Flammes de la Montagne : Une Nuit Inoubliable

Par Tonkix
Flammes de la Montagne : Une Nuit Inoubliable
**Flammes de la Montagne : Une Nuit Inoubliable** Le vent hurlait entre les fentes des arbres comme un animal blessé, arrachant les feuilles des branches et les projetant contre les fenêtres du *Refuge de la Montagne* en rafales furieuses. Lara ajusta son écharpe de laine autour du cou, les doigts tremblants non seulement à cause du froid mordant, mais aussi de l’attente qui la brûlait de l’intérieur. La valise en cuir, lourde de carnets de notes et de livres à la couverture usée, traînait derrière elle sur le trottoir de pierres irrégulières, chaque pas résonnant au rythme accéléré de son cœur. L’auberge se dressait devant elle comme un refuge de conte de fées—murs en pierre apparente, fenêtres en verre fumé reflétant la danse des flammes des cheminées intérieures, et une enseigne en bois vieilli se balançant au gré de la tempête : *« Entrez. Ici, le monde attend dehors. »* Elle poussa la lourde porte d’un coup d’épaule, et la chaleur l’enveloppa comme une étreinte inattendue. L’odeur de bois brûlé, de cannelle et de quelque chose d’autre—peut-être du cèdre ou le parfum ancien des livres—envahit ses narines, apaisant un instant l’inquiétude qui l’accompagnait depuis son départ de São Paulo. La salle principale était une invitation au réconfort : des canapés en velours vert mousse disposés en demi-cercle autour d’une cheminée crépitante, des fauteuils en cuir usés par le temps, et une table basse sculptée de motifs floraux. Dans un coin, un piano à queue semblait endormi sous une couverture de poussière, comme s’il attendait le toucher de mains habiles. — Bonsoir — une voix féminine, douce et mélodieuse, retentit derrière le comptoir en bois sombre. La femme, aux cheveux gris attachés en un chignon lâche et aux yeux marron brillant de la sagesse des années, sourit en voyant Lara secouer la pluie de son manteau. — Vous arrivez juste à temps. La tempête est violente aujourd’hui. — On dirait bien — répondit Lara, essayant de dissimuler le tremblement dans sa voix. — J’ai réservé une chambre… Lara Mendes. La femme consulta un registre aux pages jaunies, les doigts parcourant les lignes avec familiarité. — Ah, oui ! Chambre 7, au deuxième étage. Elle offre une belle vue sur les montagnes, quand le temps se dégage. — Elle lui tendit une vieille clé en fer, avec un porte-clés en bois sculpté en forme de feuille. — Le dîner sera servi dans une demi-heure, si vous voulez descendre. Ou je peux vous faire monter quelque chose, si vous préférez vous reposer. Lara hésita. L’idée de s’enfermer entre quatre murs, seule avec ses pensées et l’écran blanc de son ordinateur, était tentante. Mais quelque chose—peut-être la chaleur, peut-être la promesse d’une nuit différente—fit bouger ses pieds en direction de l’escalier en bois qui grinçait sous ses pas. — Je descendrai — décida-t-elle enfin. — Merci. En montant, chaque marche semblait murmurer des secrets anciens. Le couloir du deuxième étage était étroit, éclairé par des appliques en fer forgé qui projetaient des ombres dansantes sur les murs. La chambre 7 se trouvait au fond, et en ouvrant la porte, Lara fut accueillie par un décor qui semblait tout droit sorti de ses propres fantasmes : un lit à baldaquin avec des rideaux en lin blanc, un bureau en bois massif placé devant une large fenêtre, et un tapis moelleux qui s’enfonçait sous ses pieds. Sur la table, un vase de fleurs sauvages et une bouteille de vin rouge, accompagnée d’un mot : *« Pour réchauffer les nuits froides. — L’équipe. »* Elle posa sa valise au pied du lit et s’approcha de la fenêtre. Dehors, la tempête continuait sa danse violente, les éclairs déchirant le ciel en lignes argentées qui illuminaient les cimes des arbres comme si elles étaient faites de cristal. Lara pressa son front contre la vitre froide, fermant les yeux un instant. Elle avait besoin d’une histoire. Elle avait besoin de *vie*—quelque chose qui ne soit pas seulement des mots vides sur une page. Et puis, comme si le destin avait entendu son appel, un son la fit se retourner. Un rire bas, masculin, résonna depuis l’étage inférieur. Ce n’était pas assez fort pour être vulgaire, mais il portait une confiance qui fit se contracter l’estomac de Lara. Curieuse, elle s’approcha de la porte entrouverte et jeta un coup d’œil dans le couloir. Dans le salon principal, un homme était assis dans l’un des fauteuils en cuir, les pieds nus posés sur le rebord de la cheminée. Ses cheveux sombres, légèrement ondulés, retombaient sur son front en mèches rebelles, et la lumière orangée des flammes soulignait les angles marqués de son visage—mâchoire forte, nez droit, des lèvres faites pour sourire. Il tenait un verre de whisky d’une main, tandis que l’autre feuilletait un livre à couverture rigide, les doigts longs et élégants tournant les pages avec une lenteur délibérée. Daniel. Elle ne connaissait pas son nom, mais d’une certaine manière, elle *savait*. Elle savait qu’il n’était pas un simple client—il y avait quelque chose en lui, une aura de contrôle et de passion contenue qui l’attirait comme un aimant. Il leva soudain les yeux, comme s’il avait senti le poids de son regard, et leurs yeux se rencontrèrent à travers le couloir. Lara retint son souffle. Ses yeux à lui étaient verts—pas un vert quelconque, mais la couleur profonde des forêts après la pluie, avec des reflets dorés qui semblaient danser à la lumière du feu. Pendant une seconde, le monde sembla s’arrêter. Puis, il sourit. Pas un sourire poli, de ceux qu’on offre aux inconnus, mais quelque chose de plus intime, comme s’il la connaissait déjà. — Vous aimez observer les gens, écrivaine ? — Sa voix était rauque, légèrement traînante, comme si chaque mot était une caresse. Lara sentit son visage s’embraser. Elle recula d’un pas, mais pas avant de répondre, sans réfléchir : — Seulement quand ils sont intéressants. Son sourire s’élargit, et il leva son verre en un toast silencieux. En bas, la femme de la réception annonça que le dîner était servi. Et Lara sut, avec une certitude qui lui donna la chair de poule, que cette nuit ne serait