Entre Feuilles de Calcul et Soupirs : L'Heure Supplémentaire que Personne n'a Enregistrée

Par Tonkix
Entre Feuilles de Calcul et Soupirs : L'Heure Supplémentaire que Personne n'a Enregistrée
**Le Dernier à Partir Éteint la Lumière** L'horloge murale du bureau indiquait 20h47 lorsque Clara leva enfin les yeux de son écran d'ordinateur. La lueur bleutée éclairait son visage fatigué, mais ses doigts continuaient de danser sur le clavier avec une précision mécanique. Le rapport trimestriel ne s'écrirait pas tout seul, et la deadline, comme toujours, était pour hier. — Tu es encore là ? La voix douce de Rafael la fit sursauter sur sa chaise. Il se tenait à l'entrée de son box, tenant deux tasses de café fumant. L'odeur forte se mêlait à l'air conditionné glacé, créant une atmosphère presque surréaliste dans le bureau vide. — Toi aussi, répondit-elle, essayant d'ignorer la façon dont son cœur s'emballait en le voyant. Rafael avait toujours eu cet effet sur elle, depuis le premier jour où il était entré dans l'entreprise, deux ans plus tôt. Grand, avec ces yeux verts qui semblaient voir à travers les gens, et un sourire qui rendait même les tableaux Excel intéressants. — J'ai apporté des renforts, dit-il en lui tendant une des tasses. On doit finir ça aujourd'hui, et je n'arrive pas à réfléchir sans assez de caféine. Clara accepta la tasse, ses doigts effleurant légèrement les siens. Un frisson parcourut son bras, mais elle fit semblant de ne pas le remarquer. *Professionnalisme avant tout*, se rappela-t-elle. — Merci. Je crois qu'on va en avoir besoin. Rafael s'assit sur la chaise à côté de la sienne, si près que Clara pouvait sentir la chaleur de son corps. Le bureau, autrefois silencieux, semblait maintenant vibrer d'une énergie nouvelle, quelque chose qui dépassait la fatigue et la pression du travail. **Le Premier Contact** Les heures passèrent. Le rapport prenait forme, ligne par ligne, cellule par cellule. Entre des gorgées de café froid et des soupirs exaspérés, Clara et Rafael travaillaient en synchronie, comme s'ils avaient fait cela toute leur vie. La tension, cependant, ne venait pas seulement de la deadline serrée. — Laisse-moi voir, dit Rafael en se penchant par-dessus son épaule pour pointer quelque chose à l'écran. Son souffle chaud effleura l'oreille de Clara, et elle retint sa respiration. Ce chiffre ne correspond pas à ce qu'on a dans le système. — Tu es sûr ? demanda Clara en tournant le visage vers lui, sans réfléchir. Pendant une seconde, leurs nez se frôlèrent presque. Les yeux de Rafael descendirent vers ses lèvres, et l'air entre eux sembla s'épaissir. — Oui, murmura-t-il, mais il ne s'éloigna pas. Clara déglutit avec difficulté. *C'est de la folie. C'est mon collègue. Mon collègue.* Mais son corps ne semblait pas entendre les protestations de son esprit. Quand Rafael s'éloigna enfin, ce fut comme si une partie d'elle voulait le retenir. — On va corriger ça, dit-elle, essayant de paraître ferme, mais sa voix était plus rauque qu'elle ne l'aurait voulu. Rafael hocha la tête, mais ses yeux restèrent sur elle une seconde de trop. Puis il retourna à son écran, les doigts tapant avec une intensité renouvelée. **La Glace est Brisée** À 23h15, l'estomac de Clara gargouilla assez fort pour résonner dans le bureau. Rafael rit, un son bas et délicieusement rauque. — Je crois que quelqu'un a faim, commenta-t-il en s'adossant à sa chaise. — Je n'ai pas eu le temps de dîner, avoua Clara, embarrassée. Et maintenant, je le paie. — Moi non plus. Et si on commandait quelque chose ? demanda Rafael en prenant son téléphone. Pizza ? Sushi ? Ce que tu préfères. — Pizza, répondit-elle sans hésiter. Avec beaucoup de fromage. — Parfait. Il sourit et passa la commande via l'application. Vingt minutes. Le silence qui suivit n'était pas inconfortable, mais chargé de quelque chose de non-dit. Clara observait Rafael tandis qu'il manipulait son téléphone, ses