elle sentit quelque chose qui n'était ni de la fatigue, ni du stress, ni la pression constante d'être toujours la meilleure.
C'était du désir.
Et cela l'effraya plus que n'importe quelle réunion de direction.
La table était dressée comme une invitation au péché. Nappe en lin blanc, assiettes en céramique rustique qui semblaient avoir été façonnées par les mains mêmes de leur créateur, couverts en argent mat qui brillaient sous la lumière tremblotante des bougies. Le salon de l'auberge était petit, intime, avec de hautes fenêtres laissant entrevoir l'obscurité de la nuit dehors, où le vent hurlait comme un animal en cage. Clara entra lentement, ses talons s'enfonçant légèrement dans le tapis moelleux, la robe noire—simple, mais épousant ses courbes comme une seconde peau—frôlant sa peau fraîchement hydratée. Elle avait choisi cette robe sans y penser, mais maintenant, sous le regard de Lucas, elle se sentait comme si elle avait planifié chaque détail.
Il se tenait debout près de la cheminée, une main appuyée sur le manteau de pierre, l'autre tenant un verre de vin rouge qu'il faisait tourner lentement, comme s'il lisait les messages laissés par le liquide sur les parois du cristal. Il portait une chemise en lin écru, ouverte au col, les manches retroussées jusqu'aux coudes, révélant des avant-bras musclés, marqués par des veines que Clara imagina tracer du bout des doigts. Quand il la vit, ses lèvres s'incurvèrent en un sourire lent, paresseux, comme s'il savait déjà ce qui allait suivre.
— Tu es venue, dit-il, la voix basse, rauque, comme s'il avait passé des heures à crier en silence.
Clara haussa un sourcil, provocante.
— Tu avais l'air si sûr que je ne viendrais pas ?
— Non. — Il fit un pas en avant, la lumière des flammes dansant dans ses yeux sombres. — J'étais sûr que tu viendrais. Je ne savais juste pas si tu aurais le courage d'admettre pour toi-même pourquoi.
Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais les mots moururent dans sa gorge quand il s'approcha, tendant le verre vers elle. Le geste était désinvolte, mais ses doigts effleurèrent les siens à dessein, un contact délibéré, électrisant. Clara sentit la chaleur monter le long de son bras, se répandre dans sa poitrine, descendre jusqu'à son ventre. Elle accepta le verre, ses lèvres touchant le cristal au même endroit où les siennes avaient été.
— Et quelle serait la raison, selon toi ? demanda-t-elle, essayant de paraître indifférente, mais sa voix sortit plus haletante qu'elle ne l'aurait voulu.
Lucas ne répondit pas immédiatement. Au lieu de cela, il se pencha légèrement, juste assez pour qu'elle sente son odeur—bois brûlé, savon à la romarin, quelque chose de plus primitif, masculin, qui fit durcir ses tétons sous le tissu fin de sa robe. Quand il parla, ce fut presque un murmure, comme s'il partageait un secret :
— Parce que tu as passé tout l'après-midi à penser à la façon dont mes doigts ont touché les tiens quand je t'ai donné la clé. Parce que tu as regardé ma bouche quand j'ai souri. Parce que, quand j'ai dit que je serais toujours dans les parages, tu as imaginé exactement ce que cela pourrait signifier.
Clara déglutit avec difficulté. Le vin descendit en brûlant, doux et puissant, comme un présage. Elle aurait dû nier. Elle aurait dû rire, faire une blague, changer de sujet. Mais quelque chose dans l'intensité de ce regard, dans la manière dont il la déshabillait sans même la toucher, l'empêchait de mentir.
— Et toi ? rétorqua-t-elle, la voix ferme maintenant. — Tu as passé la journée à penser à comment ce serait de me voir assise à ta table, ou était-ce juste une distraction pour ne pas avoir à gérer des clients ennuyeux ?
Il rit, un son profond, guttural, qui vibra dans l'air entre eux.
— Ah, Clara. — Il s'approcha encore, son genou frôlant le sien sous la table. — Je n'ai pas de clients ennuyeux. Je n'ai que toi.
Le dîner fut servi en silence, mais ce n'était pas un silence inconfortable. Il était chargé, comme l'air avant un orage. Le premier plat arriva : une soupe à la citrouille et au gingembre, fumante, parfumée. Clara plongea sa cuillère, la portant à ses lèvres, et Lucas l'observa avec une attention presque prédatrice. Quand elle gémit doucement—un son involontaire, de pur plaisir—il sourit, satisfait.
— Tu aimes ?
— C'est délicieux, admit-elle en léchant ses lèvres. — Mais je pense que tu le savais déjà.
— Je savais que tu aimerais. — Il porta sa propre cuillère à la bouche, les yeux ne quittant jamais les siens. — Il y a des choses qu'on sait, tout simplement.
Le deuxième plat fut apporté par une femme d'âge moyen, au sourire discret, qui les regarda à peine avant de disparaître à nouveau. Un filet de truite, accompagné d'une purée de châtaignes et d'une sauce au vin de Porto qui brillait à la lueur des bougies. Clara coupa un morceau, le portant à sa bouche, et la saveur explosa sur sa langue—riche, complexe, presque pécheresse. Elle ferma les yeux un instant, savourant, et quand elle les rouvrit, elle trouva Lucas qui l'observait avec une expression proche de la faim.
— Tu me regardes comme si j'étais le plat principal, murmura-t-elle, incapable d'éviter un sourire.
— Et si je te disais que c'est exactement ce que tu es ?
Clara sentit son visage s'échauffer, mais elle ne détourna pas les yeux. Au lieu de cela, elle prit son verre de vin et en but une longue gorgée, laissant l'alcool brûler sa gorge, calmer ses nerfs.
— Je dirais que tu es très sûr de toi.
— Et tu aimes ça.
Ce n'était pas une question. C'était une constatation. Et elle ne pouvait pas le nier.
— Peut-être, admit-elle en jouant avec sa fourchette. — Ou peut-être que j'aime juste te voir essayer.