pas comme les autres. L’escalier en bois grinçait sous les pas de Lara, chaque marche une note dissonante dans la symphonie de la tempête qui frappait les fenêtres de l’auberge. Le vent hurlait entre les fentes des murs de pierre, comme s’il tentait d’arracher le refuge au monde extérieur, tandis que l’odeur de bois brûlé et d’épices flottait dans l’air, dense et invitante. Elle descendit lentement, les doigts glissant sur la rampe polie par le temps, sentant la chaleur de la cheminée avant même de la voir—une présence vivante, palpitante, qui semblait l’appeler. Le salon principal était une étreinte de réconfort. Les murs, recouverts de planches sombres, reflétaient l’éclat orangé des flammes, créant des ombres dansantes qui s’étiraient et se contractaient comme des amants dans un jeu de séduction. Au centre, une longue table de dîner, recouverte d’une nappe en lin blanc, présentait des assiettes en porcelaine fine et des couverts en argent qui scintillaient à la lumière des bougies. Mais c’est lui qui retint son attention. Daniel se tenait debout près de la cheminée, une main appuyée sur le manteau de pierre, l’autre tenant un verre de vin rouge qu’il faisait tourner avec une lenteur délibérée. Sa chemise en lin, ouverte au col, révélait la base de son cou, où une veine battait doucement, comme si elle faisait écho au rythme du feu. Lara observa la manière dont les flammes dessinaient les contours de son corps—épaules larges, taille étroite, jambes longues qui se perdaient dans un pantalon en serge sombre. Il ne la vit pas arriver, absorbé dans ses propres pensées, et elle en profita pour l’étudier sans hâte. — J’espère que ça ne vous dérange pas — dit-il soudain, sans se retourner. — J’ai volé un verre avant que vous ne descendiez. Lara sourit, surprise. — Comment saviez-vous que c’était moi ? — À la façon dont vos pas résonnent. Légers, mais pas timides. — Il se retourna enfin, et ses yeux verts la parcoururent de haut en bas, s’attardant sur les détails : le chemisier en soie noire qui moulait ses seins, la jupe longue qui ondulait au rythme de ses hanches, les lèvres entrouvertes, comme si elle était sur le point de dire quelque chose, mais avait oublié les mots. — De plus, l’auberge est vide. Il n’y a que nous deux et la tempête. — Et la propriétaire de la réception — corrigea-t-elle en s’approchant. — Elle ne compte pas. — Il lui tendit le verre, les doigts effleurant les siens une seconde de plus que nécessaire. — Du vin ? Lara accepta, sentant le poids du cristal dans sa paume. Le liquide était sombre comme un rubis, presque noir sous la lumière vacillante, et lorsqu’elle le porta à ses lèvres, la saveur explosa dans sa bouche—fruits mûrs, épices, une touche de fumée qui rappelait le feu de la cheminée. Elle ferma les yeux un instant, savourant, et lorsqu’elle les rouvrit, il l’observait avec une intensité qui lui coupa le souffle. — Bon ? — demanda-t-il, la voix basse. — Parfait. Daniel sourit, ce même sourire intime de tout à l’heure, et indiqua le canapé en cuir usé devant la cheminée. — Asseyez-vous. La nuit est longue. Elle obéit, s’enfonçant dans les coussins moelleux, tandis qu’il s’installait à ses côtés—pas trop près, mais assez pour que la chaleur de son corps l’enveloppe. Le feu crépitait, lançant des étincelles qui montaient dans la cheminée comme des étoiles filantes, et pendant un moment, aucun des deux ne parla. Lara sentait le poids du silence, mais il n’était pas inconfortable. C’était comme s’ils attendaient quelque chose, un signe, une réplique, et que le monde entier était contenu dans cet espace entre eux. — Vous êtes écrivaine — dit-il enfin, brisant le charme. Ce n’était pas une question. — Comment le savez-vous ? — À la façon dont vous regardez les choses. Comme si vous mémorisiez chaque détail. — Il inclina la tête, l’étudiant. — Ou peut-être est-ce juste la façon dont vous me regardez *moi*. Lara rit, un son léger et musical, et prit une autre gorgée de vin. — Et vous ? Que faites-vous quand vous ne vous cachez pas dans des auberges pendant les tempêtes ? — Architecture. — Il fit tourner le verre entre ses doigts, les yeux fixés sur le liquide qui tourbillonnait. — Je conçois des maisons. Des endroits où les gens peuvent se sentir en sécurité. Protégés. — Comme cette auberge ? — Exactement comme cette auberge. — Il leva les yeux, et l’intensité de son regard la fit frissonner. — Pierre, bois, feu. Des choses qui durent. Elle sentit le poids de ces mots, comme s’il parlait de quelque chose de bien plus profond que des murs et des toits. — Et que fait un architecte quand il ne conçoit pas de refuges ? — Je voyage. — Il haussa les épaules, mais il y avait quelque chose dans son ton qui suggérait que la réponse était incomplète. — Je cherche des endroits qui m’inspirent. Des endroits où le temps semble s’arrêter. — Et cette auberge y est parvenue ? — Je ne sais pas encore. — Ses lèvres se courbèrent en un sourire lent. — Je commence à penser que ça dépend de qui est ici avec moi. Lara sentit la chaleur monter dans son cou, se répandant sur ses joues. Elle détourna les yeux, feignant de s’intéresser aux flammes, mais elle savait qu’il ne se laisserait pas tromper. Le vin faisait son effet, relâchant ses défenses, la rendant plus consciente de chaque détail—l’odeur de son eau de Cologne, un mélange de cèdre et de quelque chose de plus sombre, masculin ; la manière dont ses doigts tambourinaient légèrement sur le bras du canapé, comme s’il contenait l’envie de la toucher. — Vous êtes nerveuse — observa-t-il, à voix basse. — Non. — Si. — Il se rapprocha un peu plus, et maintenant elle pouvait sentir la chaleur de son corps, la promesse de son poids. — Je peux voir votre pouls s’accélérer ici. — Le bout de son doigt effleura la base de son cou, traçant une ligne invisible jusqu’à sa clavicule. Lara retint son souffle. — Et ici. — Son doigt glissa plus bas, s’arrêtant juste au-dessus du creux entre ses seins, où le tissu du chemisier les couvrait à peine. Elle aurait dû reculer. Elle aurait dû s’éloigner, rire, faire semblant que ce n’était qu’un geste anodin. Mais elle ne fit rien de tout cela. Au lieu de cela, elle