doigts longs et agiles. Il avait toujours été ainsi, calme, maître de lui. Mais maintenant, avec le bureau vide et la nuit avancée, il y avait une vulnérabilité en lui qu'elle n'avait jamais vue auparavant. — Tu crois que quelqu'un a déjà... tu sais... ici ? demanda-t-elle soudain, incapable de se retenir. Rafael leva les yeux, surpris. Puis un lent sourire s'étala sur son visage. — Au bureau ? Il regarda autour de lui, comme s'il considérait la possibilité. Je ne sais pas. Mais je crois que la salle de réunion du troisième étage a une serrure bien solide. Clara rit, sentant son visage s'empourprer. *Il me drague. Il me drague vraiment.* — C'est bon à savoir, murmura-t-elle en retournant à son écran, mais sans vraiment rien voir. **La Pizza et le Premier Baiser** La pizza arriva en un temps record. Rafael paya le livreur et revint au box avec deux boîtes fumantes. L'odeur de fromage fondu et de sauce tomate emplit l'air, mais Clara pouvait à peine penser à la nourriture. — On mange dans la salle de réunion, suggéra Rafael en soulevant les boîtes. C'est plus confortable. Clara acquiesça et le suivit dans le couloir désert. La salle de réunion était spacieuse, avec une longue table en bois et des chaises en cuir. Rafael posa les boîtes sur la table et tira deux chaises l'une près de l'autre. — Comme ça, c'est mieux, dit-il en s'asseyant à côté d'elle. Ils mangèrent en silence pendant quelques minutes, mais la tension entre eux était palpable. Clara sentait le genou de Rafael frôler le sien de temps en temps, et chaque contact envoyait une vague de chaleur dans son corps. — Tu es silencieuse, remarqua Rafael en la regardant. À quoi tu penses ? Clara hésita. *Dis quelque chose de sûr. N'importe quoi.* — À quel point c'est bizarre, avoua-t-elle. On travaille ensemble depuis deux ans, et on n'a jamais parlé comme ça. — Peut-être parce qu'on n'a jamais été seuls jusqu'à maintenant, murmura-t-il en se rapprochant un peu plus. Ou peut-être parce qu'il y a toujours eu quelque chose entre nous qu'on ne voulait pas admettre. Clara retint son souffle. *Il ressent ça aussi. Il ressent ça.* — Et c'est quoi, ce quelque chose ? demanda-t-elle, sa voix presque un murmure. Rafael ne répondit pas avec des mots. Au lieu de cela, il se pencha et effleura ses lèvres des siennes, doux comme une question. Clara ferma les yeux, sentant le monde autour d'elle disparaître. Quand il approfondit le baiser, elle répondit sans hésiter, ses doigts s'enroulant dans sa chemise. Le baiser fut lent, exploratoire, comme s'ils mémorisaient tous deux le goût de l'autre. Quand ils s'éloignèrent, Clara était haletante, le cœur battant si fort qu'elle était sûre que Rafael pouvait l'entendre. — Ça répond à ta question ? murmura-t-il, ses lèvres encore proches des siennes. — Je crois que oui, chuchota-t-elle en l'attirant pour un autre baiser. **Entre des Draps de Papier et des Caresses Interdites** Ce qui avait commencé par un baiser se transforma rapidement en quelque chose de plus. Rafael l'attira sur ses genoux, et Clara ne résista pas, s'installant sur lui avec un gémissement étouffé. Ses mains glissèrent le long de son dos, la rapprochant encore, tandis que ses lèvres exploraient son cou. — On ne devrait pas faire ça, murmura Clara, mais il n'y avait aucune conviction dans sa voix. — Probablement pas, acquiesça Rafael en mordillant le lobe de son oreille. Mais je n'arrive pas à m'arrêter. Clara non plus ne voulait pas s'arrêter. La sensation de ses mains sous son chemisier, chaudes et fermes, était trop forte pour résister. Elle arqua le dos, se pressant contre lui, sentant la preuve de son désir à travers son pantalon. — Pas ici, chuchota-t-elle, même si ses mains glissaient déjà sous sa jupe. Quelqu'un pourrait entrer. Rafael gémit, mais hocha la tête. Tu as raison. Il l'aida à se lever, mais ne la lâcha pas. Au lieu de cela, il l'entraîna hors de la salle de réunion et