Lucas rit à nouveau, un son qui fit se contracter quelque chose en elle. Il se pencha en avant, les coudes appuyés sur la table, les doigts entrelacés comme s'il se retenait de tendre la main et de la toucher.
— Clara, dit-il, la voix basse, presque un grognement. — Je n'essaie pas. J'attends.
— Tu attends quoi ?
— Que tu arrêtes de faire semblant de ne pas vouloir la même chose que moi.
Le vent dehors hurla plus fort, comme s'il faisait écho à ses mots. Clara sentit son cœur battre plus vite, le sang pulser dans ses veines. Elle aurait dû se lever. Elle aurait dû partir. Mais le vin, la chaleur de la cheminée, la façon dont il la regardait—comme si elle était la seule femme au monde—tout conspirait pour la garder là.
— Et si je te disais que je ne sais pas ce que je veux ? demanda-t-elle, provocante.
Lucas sourit, lent, dangereux.
— Alors je vais devoir te le montrer.
Il se leva, contourna la table et s'arrêta à ses côtés. Clara retint son souffle quand il se pencha, ses lèvres frôlant presque son oreille.
— Finis de dîner, murmura-t-il. — Ensuite, je t'emmène dans un endroit où le vent ne nous dérangera pas.
Et puis, avant qu'elle ne puisse répondre, il s'éloigna, retournant à sa place comme si rien ne s'était passé. Clara regarda son assiette, son appétit soudain différent. Ce n'était plus de la faim de nourriture.
C'était de la faim de lui.
Et, pour la première fois depuis longtemps, elle n'était pas sûre de pouvoir attendre jusqu'à la fin du repas.
La forêt enneigée les enveloppa dans un silence épais, rompu seulement par le craquement des branches sous leurs bottes et le souffle glacé qui s'échappait entre les lèvres de Clara. Elle suivait Lucas sur un sentier étroit, les mains enfouies dans les poches de son manteau de laine, les yeux fixés sur son large dos, couvert d'une veste imperméable qui semblait moulée à son corps. L'air sentait le pin et la terre humide, et chaque respiration brûlait légèrement ses poumons, comme si l'hiver avait des dents et les enfonçait lentement.
— Attention à cette pierre, avertit-il en se retournant juste assez pour qu'elle voie son sourire en coin. — Je ne veux pas que tu te tordes la cheville avant qu'on arrive.
Clara haussa un sourcil, amusée.
— Tu t'inquiètes pour moi ou pour la possibilité de devoir me porter jusqu'en bas ?
Lucas rit, un son grave qui se perdit entre les arbres.
— Les deux. Mais surtout pour le second. Tu as l'air légère, mais je parie que tu es plus lourde que tu n'en as l'air.
Elle souffla, feignant l'indignation.
— C'est un compliment ou une provocation ?
— Pourquoi pas les deux ? — Il lui tendit la main, l'aidant à contourner un passage glissant. Ses doigts étaient chauds, même à travers les gants, et Clara sentit la chaleur monter le long de son bras, comme si le contact avait laissé une marque invisible. — En plus, j'aime les défis.
Elle ne répondit pas, mais la rougeur sur ses joues n'avait rien à voir avec le froid.
Le sentier s'élargit soudain, révélant une clairière où une petite cabane en bois était nichée entre les arbres. Le toit était couvert de neige, et une fine fumée s'échappait de la cheminée, dessinant des spirales dans l'air glacé. Clara s'arrêta, surprise.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Le bain thermal, répondit Lucas en retirant ses gants et les rangeant dans sa poche. — Un bain chaud, rien que pour nous. J'ai pensé qu'après des heures dans le froid, tu méritais de te détendre.
Clara hésita. L'idée de se déshabiller devant lui, même si ce n'était que pour un bain, faisait se contracter son estomac d'anticipation. Mais le vent mordant et la promesse de chaleur étaient trop tentants.
— Et toi ? demanda-t-elle, essayant de paraître détachée.
— Je connais déjà l'endroit, dit-il avec un sourire qui ne révélait rien. — Mais si tu veux de la compagnie, je ne refuserai pas.
Elle rit, nerveuse.
— Drôle. Tu n'as pas l'air du genre à refuser quoi que ce soit.
— Ça dépend de ce qui est offert.
L'air entre eux devint chargé, et Clara détourna les yeux la première, feignant de s'intéresser à la cabane. Mais à l'intérieur, quelque chose s'agitait, un mélange de curiosité et de peur de ce qui pourrait arriver si elle cédait.
— D'accord, dit-elle enfin. — Mais seulement parce que mes doigts sont gelés.
Lucas ne répondit pas. Il ouvrit simplement la porte en bois, laissant la chaleur et la vapeur l'envelopper avant même qu'elle n'entre.
L'intérieur de la cabane était petit mais chaleureux. Une cheminée crépitait dans un coin, projetant des reflets dorés sur les murs de rondins polis. Au centre, une baignoire en bois sombre, assez grande pour deux personnes, débordait d'eau fumante. Des pétales de fleurs séchées flottaient à la surface, et l'odeur d'herbes—lavande, peut-être, ou quelque chose de plus citronné—se mêlait à la vapeur, créant un parfum qui faisait tourner la tête de Clara.
— Comment as-tu fait ça ? demanda-t-elle en retirant son manteau et en l'accrochant à un crochet sur le mur.
— Magie, répondit Lucas. — Ou un système de chauffage très efficace. À toi de choisir en quoi tu préfères croire.
Clara rit, mais le son mourut dans sa gorge quand il commença à déboutonner sa propre veste. Les mouvements étaient lents, délibérés, comme s'il savait exactement l'effet qu'il produisait sur elle. Elle se tourna, feignant d'arranger ses cheveux, mais ses yeux ne pouvaient s'empêcher de suivre, dans le reflet de la vitre embuée de la fenêtre, le moment où la chemise s'ouvrit, révélant la peau bronzée et les muscles définis de ses épaules.
— Tu vas entrer comme ça ? La voix de Lucas était plus proche qu'elle ne l'avait prévu, et Clara sursauta quand elle sentit son souffle chaud sur sa nuque.