se pencha légèrement en avant, comme attirée par une force invisible, et ses lèvres s’entrouvrirent dans un soupir silencieux. Daniel sourit, satisfait, et retira sa main. — Mieux ? — Non — admit-elle, la voix rauque. Il rit, un son grave et délicieux, et tendit la main pour remplir à nouveau son verre. — Alors voyons si plus de vin aide. Le dîner fut servi peu après—la propriétaire de l’auberge apporta des plats fumants de viande rôtie aux herbes, de pommes de terre gratinées et de légumes grillés, accompagnés de plus de vin, celui-ci plus corsé, avec des notes de chocolat et de tabac. Ils mangèrent lentement, échangeant des histoires entre les bouchées, comme s’ils étaient engagés dans un jeu de séduction où chaque mot, chaque regard, était une pièce déplacée avec soin. — Avez-vous déjà écrit quelque chose qui se passe dans un endroit comme celui-ci ? — demanda Daniel en coupant un morceau de viande. — Non. — Lara porta un morceau de pomme de terre à sa bouche, savourant la crème fondante. — Mais peut-être que je vais le faire maintenant. — À propos de quoi ? — D’une écrivaine qui arrive dans une auberge pendant une tempête et rencontre un inconnu qui lui fait oublier tout ce qu’elle a écrit auparavant. Il haussa les sourcils, intrigué. — Et que lui arrive-t-il ? — Je ne sais pas encore. — Elle sourit, malicieuse. — L’histoire ne fait que commencer. Daniel soutint son regard, et pendant un instant, Lara eut l’impression qu’il pourrait se lever, contourner la table et l’embrasser là, devant la cheminée, avec le feu illuminant leurs visages. Mais il ne le fit pas. Au lieu de cela, il se renversa dans sa chaise, les doigts jouant avec le pied de son verre, et dit : — Peut-être devrions-nous jouer à quelque chose. — Comme quoi ? — Aux cartes. — Il se leva et alla jusqu’à une vieille étagère, où il trouva un jeu de cartes usé. — Un jeu simple. Rien de trop risqué. — Et que proposez-vous ? — Le vingt-et-un. — Il revint à la table, étalant les cartes entre eux. — Celui qui perd raconte une histoire. Une histoire vraie. Lara sourit, acceptant le défi. — Et si je ne veux pas raconter ? — Alors vous perdez à nouveau. — Il distribua les cartes, les yeux brillants d’une promesse qui allait bien au-delà du jeu. — Et à chaque fois que vous perdez, l’histoire doit être plus… intime. Elle prit ses cartes, sentant le poids du moment. La première carte était un valet de cœur. La seconde, un sept de pique. — Dix-neuf — dit-elle, essayant de garder une voix ferme. Daniel retourna ses cartes : un roi et une dame de carreau. — Vingt. — Il sourit, triomphant. — Je commence. Lara croisa les bras, feignant l’irritation, mais en réalité, elle était curieuse. Il réfléchit un instant, les doigts tambourinant sur la table, avant de commencer : — Quand j’avais vingt ans, j’ai travaillé sur un chantier en Italie. Une nuit, après une journée épuisante, j’ai décidé de me baigner nu dans la mer. L’eau était froide, mais j’étais ivre et heureux. Puis, une femme est apparue sur la plage. Elle m’a vu, a ri, et… eh bien, je ne suis pas retourné au dortoir cette nuit-là. Lara rit, imaginant la scène. — Et c’est intime, ça ? — C’est le début. — Il mélangea à nouveau les cartes. — À vous. Elle perdit encore. Et encore. Et à chaque tour, les histoires devenaient plus personnelles—un baiser volé à l’adolescence, la première fois qu’elle avait ressenti du désir pour quelqu’un, la peur de ne pas être à la hauteur. Daniel écoutait avec attention, posant des questions qui lui coupaient le souffle, comme s’il voulait découvrir chaque couche d’elle. — Dernier tour — annonça-t-il en distribuant les cartes. — Si je perds, je raconte quelque chose que je n’ai jamais dit à personne. Lara prit ses cartes : un as et un dix. — Vingt-et-un. Daniel retourna les siennes : un deux et un trois. — Cinq. — Il sourit, vaincu. — Très bien, écrivaine. Que voulez-vous savoir ? Elle hésita, sentant le poids de la question. Le feu crépitait, le vin lui tournait la tête, et soudain, elle sut exactement ce qu’elle voulait. — À quoi pensez-vous maintenant ? Il soutint son regard, et pendant un instant, Lara fut certaine qu’il allait dire quelque chose sur le jeu, sur la tempête, sur n’importe quoi sauf la vérité. Mais ensuite, il se pencha en avant, les coudes appuyés sur la table, et dit, à voix basse : — Je pense à ce que ce serait de vous embrasser. À quel point vos lèvres doivent être douces. À la façon dont vous soupireriez si je glissais ma main le long de votre cuisse, sous cette jupe. Lara sentit l’air lui échapper des poumons. Le salon sembla tourner, le feu, le vin, la tempête—tout se fondant en un seul point de désir qui pulsait entre eux. — Qu’est-ce qui vous en empêche ? — murmura-t-elle. Daniel sourit, lent et dangereux, et repoussa sa chaise. — Rien. Il se leva, contourna la table et lui tendit la main. Lara la prit, sentant la chaleur de sa peau, la force de ses doigts entrelacés aux siens. Il l’attira près de lui, mais ne l’embrassa pas. Au lieu de cela, il se pencha jusqu’à ce que ses lèvres effleurent son oreille, et murmura : — Mais pas ici. Pas encore. Et puis, avec un sourire complice, il la conduisit hors du salon, laissant derrière eux la table dressée, le vin à moitié bu et le feu qui brûlait, affamé, dans l’attente de ce qui allait suivre. La bibliothèque de l’auberge était un sanctuaire d’ombres et de secrets, éclairée seulement par la lueur ambrée d’une demi-douzaine de bougies éparpillées sur la table en acajou. L’odeur de cire fondue se mêlait à celle du cuir vieilli et du papier ancien, créant une atmosphère dense, presque palpable—comme si l’air lui-même était chargé de promesses non dites. Lara suivit Daniel dans les couloirs étroits, les doigts toujours entrelacés aux siens, sentant la chaleur de sa paume contre la sienne, rugueuse par endroits, douce à d’autres, comme si chaque callosité racontait une histoire de projets inachevés et de nuits sans sommeil. Il la guida jusqu’à une table ronde dans le coin le plus reculé, où un jeu de cartes était déjà disposé à côté de deux verres en cristal et d’une bouteille de vin rouge à moitié vide. Les flammes des bougies dansaient dans