dans le couloir, jusqu'à une porte discrète au bout du corridor. — Qu'est-ce que c'est ? demanda Clara, confuse. — La salle des archives, répondit Rafael en ouvrant la porte. Personne ne vient ici après les heures de bureau. La pièce était petite, remplie d'étagères de dossiers et de boîtes. Dans un coin, il y avait un petit canapé défraîchi, probablement utilisé par les stagiaires pendant la journée. Rafael la poussa doucement contre le mur à côté du canapé, ses lèvres retrouvant les siennes. — Tu es sûre ? demanda-t-il, les yeux sombres de désir. — Absolument, répondit Clara en l'attirant plus près. **Le Point Culminant de la Nuit** Les vêtements tombèrent un à un, laissés en un sillage sur le sol de la salle des archives. Clara n'avait jamais rien fait de tel — si impulsif, si interdit — mais elle ne pouvait pas regretter. Chaque caresse de Rafael était une étincelle, allumant quelque chose en elle qui ne pouvait être ignoré. Quand il l'allongea sur le canapé, elle l'attira sur elle, sentant le poids de son corps, la force de ses muscles sous ses mains. Rafael embrassa son cou, ses seins, son ventre, chaque contact laissant une traînée de feu. Quand il la pénétra enfin, Clara arqua le dos, un gémissement s'échappant de ses lèvres. — C'est..., commença-t-elle, mais les mots se perdirent dans un autre gémissement quand Rafael commença à bouger. — Je sais, murmura-t-il, ses lèvres effleurant les siennes. Moi aussi. Le rythme fut lent au début, comme s'ils savouraient chaque seconde. Mais bientôt, la passion prit le dessus, et les mouvements devinrent plus urgents, plus désespérés. Clara enfonça ses ongles dans le dos de Rafael, sentant le plaisir monter en elle comme une vague. — Rafael..., murmura-t-elle, son nom sonnant comme une prière. — Jouis pour moi, murmura-t-il en accélérant le rythme. Je veux te sentir. Et Clara le fit. L'orgasme la frappa comme un éclair, faisant trembler son corps tandis que des vagues de plaisir la parcouraient. Rafael la suivit peu après, enfouissant son visage dans son cou tandis qu'il trouvait sa propre libération. Pendant quelques minutes, aucun d'eux ne parla. Ils restèrent simplement là, haletants, leurs corps entrelacés, écoutant le son de leurs respirations dans le silence du bureau. **Le Réveil** Quand Clara ouvrit enfin les yeux, la première chose qu'elle vit fut le plafond blanc de la salle des archives. Puis le visage de Rafael, qui l'observait avec une expression qu'elle ne parvint pas à déchiffrer. — Salut, murmura-t-elle, se sentant étrangement vulnérable. — Salut, répondit-il en écartant une mèche de cheveux de son visage. Comment tu te sens ? — Bien, sourit-elle. Très bien, en fait. Rafael lui rendit son sourire, mais il y avait quelque chose dans ses yeux qui la fit hésiter. — Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle. — Rien, répondit-il en l'embrassant doucement. Je me disais juste que c'était... inattendu. — Inattendu en bien ou inattendu en mal ? plaisanta Clara, mais son cœur battait la chamade. — Définitivement en bien, assura Rafael. Mais il faut qu'on parle de ce que ça signifie. Pour nous. Pour le travail. Clara hocha la tête. Elle savait qu'il avait raison. Ce qui s'était passé entre eux n'était pas quelque chose qu'on pouvait ignorer, mais ce n'était pas non plus quelque chose qu'on pouvait régler là, cette nuit. — Viens chez moi, suggéra-t-elle. Là, on pourra parler sans se presser. Rafael hésita une seconde, puis hocha la tête. — D'accord. Mais d'abord, rhabillons-nous avant que quelqu'un nous trouve comme ça. Clara rit, sentant une légèreté dans sa poitrine qu'elle n'avait pas ressentie depuis longtemps. Tandis qu'ils s'habillaient, échangeant des regards et des sourires complices, elle sut que cette nuit avait tout changé. Et, pour la première fois depuis longtemps, elle avait hâte de découvrir ce qui allait suivre.

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