— Je... — Elle déglutit avec difficulté. — Je n'ai pas apporté de maillot de bain.
— Moi non plus.
Le silence qui suivit fut si dense que Clara crut presque entendre son propre cœur battre. Elle se retourna lentement, ses yeux rencontrant les siens. Lucas ne souriait plus. Son expression était sérieuse, intense, comme s'il attendait quelque chose—une permission, peut-être, ou un signe qu'elle était prête.
— Pas besoin de te presser, murmura-t-il, comme s'il lisait dans ses pensées. — L'eau restera chaude aussi longtemps que tu en auras besoin.
Clara hocha la tête, mais ses mains étaient déjà sur le bouton de son jean, les doigts tremblants. Elle se déshabilla rapidement, comme si enlever ses vêtements pouvait aussi enlever la honte, le doute, la peur qu'une fois nue, il voie tout ce qu'elle essayait de cacher. Quand elle se retourna enfin vers la baignoire, il ne restait que sa lingerie—un ensemble en dentelle noire qu'elle avait choisi ce matin-là sans raison particulière, mais qui semblait maintenant avoir été fait pour ce moment.
Lucas ne dit rien. Il se contenta de l'observer, ses yeux parcourant chaque courbe, chaque ligne de son corps, comme s'il mémorisait. Puis, d'un mouvement fluide, il retira son pantalon et entra dans l'eau, s'enfonçant jusqu'aux épaules avec un soupir satisfait.
— Viens, appela-t-il en tendant la main.
Clara hésita une seconde avant de s'approcher. L'eau était délicieusement chaude, presque brûlante, et quand elle s'enfonça jusqu'au cou, elle sentit ses muscles se détendre instantanément. La vapeur montait autour d'eux, les enveloppant dans une brume intime, comme si le monde extérieur avait cessé d'exister.
Pendant un moment, aucun des deux ne parla. Clara ferma les yeux, laissant la chaleur pénétrer ses os, tandis que Lucas s'adossait au bord de la baignoire, les bras étendus le long du bois. Elle pouvait sentir son regard sur elle, mais cela lui était égal. Il y avait quelque chose de libérateur à être là, nue et vulnérable, sans avoir à faire semblant de ne pas vouloir ce qui se passait.
— Tu es belle, dit-il soudain.
Clara ouvrit les yeux. Lucas l'observait avec une intensité qui lui coupa le souffle.
— Tu ne m'as même pas bien vue, murmura-t-elle, essayant d'alléger la tension.
— J'en ai vu assez.
Elle rit, mais le son sortit faible, presque inaudible. Puis, sans réfléchir, elle tendit la main et toucha son genou sous l'eau. La peau était douce, chaude, et Clara sentit le muscle se contracter sous ses doigts.
— Et toi ? demanda-t-elle, la voix plus basse qu'elle ne l'avait prévu. — Tu es beau, toi aussi ?
Lucas ne répondit pas. Au lieu de cela, il attrapa sa main et la tira, faisant glisser Clara dans l'eau jusqu'à ce qu'elle se retrouve entre ses jambes. Le mouvement fut si rapide qu'elle n'eut pas le temps de protester—pas qu'elle le voulût. Quand elle réalisa, elle était assise sur lui, leurs corps presque en contact, séparés seulement par la fine couche d'eau et la dentelle de sa lingerie.
— Pourquoi ne le découvres-tu pas ? murmura-t-il, ses lèvres si près des siennes que Clara pouvait goûter son souffle chaud.
Elle n'eut pas besoin de plus d'encouragement. Ses mains glissèrent sur ses épaules, sentant la texture de sa peau, les contours de ses muscles, la fine cicatrice juste sous la clavicule—un secret qu'elle voulait percer. Lucas gémit doucement quand ses doigts effleurèrent ses tétons, et Clara sourit, satisfaite de sa réaction.
— Tu aimes ça ? demanda-t-elle en répétant le mouvement.
— Tu sais bien que oui.
Elle se pencha, ses lèvres frôlant son oreille.
— Et ça ?
Lucas inspira profondément, ses mains serrant sa taille.
— Clara...
— Quoi ? — Elle mordilla son lobe d'oreille, le sentant frissonner. — Tu n'aimes pas ?
— J'aime trop, admit-il, la voix rauque. — C'est ça qui me fait peur.
Elle s'écarta juste assez pour le regarder dans les yeux. Il y avait quelque chose là, une vulnérabilité à laquelle elle ne s'attendait pas, comme s'il y avait, derrière la confiance, une partie de lui qui doutait encore.
— Pourquoi ? demanda-t-elle doucement.
Lucas hésita. Puis, avec un soupir, il prit son visage entre ses mains.
— Parce que je ne veux pas que ça se termine.
Les mots flottèrent entre eux, chargés de sens. Clara sentit son cœur se serrer, mais avant qu'elle ne puisse répondre, Lucas l'attira pour un baiser. Cette fois, il n'y avait plus d'hésitation, plus de jeu. C'était un baiser affamé, désespéré, comme s'ils savaient tous les deux que ce moment était trop fragile pour durer.
Ses mains glissèrent dans son dos, la tirant plus près, et Clara sentit son érection presser contre son ventre, séparée seulement par la fine dentelle de sa culotte. Elle gémit contre ses lèvres, son corps répondant par instinct, ses jambes s'écartant un peu plus, comme si elle savait exactement ce qu'elle voulait.
Lucas interrompit le baiser, ses lèvres descendant le long de son cou, laissant une traînée de feu sur sa peau sensible. Clara arqua le dos, s'offrant à lui, et il ne perdit pas de temps. Ses dents effleurèrent sa clavicule, sa langue traçant des cercles lents autour de son téton, même à travers le tissu humide de sa lingerie.
— Lucas... murmura-t-elle, ses ongles s'enfonçant dans ses épaules.
— Quoi ? murmura-t-il, la bouche toujours occupée. — Tu veux que j'arrête ?
— Non. — Le mot sortit comme un gémissement. — S'il te plaît, ne t'arrête pas.