les reflets rubis du liquide, projetant des ombres allongées sur les livres alignés sur les étagères, leurs titres dorés brillant comme des invitations interdites. — Vous jouez ? — demanda Daniel en tirant une chaise pour elle. Sa voix était basse, presque un ronronnement, comme s’il connaissait déjà la réponse. Lara s’assit, lissant sa jupe sur ses cuisses, consciente de la façon dont ses yeux suivaient le mouvement. — Ça dépend. Vous proposez des paris équitables ? Il rit, un son grave et rauque, tout en prenant le jeu de cartes et en commençant à les mélanger avec dextérité, ses longs doigts agiles glissant entre elles. — Équitables ? Je ne suis pas sûr de pouvoir être équitable quand je vous regarde. — Il distribua les cartes avec une lenteur calculée, comme si chaque mouvement faisait partie d’un jeu plus grand. — Disons que les règles sont simples : à chaque main perdue, une question répondue avec sincérité. Ou… — il fit une pause, ses yeux sombres fixés sur les siens — …un baiser. Le cœur de Lara battit plus vite. Elle croisa les jambes, sentant le tissu de sa jupe effleurer sa peau sensible. — Et si je gagne ? — Alors vous choisissez. — Il distribua les cartes avec une lenteur calculée, comme si chaque mouvement faisait partie d’un jeu plus grand. — Question ou baiser. Elle prit ses cartes, essayant de se concentrer sur les valeurs, mais sa proximité rendait tout plus difficile. Le parfum de Daniel—un mélange de savon boisé et de quelque chose de plus primitif, comme de la sueur propre et du désir—envahissait ses sens. Lorsqu’il se pencha pour remplir les verres, la manche de sa chemise effleura son bras, et Lara dut mordre sa lèvre pour retenir un frisson. — À vous — dit-il en se rasseyant, les yeux mi-clos l’observant avec une intensité qui la faisait se sentir nue. Elle joua un valet de carreau. — Ce n’est pas très original. — L’originalité est surestimée. — Il posa un roi de pique, la carte atterrissant entre eux comme un défi. — Surtout quand ce qui compte, c’est ce qui vient après. Lara haussa un sourcil. — Et qu’est-ce qui vient après, Daniel ? Il sourit, lent et dangereux, et prit à nouveau la bouteille de vin. — Ça dépend de la façon dont vous jouez. — Il lui servit un peu plus, le liquide sombre coulant comme du miel épais. — Ou de la façon dont vous jouez mal. Elle but une gorgée, laissant le vin lui brûler la gorge avant de répondre. — Vous aimez prendre des risques. — Seulement quand ça en vaut la peine. — Il baissa les yeux vers les cartes, mais Lara n’avait pas besoin de voir son visage pour savoir qu’il souriait. — Et vous, Lara ? Est-ce que ça en vaut la peine, le risque ? Elle ne répondit pas tout de suite. Au lieu de cela, elle étudia les cartes dans ses mains, sentant le poids de la question entre eux. Le feu crépitait dans la cheminée au fond, projetant des reflets dorés sur la table, et pendant un instant, tout sembla suspendu—le temps, l’air, même la tempête dehors, comme si le monde s’était réduit à cette pièce, à cette table, à ce jeu. — Voyons voir — murmura-t-elle en posant une dame de cœur. Daniel prit la carte, ses doigts effleurant les siens une seconde de plus que nécessaire. — Belle joue. — Il la posa sur la table, face visible. — Votre question ou mon baiser ? Lara fit semblant de réfléchir, mais en vérité, elle savait déjà. — Question. Il se pencha en avant, les coudes appuyés sur la table, le menton reposant sur ses doigts entrelacés. — Qu’est-ce que vous désirez le plus en ce moment ? La question la prit par surprise. Pas par son audace—elle s’attendait à quelque chose de ce genre—, mais par sa simplicité. Ce n’était pas une question sur les fantasmes ou les positions, mais sur ce qui pulsait en elle, cru et réel. Lara hésita, sentant la chaleur monter dans son cou. — Je… — commença-t-elle, mais les mots moururent sur ses lèvres. Daniel ne la pressa pas. Il attendit simplement, les yeux sombres fixés sur les siens, comme s’il pouvait lire la réponse dans son souffle accéléré. — Vous toucher — admit-elle enfin. — Savoir comment votre peau réagit à mon contact. Si vous gémissez quand je mords votre lèvre inférieure. Si vos muscles se contractent quand je passe mes ongles dans votre dos. Le silence qui suivit fut chargé. Daniel ne bougea pas, mais quelque chose dans son regard changea—une étincelle, une reconnaissance. Puis, sans un mot, il tendit la main et prit son verre de vin, en but une longue gorgée avant de le reposer sur la table avec un clic doux. — À vous — dit-il, la voix rauque. Lara sourit, sentant le pouvoir de l’aveu vibrer encore entre eux. — Vous bluffez. — Peut-être. — Il joua un as de pique. — Ou peut-être que je veux juste voir jusqu’où vous irez. Elle posa un sept de carreau, les doigts tremblant légèrement. — Jusqu’au bout. Daniel ne répondit pas. Au lieu de cela, il prit les cartes et les mélangea à nouveau, les mouvements précis, hypnotiques. — Un autre tour ? — Toujours. Cette fois, le jeu fut plus rapide, plus urgent. Les cartes volaient entre eux comme si elles avaient une volonté propre, et chaque coup était accompagné de regards qui brûlaient plus que le feu dans la cheminée. Lara perdit la première main et choisit un baiser. Daniel ne l’embrassa pas sur la bouche. Au lieu de cela, il lui prit le menton d’une main et effleura ses lèvres contre la courbe de son cou, juste sous l’oreille, là où la peau était la plus sensible. Elle laissa échapper un soupir involontaire, les ongles s’enfonçant dans sa paume. — Vous aimez ça — murmura-t-il contre sa peau, son souffle chaud la faisant frissonner. — Oui. — Bonne réponse. Il s’écarta, mais pas avant d’avoir passé rapidement sa langue au même endroit, comme s’il voulait la goûter. Lara sentit tout son corps réagir, une chaleur liquide se répandant entre ses cuisses. — À moi — dit-il en jouant un deux de pique. — Question ou baiser ? Elle n’hésita pas. — Baiser. Cette fois, il ne la fit pas attendre. Il se pencha par-dessus la table, une main tenant sa nuque, et prit sa bouche avec une urgence qui lui coupa le souffle. Le baiser fut profond, humide, les dents s’effleurant, les langues s’enroulant dans un rythme qui imitait quelque chose de bien plus intime. Lara agrippa sa chemise, le tirant plus près, comme si elle pouvait fusionner leurs corps là, sur cette table. Quand il s’écarta, tous deux étaient haletants. — Ça — dit-il, la voix rauque — ce n’est que le début. Lara lécha ses lèvres, sentant son goût—vin, désir, promesses. — Alors voyons ce qui vient après. Daniel sourit, mais avant qu’il ne puisse répondre, un coup de tonnerre fit trembler les fenêtres, faisant vaciller les bougies. La lumière oscilla, les plongeant dans une obscurité momentanée avant de se stabiliser à nouveau. Le vent hurlait dehors, comme si la tempête essayait d’entrer. — Je crois que la nature s’impatiente — murmura Lara, les yeux fixés sur les siens. Daniel se leva et lui tendit la main. — Alors donnons-lui ce qu’elle veut. Et sans un mot de plus, il l’entraîna hors de la bibliothèque, laissant derrière eux les cartes éparpillées, le vin à moitié bu et les bougies qui brûlaient, solitaires, comme des témoins silencieux de ce qui allait suivre. La main de Daniel enveloppa la sienne avec une chaleur ferme, les doigts entrelacés comme s’ils connaissaient déjà le chemin. Lara sentit la chaleur monter le long de son bras, un courant électrique qui se répandit dans tout son corps, la laissant étourdie. Le couloir de l’auberge n’était éclairé que par de petites appliques murales, leurs flammes dansant au rythme du vent qui hurlait dehors. Les planches du parquet grinçaient sous leurs pas pressés, comme si le bois ancien lui-même était impatient de ce qui allait suivre. — Vous connaissez bien cet endroit ? — demanda Lara, la voix basse, presque avalée par le bruit de la tempête. Daniel la regarda par-dessus son épaule, un sourire lent incurvant ses lèvres. — Mieux que je ne le pensais. La bibliothèque se trouvait au bout du couloir, une porte massive en chêne aux détails sculptés qui semblaient raconter des histoires d’autres clients, d’autres rencontres. Lorsqu’il l’ouvrit, l’odeur des livres anciens et du bois verni les enveloppa, mêlée à l’arôme subtil de lavande provenant d’un bouquet caché parmi les étagères. Lara entra la première, les yeux parcourant les hautes étagères, les volumes reliés en cuir, les fauteuils en velours usés par le temps. Une cheminée crépitait dans un coin, projetant des ombres mouvantes sur les murs, comme si les livres eux-mêmes étaient vivants, murmurant des secrets. — Parfait — murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui. Daniel ferma la porte derrière eux, le clic de la serrure résonnant comme une invitation. Lara s’approcha de la cheminée, tendant les mains vers le feu, sentant la chaleur lécher sa peau. Derrière elle, elle entendit le tintement du verre, et lorsqu’elle se retourna, Daniel servait deux verres de vin d’une bouteille posée sur une table latérale. Il lui en tendit un, les doigts effleurant les siens quand Lara le prit. — Pour se réchauffer — dit-il, la voix rauque. Elle porta le verre à ses lèvres, le liquide rubis glissant dans sa gorge, doux et brûlant. Daniel ne détourna pas les yeux des siens en buvant, et Lara sentit le poids de ce regard comme une caresse physique, comme s’il l’explorait déjà, découvrant chaque courbe, chaque secret. Le vin descendit, laissant une traînée de feu dans sa poitrine, et elle sut que ce n’était pas seulement la boisson qui la rendait ainsi, tremblante et impatiente. — Vous tremblez — observa-t-il en s’approchant. — Ce n’est pas de froid. Daniel sourit, un sourire lent et dangereux. — Alors de quoi ? Lara ne répondit pas. Au lieu de cela, elle posa son verre sur la table et réduisit la distance entre eux, les doigts glissant sur son torse, sentant le rythme accéléré de son cœur sous la chemise. Il ne bougea pas, se contentant de l’observer, les yeux sombres brillant à la lumière des flammes. — Vous parlez trop — murmura-t-elle en le tirant par le col de sa chemise. Le premier baiser fut comme un éclair, soudain et dévastateur. Lara sentit le goût du vin sur sa langue, mêlé à la saveur unique de Daniel—quelque chose de chaud, de masculin, d’enivrant. Il l’attira contre lui, une main sur sa taille, l’autre emmêlée dans ses cheveux, inclinant sa tête pour approfondir le baiser. Lara gémit contre sa bouche, les doigts agrippant ses épaules, les ongles s’enfonçant dans le tissu de sa chemise. Daniel la poussa doucement contre l’étagère la plus proche, son corps pressant le sien, et Lara sentit chaque centimètre de lui—dur, chaud, exigeant. Ses mains glissèrent le long de son dos, descendant jusqu’à la courbe de ses hanches, la tirant encore plus contre lui. Elle s’arqua, sentant la preuve de son désir, et un frisson parcourut sa colonne vertébrale. — Vous n’avez aucune idée de ce que vous me faites — murmura-t-il contre ses lèvres, la voix rauque de désir. — Alors montrez-moi. Les mots furent une invitation, un ordre, et Daniel n’hésita pas. Ses mains remontèrent le long de son flanc, les pouces effleurant le dessous de ses seins avant de se refermer sur eux, les serrant avec une pression délicieuse. Lara gémit, la tête basculant en arrière contre l’étagère, les livres derrière elle oscillant légèrement sous le mouvement. Daniel en profita pour tracer un chemin de baisers le long de son cou, mordillant la peau sensible, laissant des marques qu’elle savait encore visibles au matin. — Daniel… — murmura-t-elle, son nom une supplique. Il ne répondit pas avec des mots. Au lieu de cela, ses mains descendirent jusqu’à l’ourlet de sa robe, la remontant, les doigts effleurant la peau nue de ses cuisses. Lara frissonna, sentant l’air froid de la bibliothèque contraster avec la chaleur de son corps. Daniel la souleva soudain, ses jambes s’enroulant autour de sa taille, et la porta jusqu’à l’un des fauteuils en velours, s’asseyant avec elle sur ses genoux. — Comme ça, c’est mieux — murmura-t-il, ses lèvres retrouvant les siennes. Lara se pressa contre lui, sentant son érection entre ses cuisses, la friction envoyant des vagues de plaisir dans tout son corps. Les mains de Daniel explorèrent chaque centimètre d’elle, tirant sa robe vers le bas jusqu’à ce que ses seins soient libérés, les tétons durcis par l’air et son toucher. Il