Il rit doucement, le son vibrant contre sa peau.
— Alors dis-moi ce que tu veux.
Clara hésita. Elle n'avait jamais été douée pour demander ce qu'elle désirait, mais là, à cet instant, avec son corps en feu et son esprit embrumé par le plaisir, les mots vinrent sans effort.
— Je veux que tu me touches, dit-elle, la voix tremblante. — Que tu me fasses sentir... tout.
Lucas n'eut pas besoin de plus d'encouragement. Ses mains glissèrent le long de sa taille, tirant sa culotte sur le côté, et puis ses doigts trouvèrent l'endroit exact où elle en avait le plus besoin. Elle haleta, ses hanches bougeant par instinct, cherchant plus de pression, plus de friction.
— Comme ça ? demanda-t-il, ses doigts tournant lentement, la torturant.
— Plus, supplia-t-elle, la voix presque un sanglot.
Lucas obéit, accélérant le rythme, et Clara sentit le plaisir s'enrouler en elle, un ressort prêt à se détendre. Mais avant qu'elle ne puisse atteindre l'orgasme, il s'arrêta, retirant sa main.
— Pas encore, dit-il, la voix rauque. — Je veux que tu jouisses avec moi.
Clara ouvrit les yeux, confuse, mais avant qu'elle ne puisse protester, Lucas la souleva, l'asseyant sur le bord de la baignoire. L'eau ruissela le long de son corps, la laissant exposée, vulnérable. Il s'agenou dans l'eau, ses mains tenant fermement ses cuisses, et puis, sans avertissement, sa bouche remplaça ses doigts.
Clara cria, le son résonnant dans la cabane, ses mains s'emmêlant dans ses cheveux. Lucas ne fit preuve d'aucune pitié. Sa langue explorait, provoquait, la menant de plus en plus haut, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus penser à rien d'autre qu'au plaisir qui s'accumulait entre ses jambes.
— Lucas, je... — Elle essaya de prévenir, mais les mots se perdirent dans un gémissement quand il la pénétra avec deux doigts, les courbant à l'angle parfait.
L'orgasme la frappa comme une vague, la brisant en mille morceaux, et Clara s'accrocha à lui, ses muscles tremblant, son corps entier se rendant au plaisir. Lucas ne s'arrêta pas jusqu'à ce qu'elle soit complètement épuisée, ses gémissements se transformant en faibles soupirs.
Quand il s'écarta enfin, il la tira de nouveau dans l'eau, l'enveloppant dans une étreinte serrée. Clara posa sa tête sur son épaule, le cœur encore battant, la peau picotant.
— C'était... commença-t-elle, mais elle ne trouva pas les mots.
— Juste le début, compléta Lucas en embrassant sa tempe.
Clara sourit, mais quelque chose en elle la gênait. Parce que maintenant, après avoir goûté à ce qu'il pouvait offrir, elle savait que ce ne serait pas suffisant. Elle voulait plus. Elle voulait tout.
Et, pour la première fois, elle n'était pas sûre que Lucas soit prêt à le lui donner.
La nuit était tombée sur le Refuge des Nuages comme un manteau lourd, chargé de promesses non dites. Clara passa les doigts dans ses cheveux encore humides du bain, la vapeur du bain thermal encore collée à sa peau comme un second tissu, fin et invisible. La chambre était plongée dans le silence, seulement troublé par le crépitement lointain de la cheminée dans la salle principale, résonnant à travers les murs de bois. Elle enfila la nuisette de soie noire qu'elle avait apportée dans sa valise—une impulsion, un espoir—et chaussa ses pantoufles douillettes, sentant le contraste entre le froid du sol et la chaleur qui pulsait encore entre ses jambes.
Elle n'avait pas prévu cela. Ou peut-être, au fond, l'avait-elle fait.
Le couloir était vide, éclairé seulement par les lampes à pétrole suspendues au plafond, projetant des ombres dansantes sur les murs. L'air sentait le pin et quelque chose de plus—la fumée de bois, peut-être, ou le parfum de son propre désir, brûlant lentement comme des braises sous la cendre. Clara s'arrêta devant la porte de Lucas. Pendant une seconde, elle hésita. Que dirait-elle ? *Je suis venue chercher ce que tu as commencé* ? *Je veux finir ce que l'eau chaude a laissé inachevé* ? Mais les mots étaient inutiles. Il saurait. Ils savaient.
Elle leva la main et frappa. Trois coups légers, comme si elle testait la solidité du bois. Ou sa propre courage.
La porte s'ouvrit presque immédiatement, comme s'il attendait. Lucas était pieds nus, vêtu seulement d'un pantalon de jogging gris qui tombait bas sur ses hanches, révélant le V défini de ses muscles descendant vers l'aine. Son torse nu brillait sous la lumière ambrée de la lampe de chevet, des gouttes d'eau encore accrochées aux poils sombres de sa poitrine, comme s'il venait de sortir de la douche. L'odeur de savon masculin et de quelque chose de plus primitif—sueur propre, peau réchauffée—envahit les sens de Clara. Elle déglutit avec difficulté.
— Tu es venue, dit-il, la voix rauque, comme si les mots avaient été arrachés d'un endroit profond.
Ce n'était pas une question. C'était une reconnaissance.
Clara entra sans répondre, ses pieds s'enfonçant dans le tapis moelleux. La chambre de Lucas était plus petite que la sienne, mais plus vivante—des vêtements jetés sur la chaise, une bouteille de cognac à moitié vide sur la table de chevet, le feu de la cheminée crépitant fort, comme si quelqu'un venait d'attiser les flammes. Le lit était défait, les draps en désordre, et pendant un instant, elle imagina Lucas là, seul, se touchant en pensant à elle.
— Je ne pouvais pas attendre, admit-elle en se tournant pour lui faire face. La nuisette glissait sur ses épaules, trop fine pour cacher ses tétons déjà durcis. — Pas après hier.
Lucas ferma la porte avec un clic doux et s'y adossa, les bras croisés sur sa poitrine. Ses yeux parcoururent le corps de Clara avec une lenteur délibérée, comme s'il mémorisait chaque courbe, chaque ombre. Elle sentit le poids de ce regard comme une caresse physique, une touche qui laissait des traces de feu sur sa peau.
— Tu trembles, murmura-t-il.
— Il fait froid.
— Non, ce n'est pas ça.
Elle rit, un son bas et nerveux. — Non, ce n'est pas ça.
Il s'approcha, lentement, comme s'il craignait de l'effrayer. Mais Clara ne recula pas. Quand ses grandes mains enveloppèrent sa taille, elle laissa échapper un soupir qu'elle ne savait pas retenir. La chaleur de son corps traversait la soie, la brûlant. Lucas inclina la tête, ses lèvres frôlant son oreille.
— Qu'est-ce que tu veux, Clara ?
La question était simple, mais elle portait le poids de tout ce qui n'avait pas été dit. Elle ferma les yeux, sentant son souffle chaud contre sa peau.
— Toi, murmura-t-elle. — Juste toi.
Il n'eut pas besoin de plus.
Les mains de Lucas glissèrent dans son dos, la tirant contre lui avec une urgence qui démentait son calme apparent. Clara s'arqua, sentant sa rigidité contre son ventre, et un gémissement s'échappa de ses lèvres quand il mordilla doucement son lobe d'oreille. Son corps répondit instantanément, ses hanches bougeant d'elles-mêmes, cherchant le contact, la friction, le soulagement.
— Patience, murmura-t-il, mais ses propres mains trahissaient son ordre, glissant vers le bas, agrippant ses fesses et les serrant avec force. — Nous avons toute la nuit.
— Je ne veux pas de patience, rétorqua-t-elle, ses ongles s'enfonçant dans ses épaules. — Je veux que tu sois en moi. Maintenant.
Lucas rit, un son sombre et satisfait, puis la poussa contre le mur. L'impact fit sortir l'air de ses poumons, mais avant qu'elle ne puisse reprendre son souffle, sa bouche était sur la sienne, vorace, exigeante. Sa langue envahit, explorant, dominant, tandis que ses mains tiraient sa nuisette vers le haut, l'exposant. L'air froid de la nuit effleura sa peau nue, mais la chaleur de son corps le remplaça bientôt, la brûlant.
Elle attrapa ses cheveux, le tirant plus près, tandis qu'il descendait ses lèvres le long de son cou, de ses seins, mordillant, léchant, jusqu'à ce que ses tétons soient durs et douloureux. Quand il referma sa bouche sur l'un d'eux, suçant avec force, Clara gémit fort, ses jambes flageolant. Lucas la retint, une main entre ses cuisses, ses doigts effleurant l'humidité qui coulait déjà le long d'elles.
— Si mouillée, murmura-t-il, la voix chargée de désir. — Tu l'étais déjà avant de venir ici ?
— Depuis hier, admit-elle, haletante. — Depuis que tu m'as touchée dans le bain thermal.
Il grogna, un son animal, puis la souleva dans les airs. Clara enroula ses jambes autour de sa taille, sentant la dureté de son érection presser exactement là où elle en avait le plus besoin. Lucas la porta jusqu'au lit et la déposa sur les draps, son corps couvrant le sien dans un mouvement fluide. Pendant un instant, il se contenta de l'observer, ses yeux sombres brillant à la lumière de la cheminée.
— Tu es belle, dit-il, la voix rauque. — Mais comme ça, avec les lèvres gonflées et la peau marquée par mes dents... tu es irrésistible.
Clara tendit la main, le tirant vers le bas, et il ne résista pas. Leurs corps s'emboîtèrent parfaitement, comme s'ils avaient été faits l'un pour l'autre. Elle sentit son poids, la force contenue dans les muscles qui tremblaient sous ses mains, et sut qu'il se retenait. Pour elle. À cause d'elle.
— Ne te retiens pas, murmura-t-elle en mordillant sa lèvre inférieure. — Je peux le supporter.
Lucas gémit, ses hanches bougeant contre les siennes dans un rythme lent et torturant. — Tu n'as aucune idée de ce que tu demandes.
— Alors montre-moi.
Il n'eut pas besoin de plus d'encouragement.
D'un mouvement rapide, Lucas la retourna sur le ventre et tira ses hanches vers le haut, la mettant à quatre pattes. Clara arqua le dos, s'offrant à lui, et entendit le bruit de son pantalon qu'il baissait à la hâte. Le tissu effleura ses fesses, puis il fut là, la pointe de son érection taquinant son entrée, humide et prête.
— Dernière chance, dit-il, la voix tendue. — Si tu dis non, j'arrête.
Clara regarda par-dessus son épaule, croisant son regard. — Si tu t'arrêtes maintenant, je te tue.
Lucas rit, mais le son se transforma en un gémissement quand il la pénétra d'un seul mouvement, s'enfonçant jusqu'au bout. Clara cria, le plaisir mêlé à une douleur momentanée, mais bientôt son corps s'ajusta, l'enveloppant, le serrant. Il resta immobile un instant, ses doigts s'enfonçant dans ses hanches, comme s'il avait besoin de se contrôler.
— Putain, grogna-t-il. — Tu es si serrée.
Clara bougea les hanches, l'incitant à continuer. — Et toi, tu es trop grand pour rester immobile.
Il n'eut pas besoin de plus.
Lucas commença à bouger, d'abord lentement, chaque coup de reins profond et délibéré, comme s'il voulait mémoriser la sensation. Mais bientôt le rythme s'accéléra, leurs corps s'entrechoquant, le lit grinçant sous eux. Clara enfouit son visage dans l'oreiller, étouffant ses gémissements, mais Lucas tira ses cheveux, l'obligeant à cambrer le dos.
— Ne te cache pas, ordonna-t-il, la voix rauque. — Je veux t'entendre.
Elle obéit, laissant les sons s'échapper librement, se mêlant à ses grognements, au bruit de la peau qui s'entrechoque, au crépitement de la cheminée. Le plaisir grandissait en elle, une vague chaude et dévastatrice, et elle se retenait, voulant prolonger ce moment, cette sensation d'être complète, remplie, possédée.