les prit dans sa bouche, l’un après l’autre, sa langue les encerclant, ses dents les mordillant légèrement, et Lara s’arqua, les ongles s’enfonçant dans ses épaules. — Putain, Lara… — gémit-il, la voix étouffée contre sa peau. Elle ne répondit pas. Elle ne pouvait pas. Au lieu de cela, ses mains descendirent jusqu’à sa ceinture, les doigts tremblants la débouclant, tirant la fermeture éclair vers le bas. Daniel l’aida, se soulevant juste assez pour se débarrasser de son pantalon et de son caleçon, puis la tira à nouveau sur ses genoux, sa peau nue contre la sienne, chaude et palpitante. Lara gémit quand elle sentit son gland effleurer son entrée, humide et prête. Elle se pressa contre lui, essayant de l’accueillir, mais Daniel retint ses hanches, l’empêchant. — Pas encore — murmura-t-il, les yeux sombres fixés sur les siens. — Pourquoi ? — demanda-t-elle, la voix haletante. — Parce que je veux que vous vous souveniez de chaque seconde de cette nuit. Avant qu’elle ne puisse répondre, il la fit basculer soudain, l’allongeant sur le fauteuil, le velours doux contre son dos. Lara le regarda, les yeux écarquillés, mais Daniel se contenta de sourire, s’agenouillant entre ses jambes. Il écarta sa culotte, ses doigts glissant dans son humidité, et Lara mordit sa lèvre pour retenir un gémissement. — Tellement mouillée… — murmura-t-il, les yeux fixés sur les siens tandis qu’un doigt s’insérait en elle, lentement, délibérément. Lara s’arqua, les mains agrippant les bras du fauteuil, le plaisir presque insupportable. Daniel ajouta un autre doigt, les bougeant dans un rythme torturant, tandis que sa bouche descendait, sa langue trouvant son clitoris, le léchant, le suçant, la menant au bord du précipice. — Daniel, s’il te plaît… — supplia-t-elle, la voix brisée. Il ne s’arrêta pas. Au contraire, il accéléra le rythme, ses doigts et sa langue travaillant en parfaite harmonie, jusqu’à ce que Lara sente l’orgasme approcher, une vague immense et dévastatrice. Elle cria quand il la submergea, son corps tremblant, ses jambes serrant ses épaules tandis que le plaisir la consumait. Daniel se releva, les lèvres brillantes de son humidité, les yeux sombres de désir. Il se pencha sur elle, sa main guidant son sexe vers son entrée, et Lara gémit quand elle sentit son gland effleurer son clitoris encore sensible. — Maintenant — murmura-t-elle, les yeux fixés sur les siens. — Maintenant, Daniel. Il n’eut pas besoin de plus d’encouragement. D’un mouvement lent, il s’enfonça en elle, centimètre par centimètre, la remplissant d’une manière qui la fit s’arquer, les ongles s’enfonçant dans ses bras. Daniel gémit, la tête basculant en arrière, les muscles de son cou tendus. — Putain, Lara… — murmura-t-il en commençant à bouger. Chaque coup de reins était profond, délibéré, et Lara sentit le plaisir se construire à nouveau, plus intense, plus urgent. Elle enroula ses jambes autour de sa taille, le tirant plus près, plus profond, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace entre eux, seulement de la chaleur, de la sueur et du désir. Daniel l’embrassa, sa langue envahissant sa bouche, et Lara sentit le goût d’elle-même sur lui, une saveur salée et douce qui l’excita encore plus. Les mains de Daniel explorèrent son corps, serrant ses seins, pinçant ses tétons, tandis que ses coups de reins devenaient plus rapides, plus sauvages. — Je vais jouir — gémit-il contre ses lèvres. — Moi aussi — murmura-t-elle, sentant l’orgasme approcher à nouveau, une vague immense qui menaçait de l’engloutir. Et puis ce fut l’explosion. Lara cria, son corps tremblant tandis que le plaisir la consumait, et Daniel la suivit, s’enfonçant profondément en elle une dernière fois, les muscles tendus, son nom s’échappant de ses lèvres en un gémissement rauque. Pendant un instant, il n’y eut plus que le son de leurs respirations haletantes, le crépitement de la cheminée et le hurlement du vent dehors. Lara sentit le poids de son corps sur le sien, les battements accélérés de leurs cœurs, et elle sut que cette nuit était loin d’être terminée. Daniel s’appuya sur ses coudes, la regardant avec un sourire satisfait, mais les yeux encore pleins de désir. — Ça — murmura-t-il en effleurant ses lèvres des siennes — ce n’était que le début. Lara sourit, ses mains glissant le long de son dos, sentant les muscles tendus sous sa peau. — Alors voyons ce que cette nuit nous réserve encore. Et avant qu’il ne puisse répondre, elle le poussa, inversant leurs positions, prête à explorer chaque centimètre de lui, à découvrir tous les plaisirs qui les attendaient encore. Daniel rit doucement, un son rauque qui vibra contre la peau de Lara lorsqu’elle se positionna au-dessus de lui, les genoux s’enfonçant dans le matelas moelleux. La lumière de la cheminée dansait sur ses courbes, peignant des ombres dorées sur ses seins, sa taille, ses cuisses qui l’enveloppaient maintenant. Il leva les mains, mais elle lui attrapa les poignets, les maintenant au-dessus de sa tête avec un sourire espiègle. — Pas encore — murmura-t-elle en se penchant jusqu’à ce que ses lèvres frôlent presque les siennes. — C’est mon tour. Vous avez eu le vôtre. Le souffle chaud de Lara fit fermer les yeux de Daniel un instant, son corps réagissant avant même qu’elle ne le touche. Quand elle le lâcha enfin, il ne résista pas. Il la laissa explorer, tracer du bout des doigts les contours de ses épaules, de ses bras, de son torse où son cœur battait fort. Elle s’attarda sur ses tétons, les effleurant avec ses ongles jusqu’à ce qu’il arque le dos, un gémissement s’échappant entre ses dents. — Vous aimez ça ? — demanda-t-elle, la voix basse, presque un murmure. — Vous savez bien que oui — répondit-il, la voix rauque. Lara sourit, satisfaite, et descendit plus bas, ses lèvres remplaçant ses doigts. Sa langue était chaude, humide, traçant des cercles lents tandis que ses mains glissaient sur son ventre, jusqu’à trouver ce qui était déjà dur, palpitant. Daniel exhala un soupir quand elle l’enveloppa, ses doigts se refermant autour de la base, serrant légèrement avant de commencer un mouvement lent et torturant. — Lara… — gémit-il, les hanches se soulevant