Lucas changea d'angle, atteignant un point qui fit exploser des étoiles derrière ses paupières. Clara cria, ses doigts griffant les draps.
— Oui, comme ça, murmura-t-il en accélérant le rythme. — Jouis pour moi, Clara. Jouis avec moi.
Elle ne put résister.
L'orgasme la frappa comme un éclair, la déchirant de l'intérieur, faisant trembler tout son corps. Lucas la retint fermement, continuant à bouger, prolongeant le plaisir jusqu'à ce qu'il atteigne lui aussi son paroxysme, s'enfonçant profondément et laissant échapper un gémissement rauque contre sa nuque.
Pendant un long moment, ils restèrent ainsi, haletants, leurs corps en sueur collés l'un à l'autre. Clara sentit le cœur de Lucas battre contre son dos, aussi vite que le sien. Quand Lucas se retira enfin, elle s'effondra sur le côté, les muscles détendus, l'esprit flottant dans une brume de satisfaction.
Il se coucha à côté d'elle, la tirant contre lui, et Clara se blottit contre sa poitrine, écoutant le son de sa respiration qui s'apaisait. Le feu dans la cheminée crépitait encore, projetant des ombres dansantes dans la chambre, et l'odeur de sexe et de sueur flottait dans l'air, enivrante.
— C'était..., commença-t-elle, mais les mots lui manquèrent.
— Mieux que dans le bain thermal, compléta Lucas en embrassant le sommet de sa tête.
Clara sourit, mais quelque chose en elle se tordit. Parce que maintenant, après l'avoir eu ainsi, elle savait que ce ne serait pas suffisant. Elle voulait plus. Elle voulait tout.
Et, pour la première fois, elle n'était pas sûre que Lucas soit prêt à le lui donner.
Il se tourna sur le côté, attrapant la bouteille de cognac sur la table de chevet. Il servit deux verres et lui en offrit un. Clara s'appuya sur un coude, l'observant tandis qu'il buvait, les muscles de son bras bougeant sous sa peau dorée. Il y avait quelque chose de différent en lui maintenant—une vulnérabilité qui n'était pas là avant.
— À quoi penses-tu ? demanda-t-elle en prenant une gorgée du liquide ambré, qui lui brûla la gorge d'une manière agréable.
Lucas hésita, les yeux fixés sur le feu. — À quel point cela complique les choses.
Clara sentit un frisson dans son ventre. — Compliquer ?
Il se tourna vers elle, l'expression indéchiffrable. — Tu t'en vas demain.
— Et alors ?
— Et je ne suis pas le genre d'homme qui suit les femmes jusqu'en ville.
Elle rit, mais le son sortit forcé. — Qui a dit que je voulais que tu me suives ?
Lucas ne répondit pas. Il se contenta de tendre la main, la tirant de nouveau dans ses bras. Clara se laissa envelopper, mais le doute s'était déjà installé, comme une graine plantée dans l'obscurité.
Et si, après cette nuit, il n'y avait plus rien ?
Et si le feu qui les consumait maintenant n'était plus que des cendres au matin ?
Le cognac brûlait encore dans sa gorge quand Lucas la tira de nouveau vers les draps, mais maintenant le feu était autre—plus profond, plus vorace. Clara sentit le poids de son corps sur le sien, sa peau chaude contre la sienne, ses muscles tendus comme les cordes d'un violon sur le point de vibrer. Il ne dit rien. Il se contenta de la regarder, ses yeux sombres reflétant les flammes de la cheminée, puis sa bouche trouva la sienne avec une faim qui ne laissait aucune place au doute.
Les lèvres de Lucas étaient exigeantes, mais pas brutales. Il y avait une précision dans chaque mouvement, comme s'il savait exactement où la toucher pour la faire cambrer, où appuyer pour lui arracher un gémissement étouffé contre sa bouche. Clara répondit avec la même intensité, ses ongles s'enfonçant dans ses larges épaules, le tirant plus près, comme si elle pouvait fusionner leurs corps en un seul. Le goût du cognac dansait encore entre eux, mêlé au sel de la peau en sueur, à l'odeur du bois brûlé et au parfum sucré de son propre désir.
— Tu es belle comme ça, murmura-t-il contre son cou, ses dents effleurant la peau sensible juste sous son oreille. — Débraillée. Sans défense.
Clara rit, mais le son se transforma en un soupir quand sa main glissa entre leurs corps, trouvant l'endroit exact où elle avait le plus besoin d'être touchée. Les doigts de Lucas étaient habiles, tournant, appuyant, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus retenir les sons qui s'échappaient de sa gorge. Il sourit contre sa peau, satisfait, puis sa bouche remplaça ses doigts, sa langue chaude et humide provoquant des vagues de plaisir qui la firent s'agripper aux draps.
— Lucas..., gémit-elle, son nom sortant comme une supplication.
Il releva la tête, les lèvres brillantes, les yeux mi-clos. — Dis-moi ce que tu veux.
Clara hésita. Elle n'était pas du genre à demander. Mais quelque chose dans ce moment, dans la manière dont il la regardait, comme si elle était la seule chose qui comptait, lui donna envie de s'abandonner complètement.
— Je te veux, murmura-t-elle, la voix rauque. — Tout entier.
Lucas n'eut pas besoin de plus d'encouragement. D'un mouvement fluide, il la retourna sur le ventre, tirant ses hanches vers le haut jusqu'à ce qu'elle soit à genoux, les mains appuyées sur la tête de lit. Clara sentit l'air froid de la nuit contre sa peau exposée, mais ensuite il fut là, couvrant son corps du sien, son érection pressant contre elle d'une manière qui lui fit mordre la lèvre pour ne pas supplier.
— Tu es sûre ? demanda-t-il, la voix basse et rauque, ses doigts traçant des cercles paresseux à la base de sa colonne vertébrale.