involontairement. — Chut — murmura-t-elle en soufflant de l’air chaud sur sa peau sensible. — Laissez-moi m’occuper de vous. Et puis elle le prit dans sa bouche. La chaleur humide l’enveloppa, sa langue travaillant avec des mouvements expérimentés, tandis que ses mains ne cessaient de caresser. Daniel enroula ses doigts dans les draps, son corps entier tendu, luttant pour ne pas perdre le contrôle trop tôt. Mais Lara n’était pas pressée. Elle le savourait, léchant, suçant, provoquant, jusqu’à ce qu’il soit de nouveau dur, prêt pour plus. Et quand enfin elle le prit dans sa bouche, Daniel ne put retenir un gémissement profond, ses mains s’emmêlant dans ses cheveux. — Assez — grogna-t-il en la tirant vers le haut d’un mouvement brusque. — Si tu continues comme ça, je ne vais pas tenir. Lara rit, un son doux et provocant, tandis qu’elle s’installait à nouveau sur lui. Mais cette fois, il n’y avait plus de jeux. Elle se baissa, le guidant en elle avec une lenteur délibérée, les yeux fixés sur les siens tandis qu’elle s’empalait centimètre par centimètre. — Putain — gémit Daniel, les mains agrippant ses hanches avec force. — Tu es incroyable. Lara commença à bouger, lentement d’abord, ses hanches ondulant en cercles paresseux qui leur arrachaient des soupirs à tous deux. Mais bientôt, le rythme s’accéléra, leurs corps s’entrechoquant dans un tempo frénétique. Le son de leur peau qui se rencontrait, de leurs gémissements mêlés, emplissait la pièce, étouffant même le hurlement du vent dehors. Daniel s’assit, l’enveloppant de ses bras, et Lara enroula ses jambes autour de sa taille, leurs corps collés, sans espace pour autre chose que le plaisir. Il mordilla son épaule, puis son cou, tandis que ses mains exploraient chaque courbe, chaque point sensible. — Plus fort — demanda-t-elle, la voix entrecoupée. Daniel obéit, inversant leurs positions en un mouvement rapide, la plaquant sous son corps. Il la pénétra avec force, ses hanches cognant contre les siennes dans un rythme implacable, tandis que Lara arquait le dos, les ongles s’enfonçant dans son dos. — Comme ça — gémit-elle, les yeux mi-clos. — N’arrête pas. Il n’arrêta pas. Il accéléra encore, leurs corps en sueur, leurs gémissements devenant plus forts, plus urgents. Lara sentit l’orgasme approcher, une vague chaude grandissant en elle, et Daniel était proche aussi, les muscles tendus, la respiration haletante. — Jouis avec moi — murmura-t-il, la voix rauque. Et Lara obéit. Le plaisir la frappa comme une explosion, son corps tremblant, les muscles internes se contractant autour de lui. Daniel la suivit, s’enfonçant profondément une dernière fois, leurs gémissements se mêlant tandis que le climax les consumait. Pendant un long moment, il n’y eut plus que le son de leurs respirations haletantes, le crépitement de la cheminée, le vent hurlant dehors. Lara sentit le poids du corps de Daniel sur le sien, les battements accélérés de leurs cœurs, la peau humide de sueur. Daniel s’appuya sur ses coudes, la regardant avec un sourire satisfait, mais les yeux encore pleins de désir. — Ça — murmura-t-il en effleurant ses lèvres des siennes — ce n’était que le début. Lara sourit, ses mains glissant le long de son dos, sentant les muscles tendus sous sa peau. — Alors voyons ce que cette nuit nous réserve encore. Et avant qu’il ne puisse répondre, elle le poussa, inversant à nouveau leurs positions. Daniel rit, surpris, mais ne résista pas quand Lara s’agenouilla entre ses jambes, les doigts traçant des cercles paresseux à l’intérieur de ses cuisses. — Tu ne te lasses jamais, hein ? — demanda-t-il, la voix encore rauque. — De toi ? — répondit-elle en se penchant pour embrasser la peau sensible juste sous son nombril. — Jamais. Daniel ferma les yeux, son corps réagissant instantanément à son contact. Lara ne se pressa pas. Elle le provoqua, l’embrassant, le léchant, le mordillant, jusqu’à ce qu’il soit de nouveau dur, prêt pour plus. Et quand enfin elle le prit dans sa bouche, Daniel ne put retenir un gémissement profond, ses mains s’emmêlant dans ses cheveux. La nuit était loin d’être terminée. La première lueur du matin filtrait à travers les rideaux de lin écru, tissant des fils dorés sur les draps froissés. Lara se réveilla avec le poids chaud d’un bras masculin autour de sa taille, la respiration de Daniel encore lente et profonde contre sa nuque. L’air sentait le sexe et le bois brûlé, mêlé à l’arôme frais du café qui montait de la cuisine de l’auberge. Elle resta immobile un instant, savourant le calme, la peau encore picotante aux endroits où ses mains l’avaient explorée des heures plus tôt. À côté d’elle, Daniel remua, ses lèvres effleurant son épaule en un baiser ensommeillé. — Bonjour — murmura-t-il, la voix rauque de sommeil et de tout ce qu’ils avaient fait. Lara se retourna lentement, rencontrant ses yeux—sombres, mais déjà alertes, comme s’il revivait lui aussi chaque moment de la nuit. Elle sourit, passant les doigts sur le contour de sa mâchoire, sentant la barbe naissante gratter légèrement sa peau. — Bonjour — répondit-elle, la voix basse, presque un murmure. — La tempête est passée. Daniel se redressa sur un coude, l’observant avec une intensité qui lui rappela la première fois où ils s’étaient regardés devant la cheminée. Le feu n’était plus que cendres, mais la chaleur entre eux persistait, comme des braises sous la surface. — Et nous aussi — dit-il, sa main glissant le long de sa hanche, l’attirant plus près. — Nous avons survécu. Lara rit, son corps réagissant à son contact même après tant d’heures. Mais il y avait quelque chose de différent dans la lumière du matin, quelque chose qui les rendait plus conscients, plus présents. Elle s’écarta avec un soupir, s’asseyant dans le lit et tirant le drap pour couvrir ses seins. — J’ai besoin d’une douche — annonça-t-elle, bien que ce qu’elle voulait vraiment, c’était rester là, blottie contre lui, répétant chaque caresse jusqu’à ce que le monde extérieur les force à revenir à la réalité. Daniel ne protesta pas. Il se contenta de l’observer tandis qu’elle se levait, le drap tombant à ses pieds, révélant les marques qu’il avait laissées—de petits