Clara hocha la tête, les mots coincés dans sa gorge. Il n'en avait pas besoin. Au lieu de cela, elle poussa ses hanches en arrière, l'invitant, et Lucas ne résista pas. Avec un gémissement étouffé, il la pénétra lentement, centimètre par centimètre, jusqu'à ce qu'il soit complètement en elle.
Le plaisir fut presque insupportable. Clara arqua le dos, ses doigts agrippant le bois de la tête de lit, tandis que Lucas commençait à bouger, chaque coup de reins profond et délibéré. Il ne se pressait pas. C'était comme s'il voulait mémoriser chaque réaction d'elle, chaque son, chaque frisson. Et Clara s'abandonna à cela, le laissant l'emmener au bord du gouffre, et au-delà.
— Tu aimes comme ça ? demanda-t-il, la voix un grognement contre son oreille, tandis qu'une de ses mains glissait vers l'avant, trouvant le point qui faisait se contracter ses muscles autour de lui.
— Oui, gémit-elle, le mot sortant entrecoupé. — Plus.
Lucas obéit. Il accéléra le rythme, les coups de reins devenant plus rapides, plus intenses, jusqu'à ce que le bruit de leurs corps qui s'entrechoquaient résonne dans la chambre, mêlé à ses gémissements et à ses grognements bas. Elle sentit l'orgasme approcher, une vague chaude et dévastatrice, et puis il fut là, l'entraînant avec lui.
— Jouis pour moi, ordonna-t-il, la voix rauque, et Clara ne put résister.
Le plaisir la frappa comme un éclair, faisant trembler tout son corps tandis que des vagues d'extase la parcouraient. Lucas la retint fermement, continuant à bouger en elle jusqu'à ce que son propre corps frissonne, son nom s'échappant de ses lèvres en un gémissement rauque.
Pendant un moment, il n'y eut rien d'autre que le son de leurs respirations haletantes et le crépitement du feu dans la cheminée. Puis Lucas se retira d'elle, s'allongeant à ses côtés et la tirant dans ses bras. Clara se blottit contre sa poitrine, sentant son cœur battre rapidement sous sa joue.
— C'était..., commença-t-elle, mais les mots lui manquèrent.
— Je sais, murmura-t-il en embrassant son front.
Ils restèrent ainsi un moment, en silence, sentant simplement la présence l'un de l'autre. Puis Clara se déplaça, se tournant pour lui faire face.
— Qu'y a-t-il ? demanda Lucas, ses doigts traçant des motifs paresseux dans son dos.
— Rien, mentit-elle, mais il la connaissait trop bien maintenant. Il la retourna sur le dos, la maintenant sous son corps une fois de plus, ses yeux sombres fixés sur les siens.
— Parle.
Clara hésita, puis décida qu'il n'y avait plus de place pour les mensonges entre eux.
— Je ne veux pas que ça se termine.
Lucas ne répondit pas immédiatement. Il se contenta de l'observer, comme s'il essayait de déchiffrer quelque chose sur son visage. Puis, avec un soupir, il roula sur le côté, la tirant sur lui.
— Moi non plus, admit-il enfin. — Mais tu t'en vas demain.
Clara ne dit rien. Elle savait qu'il avait raison. Mais cela ne rendait pas les choses plus faciles.
— Et si ce n'est pas la fin ? demanda-t-elle, la voix douce, presque timide.
Lucas ferma les yeux un instant, comme s'il pesait ses mots. Quand il les rouvrit, il y avait quelque chose de nouveau dans son regard—quelque chose qu'elle ne parvint pas à déchiffrer.
— Alors nous verrons, dit-il en l'attirant pour un baiser lent et profond.
Et, pour l'instant, cela suffisait.
Le premier rayon de soleil traversa le rideau entrouvert comme une lame dorée, fendant la pénombre de la chambre et se posant sur les draps froissés. Clara ouvrit les yeux lentement, sentant le poids chaud du bras de Lucas encore enroulé autour de sa taille, sa respiration lente et profonde contre sa nuque. Pendant un moment, elle resta immobile, absorbant la texture rugueuse des poils de sa poitrine contre son dos, l'odeur de bois brûlé et de sueur séchée qui imprégnait les draps, le son étouffé du vent dehors, comme si le monde entier dormait encore sous un manteau de neige.
Mais l'horloge sur la table de chevet ne mentait pas : six heures et demie. Son vol partait à dix heures, et le trajet jusqu'à l'aéroport prendrait presque deux heures. Avec précaution pour ne pas le réveiller, elle glissa hors du lit, ses pieds nus s'enfonçant dans le tapis moelleux. L'air glacé du matin lui donna la chair de poule, et elle s'enveloppa dans le peignoir de Lucas, qui gardait encore sa chaleur et le parfum citronné de son savon. En s'approchant de la fenêtre, elle écarta le rideau juste assez pour jeter un coup d'œil dehors : la montagne était enveloppée de brume, mais le ciel commençait à s'éclaircir en tons de rose et d'orange, comme si quelqu'un avait passé un pinceau d'aquarelle sur l'horizon.
— Tu t'en vas comme ça ?
La voix de Lucas, rauque de sommeil, fit bondir son cœur. Elle se retourna et le trouva appuyé sur un coude, les cheveux ébouriffés retombant sur son front, les yeux mi-clos mais attentifs. Il y avait quelque chose de prédateur dans la manière dont il l'observait, comme s'il n'avait pas encore décidé s'il la laisserait partir ou s'il la tirerait de nouveau vers le lit.
— Je ne voulais pas te réveiller, dit-elle en serrant le peignoir contre son corps.
— Mensonge. — Il sourit, lent et dangereux. — Tu voulais me laisser ici, seul, avec le souvenir de ton odeur sur les draps.
Clara sentit son visage s'échauffer. C'était exactement ça. Elle ne voulait pas partager les adieux, ne voulait pas voir son expression quand elle dirait au revoir. Mais Lucas se levait déjà, nu, les muscles de son dos bougeant sous sa peau bronzée tandis qu'il s'étirait. Elle détourna les yeux, mais pas assez vite : elle vit la marque de ses dents sur son épaule, les traces de ses ongles sur ses cuisses, les preuves d'une nuit qui ne se terminerait pas avec l'aube.
— Il faut que je prenne une douche, murmura-t-elle, essayant de paraître pratique.
— Il le faut ? — Il fit un pas en avant, et Clara recula jusqu'à sentir le mur froid contre son dos. — Ou tu essaies juste de fuir ?
— Lucas...
— Chut. — Il prit son visage entre ses mains, son pouce effleurant sa lèvre inférieure. — Je sais. Tu as un avion à prendre. Un bureau qui t'attend. Une vie qui n'inclut pas un guide de montagne aux mains calleuses et un goût pour le cognac bon marché.
Elle rit, mais le son sortit étranglé. — Ce n'est pas ça.
— Alors c'est quoi ?
Clara ferma les yeux. Elle ne voulait pas le dire. Elle ne voulait pas qu'il sache que, pour la première fois depuis des années, elle avait peur de quelque chose qui n'était pas un rapport en retard ou une réunion avec des investisseurs. Peur que, en quittant cette chambre, tout cela ne devienne qu'un autre beau souvenir, mais vide.
— Je ne veux juste pas que ce soit un adieu.
Lucas ne répondit pas. Au lieu de cela, il se pencha et embrassa son front, puis son nez, puis ses lèvres, lentement, comme s'il mémorisait la forme de sa bouche. Quand il s'écarta, ses yeux étaient sérieux.
— Alors ne le sois pas.
Elle ne comprit pas jusqu'à ce qu'il se retourne et prenne quelque chose dans le tiroir de la table de chevet : un petit carnet de notes et un stylo. Il le lui tendit, silencieux. Clara hésita, puis ouvrit le carnet et écrivit son nom, suivi d'un numéro de téléphone. Quand elle eut terminé, elle arracha la feuille et la plia en deux, ne sachant pas quoi en faire.
— Laisse-la ici, dit-il en prenant le papier et en le posant sur la table de chevet. — Quand je voudrai te trouver, je t'appellerai.
— Et si je veux te trouver avant ?
Lucas sourit, mais il y avait une ombre derrière ce sourire. — Alors tu sais où me trouver.
La salle de bain était froide, le carrelage glacé sous ses pieds. Clara ouvrit la douche et laissa l'eau chaude couler sur son corps, essayant de laver la sensation qu'elle commettait une erreur. Mais peu importe combien de fois elle passait le savon sur sa peau, elle sentait encore son toucher sur chaque centimètre—les marques de ses doigts sur ses hanches, la pulsation entre ses jambes, le goût salé qui persistait dans sa bouche.
Quand elle sortit, enveloppée dans une serviette, Lucas était déjà habillé, portant une chemise à carreaux et un jean usé. Il était de dos, regardant par la fenêtre, mais se retourna dès qu'il l'entendit.
— Ta valise est prête ?
Elle hocha la tête, indiquant la petite valise à côté de la porte. Il la prit sans rien dire et la porta jusqu'à la porte de la chambre, mais avant de l'ouvrir, il s'arrêta.
— Clara.
Elle leva les yeux, et ce qu'elle vit sur son visage la fit retenir son souffle. Ce n'était pas de la tristesse, ni de la résignation. C'était quelque chose de plus dangereux : de l'espoir.
— Ne m'oublie pas.
Les mots flottèrent entre eux, lourds. Clara sentit un nœud dans sa gorge, mais força un sourire.
— Impossible.
Il ouvrit la porte, et le couloir de l'auberge était silencieux, seulement troublé par le son lointain d'une bouilloire sifflant dans la cuisine. Lucas l'accompagna jusqu'à la réception, où la propriétaire de l'auberge, une femme aux cheveux gris et au regard perspicace, l'attendait déjà avec un petit-déjeuner emballé dans du papier aluminium.
— Pour la route, dit-elle en tendant le paquet à Clara avec un sourire complice.
Clara remercia, évitant de regarder Lucas. Elle savait que, si elle le faisait, elle ne pourrait pas partir.
La voiture de location était recouverte d'une fine couche de neige, et elle mit quelques minutes à la nettoyer, les mains tremblant de froid. Quand elle démarra enfin le moteur, Lucas était toujours debout sur le seuil de l'auberge, les bras croisés, le vent ébouriffant ses cheveux. Elle baissa la vitre.
— Tu vas rester là jusqu'à ce que je disparaisse de vue ?
— Peut-être.
Elle rit, mais le son sortit brisé. — Alors je vais prendre mon temps.
Il ne répondit pas. Il resta simplement là, immobile, tandis qu'elle enclenchait la marche et commençait à descendre la route sinueuse. Dans le rétroviseur, Clara le vit rapetisser, jusqu'à devenir un simple point sombre contre la façade en bois de l'auberge. Puis, quand elle prit le premier virage, il disparut.
Le trajet jusqu'à l'aéroport fut une brume de pensées confuses. Elle alluma la radio, mais l'éteignit après quelques minutes, incapable de supporter la musique joyeuse. À la place, elle laissa le silence remplir la voiture, seulement interrompu par le crissement des pneus sur la neige et le son de sa propre respiration. Quand elle arriva au parking de l'aéroport, il était presque l'heure de l'enregistrement. Elle prit sa valise et le petit-déjeuner oublié sur le siège passager, mais en verrouillant la voiture, quelque chose attira son attention : un morceau de papier coincé sous l'essuie-glace.
Le cœur battant, elle le tira. C'était une feuille arrachée du même carnet où elle avait écrit son numéro. En grosses lettres irrégulières, Lucas avait écrit :
**« Ce n'était pas un adieu. C'était un 'à bientôt'. »**
Et en dessous, en plus petites lettres :
**« Appelle-moi quand tu arrives. Ou avant. Ou jamais. Mais sache que je t'attendrai. »**
Clara serra le papier contre sa poitrine, sentant les larmes chaudes couler sur son visage. Ce n'était pas la fin. Ce n'était même pas un adieu. C'était une promesse—une promesse de feu, de montagnes, de nuits interdites encore à venir.
Et, pour la première fois depuis longtemps, elle crut aux promesses.