hématomes sur ses cuisses, une morsure sur l’épaule, la peau rougie là où sa barbe l’avait éraflée. Il sourit, satisfait, et s’étira dans le lit comme un félin paresseux. — Je vais commander du café sur la terrasse — dit-il en se levant à son tour, nu et sans pudeur. — À moins que tu ne veuilles de la compagnie sous la douche. Lara lui lança un regard par-dessus son épaule, évaluant l’offre. L’eau chaude sur sa peau sensible serait une torture délicieuse, mais elle savait que s’il entrait avec elle, ils n’en sortiraient pas de sitôt. — Une autre fois — promit-elle en clignant de l’œil. — Aujourd’hui, je veux voir le soleil. Daniel hocha la tête, attrapant un pantalon de survêtement par terre et l’enfilant sans se presser. Avant qu’elle ne disparaisse dans la salle de bain, il l’attira pour un baiser rapide, ses lèvres encore chaudes de sommeil. — Ne tarde pas — murmura-t-il contre sa bouche. La salle de bain de l’auberge était petite mais chaleureuse, avec des carreaux anciens et une baignoire profonde que Lara imagina parfaite pour les nuits d’hiver. Elle ouvrit le robinet et laissa l’eau lui brûler la peau, lavant la sueur, son odeur, les traces de la nuit. Mais peu importe combien elle frottait, le souvenir de ses doigts entrelacés aux siens, de ses gémissements étouffés contre l’oreiller, du poids de son corps sur le sien—tout cela persistait, gravé non seulement sur sa peau, mais quelque part plus profond. Enveloppée dans un peignoir moelleux, Lara sécha ses cheveux avec une serviette et les attacha en un chignon désordonné. Dans le miroir, ses yeux brillaient d’une manière qu’elle n’avait pas vue depuis des mois. Peut-être des années. C’était comme si la nuit précédente avait enlevé des couches de fatigue, de routine, ne laissant que l’essence—vivante, palpitante. Quand elle revint dans la chambre, elle trouva Daniel déjà habillé, avec une chemise en lin ouverte sur la poitrine et une tasse de café fumant à la main. Il avait fait le lit, plié les vêtements éparpillés par terre et ouvert les rideaux, laissant la lumière du matin inonder l’espace. — Ton café — dit-il en lui tendant la tasse. — Noir, sans sucre. Comme tu l’aimes. Lara l’accepta, surprise. Elle ne se souvenait pas avoir mentionné comment elle prenait son café. — Tu as fait attention — commenta-t-elle en portant la tasse à ses lèvres. — À tout — répondit-il simplement. Le silence qui suivit n’était pas gênant, mais chargé de sens. Ils se regardèrent, et Lara sut qu’il pensait lui aussi à la nuit précédente—non seulement à leurs corps entrelacés, mais aux conversations, aux regards, à la manière dont ils s’étaient découverts sans précipitation, comme s’ils avaient tout le temps du monde. — Allons sur la terrasse — suggéra Daniel, brisant l’enchantement avant qu’il ne devienne trop lourd. La terrasse de l’auberge donnait sur une vallée couverte d’une légère brume, où les premiers rayons du soleil peignaient les montagnes de doré et de rose. L’air était frais, mais pas froid, et l’odeur de terre humide se mêlait à l’arôme du café et du pain fraîchement cuit que la propriétaire de l’auberge avait laissé dans un panier. Lara s’assit dans un fauteuil en osier, ramenant ses genoux contre sa poitrine, tandis que Daniel s’appuyait contre la balustrade, observant le paysage. — C’est beau ici — dit-elle après une longue gorgée de café. — Oui — acquiesça-t-il, mais ses yeux étaient posés sur elle, pas sur la vue. Lara fit semblant de ne pas le remarquer, mais un sourire lui échappa. Elle prit un morceau de pain, étalant lentement du beurre dessus, comme si chaque mouvement était une provocation. — Tu pars aujourd’hui ? — demanda-t-elle, d’un ton désinvolte. Daniel hésita. Puis il secoua la tête. — Ma réservation est jusqu’à demain. Mais je peux partir plus tôt, si tu veux. — Je ne veux pas — répondit-elle trop vite. Il rit, doucement. — Parfait. Parce que moi non plus. Ils restèrent silencieux à nouveau, mais cette fois, c’était un silence complice, plein de possibilités. Lara termina son café et se leva, s’approchant de lui. Daniel ne bougea pas quand elle s’arrêta à quelques centimètres de lui, ses doigts effleurant le tissu de sa chemise. — Qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ? — demanda-t-elle, la voix douce. — Ça dépend — murmura-t-il, ses mains trouvant sa taille. — Qu’est-ce que tu proposes ? Lara sourit, se penchant pour l’embrasser. Ce fut un baiser lent, paresseux, comme s’ils avaient tout le temps du monde. Quand elle s’écarta, ses lèvres frôlaient encore les siennes. — Une randonnée jusqu’à la cascade — suggéra-t-elle. — Ensuite, déjeuner en ville. Et ce soir… — elle laissa la phrase en suspens, les yeux brillants. Daniel lui prit le visage, son pouce traçant le contour de sa bouche. — Ce soir — compléta-t-il —, nous verrons. Le petit-déjeuner fut tranquille, mais chargé d’une tension douce. Ils parlèrent de choses banales—le temps, l’architecture de l’auberge, les livres que Lara avait vus dans la bibliothèque. Mais entre chaque mot, chaque rire, il y avait la conscience de ce qui s’était passé et de ce qui pourrait encore arriver. Quand ils eurent terminé, Daniel se leva et lui tendit la main. — On y va ? Lara la prit, entrelaçant ses doigts aux siens. Ils descendirent ensemble les escaliers de l’auberge, leurs pas légers, comme s’ils flottaient. Dehors, le soleil avait dissipé la brume, et le monde semblait neuf, brillant, plein de promesses. — Tu crois que ça va durer ? — demanda soudain Lara en marchant sur le sentier menant à la cascade. Daniel s’arrêta, se tournant vers elle. Ses yeux étaient sérieux, mais il y avait un sourire sur ses lèvres. — Je ne sais pas — admit-il. — Mais ça n’a pas d’importance pour l’instant. — Non ? Il secoua la tête. — Ce qui compte, c’est que pour l’instant, nous ne sommes que nous deux. Et c’est suffisant. Lara sourit, l’attirant plus près. — C’est suffisant — acquiesça-t-elle. Et puis, sans un mot de plus, ils s’embrassèrent à nouveau, là, sous le soleil du matin, sachant que, peu importe ce que l’avenir leur réservait, cette nuit—cette connexion—ne serait jamais oubliée.

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